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Retour sur la Timeline Index, quand les professionnels du Web participent au savoir

Dimanche 21 mars 2010

La semaine dernière j’ai fait appel à votre collaboration pour en savoir plus sur un site qui m’intriguait, la Timeline Index. Cependant, il était bien difficile de collecter des informations sur ce site, la rubrique « about » étant très peu développée et aucun article ne pouvant être retrouvé sur ce sujet. Je souhaite donc partager avec vous les quelques informations que j’ai pu avoir par l’auteur du site et me pencher un peu plus sur ces sites développés en dehors des institutions et qui deviennent parfois des outils indispensables.

Voici donc quelques informations supplémentaires concernant la Timeline Index. Elle est le fruit d’un webdesigner hollandais, Jan Battem ayant plus de 25 ans d’expérience et de nombreux sites à son actif. On peut d’ailleurs en savoir un peu plus sur lui dans sa propre Timeline Index, où il s’est répertorié. Par ce site, il souhaite comme il le dit de manière plutôt poétique « saisir l’histoire et le temps ». Le projet est toujours en cours et se porte à présent sur le WEb 2.0 et la collaboration du monde académique. La nouvelle version de la timeline se veut plus clair, et met en valeur la transversalité des connaissances, point qui m’avait échappé sur l’ancienne version, les liens transversaux étant dans cette dernière relégués en fin de page après les publicités de Google. Ce site est donc un site à suivre et je ne manquerais pas d’examiner en détail la version web 2.0.

Cette éclairage sur la Timeline, rappelle un autre site devenu depuis une référence pour les étudiants en Histoire de l’art, Artcylcopédia. Créé aussi par un professionnel du web canadien, membre de la première communauté internet Well, le site Artcyclopedia est la source la plus complète en histoire de l’art sur le Web. Je ne résiste pas d’ailleurs à vous faire partager les dernières nouveautés de ce site, que vous connaissez peut-être déjà, j’avoue que je ne viens plus aussi souvent sur ce site qui a hanté mes premières années d’Histoire de l’art. On peut donc à présent, voir le nombre d’artistes listés sur le site, le nombre de sites d’art et le nombre de liens. Un symbole notifie les travaux importants concernant les artistes. De plus un système d’onglet vient éclairer la recherche pour les artistes les plus présents sur Internet. On sait donc par exemple sans faire défiler la page que pour Monet sont répertoriés, 171 musées, 25 archives d’images, 3 sites concernant l’artiste, 12 sites mêlant d’autres artistes, 14 articles, 22 livres, les galerie d’art ont pour leur part une page dédiée pour chaque artiste.

Une autre nouveauté, la rubrique « Chef-d’œuvre » et la fonction développée par Artcyclopedia « ActualSizer » qui apparait quand on clic sur certaine oeuvre et permet de voir l’oeuvre en taille réelle. On peut aussi accéder directement à cette fonction depuis la page d’accueil. Cette rubrique compte 300 oeuvres d’art, cependant la qualité des oeuvres exposée dépend non pas d’Artcyclopédia mais des musées ou du site sur lequel est exposé l’oeuvre, les oeuvres en très haute définition provenant dans la plupart des cas de Wikimedia Commons.

Voici par exemple un détail d’un tableau de Caspar David Friedrich comme on peut le voir sur Actualsizer, je n’ai pas résisté à vous ajouter en vignette le tableau en entier et je vous invite à aller examiner de plus près cet outil.
Caspar david friedrich
Comme promis la semaine prochaine, nous reviendrons sur ArtBabble et le trésor qui se cache derrière ce site. En attendant je vous invite à plonger dans ces deux sites dont le riche contenu ne peut être analysé en un seul article.
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Au-delà de la communication : Le concept de musée créateur

Dimanche 15 novembre 2009

Comme annoncé dans l’article précédent, je souhaite aborder aujourd’hui le concept du musée créateur, dont le musée de Brooklyn est un des plus parfaits exemples. Avant d’entrer dans le cœur du sujet, il convient de définir quelle signification j’entends donner à ce terme. Les musées, institutions culturelles, créateurs sont à mon sens ceux qui vont au delà de la communication dans les médias sociaux. Ils ont atteint un second palier qui consiste à s’approprier Internet et les médias sociaux, ils se caractérisent par une réelle compréhension des médias et de leur fonctionnement.

Les preuves de cette évolution se manifestent à l’intérieur même des réseaux. Il en résulte un changement de destination comme j’avais pu déjà vous le dire dans le post concernant la Novela et comme le prouvaient les statistiques Nielsen, les médias sociaux devenant une des sources premières dans la recherche de contenu.

Dans l’article précédent, un des facteurs de la compréhension du réseau et de son fonctionnement par le musée de Brooklyn se traduisait par la création de l’application ArtShare. L’intérêt de Facebook est en effet dans les applications, le bouche à oreille dont elles bénéficient formant l’essence même de ce réseau. Sans toutefois aller jusqu’à la création, certains musées ont déchiffré les clés du réseau Facebook et utilisent des applications existantes pour diffuser leurs oeuvres. C’est le cas de l’application intitulée Gift qui permet aux membres de s’envoyer des cadeaux virtuels sous forme d’images. Le musée de l’université de Glasgow, le musée Hunterian utilise cette application pour diffuser ses œuvres.

gifhunterian

Le musées de science de Boston reprend pour son compte le concept de Gift pour permettre de s’envoyer les animaux emblématiques du musée, comme le papillon ou le tyrannosaure. La création ou l’utilisation d’applications par le musée, lui donne l’occasion de créer une page qui informe le membre du nombre de personnes qui utilisent l’application, des nouveautés concernant celle-ci. Elle offre un moyen supplémentaire d’engager la discussion avec le visiteur.

giftboston

L’utilisation d’application existante sur Facebook donne-t-elle pour autant à un musée le statut de créateur et témoigne-t-elle de sa compréhension  des réseaux? Pour répondre à cette question il faut se pencher sur le site du musée, ses autres présences sur le réseau et sa manière de s’y présenter.

Concernant le musée Huntérian de Glasgow, sa participation sur Facebook est annoncée sur la première page de son site, ainsi que la réalisation d’une application sur Iphone. Les actualités du musée bénéficient pour leurs parts d’un Flux RSS. Sur Facebook, en dehors des informations sur le musée, est mis en valeur son entrée dans d’autres médias, comme Twitter, ou Flickr et You tube. Bien que ce musée marque sa présence dans les médias sociaux, celle-ci reste trop récente pour le qualifier de musée créateur, étant sur Facebook depuis Mars 2009, sur Twitter,Youtube et Flickr depuis Avril.

Pour savoir si un musée accède à ce nouveau stade de compréhension des réseaux, il importe comme vous pouvez vous en douter d’analyser en profondeur ce musée et son discours sur les médias. Se sera le principal objectif de la rubrique Focus initiée avec l’analyse du musée de Brooklyn.

Si la création d’application sur Facebook est un marqueur de l’évolution du musée vers un nouveau palier, celle-ci se manifeste aussi dans d’autres médias sociaux. Twitter est utilisé dans la diffusion de l’information, de manière instantanée et ininterrompue.

Etre créateur sur Twitter, c’est élaborer un contenu relié au site du musée et faciliter sa recherche. Ceci est rendu possible par l’ajout d’un symbole le # à un sujet particulier. Ainsi, l’accès au sujet se fait directement dans la partie recherche et toutes les informations publiées par le musée et d’autres membres apparaissent dans le média. Tant que l’institution fait vivre le sujet celui-ci peut être recherché sur Twitter. En effet, il n’y a pas d’archives sur Twitter, son essence étant d’apporter les informations en temps réel. Assimiler le fonctionnement de Twitter, se traduit par la création de sujets pour un temps donné, à l’exemple du musée d’Art Moderne (MoMA) de New York.

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En octobre, le musée souhaite savoir quelles expositions ses fans vont voir cet automne. Il lance le sujet dans les statuts du musée sur Facebook, il le reprend ensuite sur Twitter en créant pour cette occasion le sujet #fallart. Pendant tout le mois d’octobre sur Twitter, les fans répondent au musée et diffusent le sujet. Le sujet est repris, sous forme de Retweet par d’autres musées qui répondent à leur tour au MoMA en mettant leur propre exposition en valeur, comme le fait le musée de Boca Raton en Floride.

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Au delà de la facilité de recherche, par ce symbole se créé un réseau d’intérêt commun. Il donne ainsi la possibilité aux institutions de la culture de tisser une toile de la culture dans le réseau.

Un dernier exemple de ce nouveau palier atteint par certain musée, la création d’un compte sur Delicious. Sur ce réseau, le musée est créateur d’information, comme sur Twitter, mais son action y est différente. Sur Twitter, les informations données concernent dans un premier temps l’institution et font un lien direct vers le site du musée, elles peuvent ensuite concerner d’autres sites. Sur Delicious, le principe est en quelque sorte inverse, il s’agit de partager les liens que l’on trouve pertinents et non pas de renvoyer sur le site de l’institution.

C’est donc une présence qui traduit une véritable connaissance du réseau, des blogs scientifiques, des sites d’informations, qui sont en relation avec l’institution. De fait, peu de musées apparaissent sur ce réseau de partage de liens. Le musée de Brooklyn y est présent et partage des liens vers des articles venant de la presse, des blogs mais aussi vers des pages dans les médias sociaux ou même des documents. Ainsi, en novembre l’exposition sur la vie du Christ est enrichie par des liens vers un site d’informations publiant une interview d’une curatrice du musée et une vidéo de l’exposition.

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Si j’ai peu parlé des musées français dans cet article sur les créateurs et dans mes précédents articles, il faut souligner la présence de deux musées toulousains sur Delicious qui nous incite à les explorer plus en détails lors de prochains Focus. Ces musées sont le muséum d’histoire naturelle et le musée d’art contemporain Les abattoirs. Leur participation sur Delicious, se démarque même de celle des musées américains puisque ils ne se contentent pas de partager leurs liens, ils ont aussi formé leur propre réseau sur ce média. Delicious, permet en effet de suivre les liens d’autres membres qui font alors partie de son propre réseau.

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Représentation graphique des réseaux sur del.icio.us network explorer

Le concept de créateur, se manifeste donc dans différents réseaux et s’attache à la manière dont l’institution les utilise. C’est le fonctionnement même du média qui fait l’essence de son appropriation et de sa compréhension par l’institution. Les preuves de l’accès à ce second palier d’assimilation peuvent se manifester dans un ou plusieurs médias comme c’est le cas du musée de Brooklyn. Créateur d’application sur Facebook, de sujet sur Twitter, il est aussi présent sur Del.icio.us. Cependant cette prise de possession se manifeste aussi sur le site du musée et dans ses murs par le lien qu’il créé entre l’institution et les médias sociaux. C’est le cas notamment du MoMa qui fera l’objet du prochain Focus.

Les musées créateurs sont donc, comme vous le verrez, peu nombreux et la plupart ajoutent  l’expérience à la connaissance. Comme le musée de Brooklyn ils sont dans les réseaux depuis deux à trois ans. Et leur action, leur appropriation, nous permettent d’entrevoir un changement dans la relation du musée à Internet.

En accédant à un palier supplémentaire dans la compréhension, les musées, les institutions culturelles, changent ces médias, leur donnent une plus-value. Ils n’offrent plus simplement la possibilité de  gérer son réseau de communication, de diffuser les actualités, de dialoguer avec le public mais deviennent des sources d’informations scientifiques reconnus. Créateurs, ces musées le sont de leur présence sur Internet et dans les réseaux. Ils ne sont plus guidés par leur volonté d’entrer dans les réseaux, ils façonnent les médias sociaux et l’Internet à leur image.

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