Articles avec le tag ‘musées’

Musées et nouvelles technologies, nouveaux usages, nouvelles médiations

Dimanche 6 mars 2011

Alors que le blog entame sa deuxième année, le temps pour lui est venu de changer de fréquence, non plus mensuel mais au grès des sujets pour des articles de fond. Pour les nouveautés et la veille je vous invite à me suivre sur twitter @meribs et tumblr, si ce n’est déjà fait. Pour ouvrir le bal des premiers articles de cette année 2011, place à une nouvelle rubrique : les nouvelles technologies.

Comme le laissait pressentir le musée participatif de Nina Simon dont vous avez pu lire ici un résumé, la partie se joue à présent dans le musée. Face aux avancées majeures que nous constatons chaque jour ; montée en puissance de la 3D sur nos écrans, multiplication des interfaces tactiles, interactives. De l’utilisation du corps pour interagir. Comment peut se positionner le musée ? Quelles sont les technologies qu’il va adopter ? autant de questions qui seront abordées dans cette nouvelle rubrique avec des liens sur les blogs les plus intéressant dans ce domaine.

Technologie et musée, s’il est un lieu qui nous permettait un premier regard sur ces deux thèmes, c’est bien le salon du Sime Sitem qui se tenait comme chaque année fin janvier au carroussel du Louvre. Salon des professionnels de la muséographie, il était plus que jamais cette année placé sous le signe des nouvelles technologies, chaque stand ayant d’ailleurs un code QR permettant d’en savoir plus sur les prestations de chaque professionnel.

Quelles sont donc en 2011 les technologies qui s’appliquent au musée au regard du salon ? Vous avez bien sur déjà la réponse peut être même tout près de vous ; les technologies mobiles et tactile, la 3D, la réalité augmenté…

  • La 3D, elle se présentait sous différentes formes dont certaines assez innovantes, des écrans stéréoscopiques à la présentation sur borne. L’intérêt de la 3D se réalisait pleinement dans la manipulation d’objet. Que ce soit à l’aide de bornes avec projection de l’objet sous forme d’hologramme, ou plus certainement avec l’utilisation d’une réplique de l’objet truffée de capteur permettant de voir l’artefact sur l’écran tout en manipulant la réplique.
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  • La réalité augmentée, s’exposait non pas à l’aide d’outil mobile comme nous avions pu voir l’année dernière, mais demandait cette fois l’usage d’une caméra, d’un écran est d’un carton imprimé. La caméra scannant l’image présente sur le carton et la traduisant sur écran par une représentation 3D.
  • La cathédrale en couleur

    C’est d’ailleurs une expérience que vous pouvez réaliser chez vous sur le site de la ville d’Amiens et de sa cathédrale, exactement comme vous auriez pu le faire au salon du Sime Sitem.

    La ville de bordeaux devrait elle aussi mener un projet de réalité augmentée d’envergure, dans toute la ville, permettant de voir sur une tablette mobile des gargouilles prendre vie ou des bâtiments à différentes époques. Les technologies tactiles et interactives prenaient la forme au salon de tables multitouch et de tablettes mobiles.

    Autres technologies présentent au salon et sur lesquels nous reviendront dans cette rubrique les tags et symboles s’associant aux cartels pour donner aux visiteurs des informations supplémentaires.

    Si la plupart des nouveaux usages étaient présent au salon et nous permettent de dresser une première ébauche des nouvelles technologies qui sont et pourront être utilisées dans les musées, les avancées technologiques que nous voyons dans le commerce, dans les loisirs, ne peuvent totalement s’appliquer au musée, leurs vitesses d’apparition et d’obsolescence ne pouvant s’aligner avec le temps du musée.

    Ce qui importe pour les musées n’est pas tant, la technologie mais l’usage qu’il va en faire et la médiation qui viendra l’enrichir. La plupart des exposants étaient d’ailleurs conscient de ce fait et prônait l’importance du contenu avant la technologie.

    Nous nous attacherons donc dans cette nouvelle rubrique à non seulement faire des focus sur ces technologies, mais surtout voir l’usage que les musées en font, car contenu et médiation doivent être les maitres mots du musée quand il doit aborder les nouvelles technologies. C’est d’ailleurs ce qui ressortait d’une discussion que j’ai entamé sur le réseau professionnel Linked’n pour recueillir des exemples d’utilisations innovantes de ces technologies. De très nombreux liens m’ont d’ailleurs été donnés dans cette discussions, que je vous invite à suivre. Parmi eux un lien portant sur un réseau de professionnel de la muséographie partageant leurs expériences : exhibitfiles. Ce réseaux et d’ailleurs l’œuvre d’une société qui est souvent intervenu dans les conférences Museums and the Web, qui distribue un programme open source pour les tables tactiles qui seront très certainement le sujet d’un des prochains articles de cette rubrique, et vous verrez d’ailleurs qu’en France aussi  a été créé un programme open source pour les tables tactiles, permettant une nouvelle interaction avec les objets du musée. Mais ceci est un autre article …

    Pour finir cette première approche des nouvelles technologies au musée, je vous invite à suivre la semaine prochaine le festival South by south west, si les musées n’y sont pas présents les nouvelles technologies le seront et je gage que nous assisterons à la naissance d’autres usages et d’autres technologies. Car il semble bien que chaque jour apparaisse des technologies nouvelles, des usages nouveaux, comme il fut un temps pour les réseaux sociaux, quand les bloggeurs commençaient leurs articles en disant encore un nouveau réseau ! Alors encore une nouvelle table tablette tactile ? Une nouvelle application de réalité augmentée ? En tous les cas de nouveaux articles en perspectives pour cette nouvelle rubrique et de nouveaux modes de médiation que nous ne manquerons pas de décrypter.

    Twitter et les musées plus qu’une présence une vraie relation

    Dimanche 25 avril 2010

    Après vous avoir fait part de mon expérience de conférence sur Twitter, la question de la relation des musées avec ce réseau se posait tout naturellement. Aujourd’hui, je souhaite donc revenir avec vous sur l’exploration du monde des musées sur Twitter, déjà entamée lors de mes précédents articles sur les créateurs. Comment les musées s’exposent sur ce réseau d’information ? Quel est l’accueil réservé au musée par ce réseau.

    Le réseau Twitter, s’est révélé au public au cours de cette année en damant le pion aux médias traditionnels sur certains sujets auxquels les médias n’avaient pu avoir accès pour des raisons pratiques ou politiques. Ce fut le cas, lors du tremblement de terre en Haïti, les seules liaisons restantes étant celles avec Internet et donc avec Twitter, ce fut aussi le cas avec l’Iran les premières photos étant parvenu grâce à Twitter. L’un des exemples qui a été repris dans toute la presse sur le phénomène Twitter, fut aussi donné par un évènement spectaculaire mais n’ayant occasionné aucune blessure : l’atterrissage sur la rivière Hudson. La photo fut en effet prise d’un téléphone portable aussitot twittée et reprise par la presse du monde entier. Le réseau Twitter permet en effet d’envoyé une information de manière instantanée dans les quatre coins de la planète, celle ci pouvant être écrite ou photographiée. Le principe étant d’écrire un texte qui ne fasse pas plus de 140 caractères, d’où la mention de micro blog.  De prime abord, Twitter serait donc un réseau plus en lien avec les médias qu’avec les musées ou la culture, cependant comme vous allez le voir l’implantation des musées y est réelle et il se forme à présent une vrai relation entre les musées et Twitter.

    Les musées dans un premier temps ont tardé à s’aventurer sur Twitter, si le réseau existe depuis 2006 son véritable essor pour le public et les musées date de 2009, année qui a d’ailleurs été intitulée l’année Twitter. En 2007, le musée de Brooklyn fait une première expérience sur le réseau en l’associant à un évènement en direct du musée, l’essai se révèle plus difficile que prévu comme le révèle le musée sur son blog et lors de la conférence Museums and the Web 2008. De nombreuses difficultés sont pointées alors par le musée, parmi elles la nécessité de produire un contenu qui ait du sens et un intérêt réel pour le public. Lors de l’évènement le musée fait part du programme de l’évènement, ce qu’il considère comme n’étant pas un contenu incitant le public à s’inscrire sur Twitter. Le musée conclu que pour se développer sur Twitter il doit s’impliquer d’avantage dans le contenu donné sur le réseau, en attendant, le réseau lui permet de faire un lien direct sur les mises à jour de son blog.

    La première expérience du Brooklyn est révélatrice des questions qui se posent pour un musée lors de l’entrée dans un nouveau réseau tel que Twitter. Ce réseau étant à la fois un réseau social qui compte des personnes qui vont suivre les publications et un réseau d’information proche du monde des médias, la présence du musée semble problématique. Cependant comme nous avons pu le voir déjà dans l’article sur les créateurs, les musées ont investi ce réseau, et celui ci se révèle être un médium de choix pour les musées.

    Concernant le contenu publié sur le réseau, il prend différentes formes : des informations concernant les expositions, les activités du musée, aux jeux mettant à contribution le membres du réseau. Le musée d’art moderne de San Francisco @sfmoma, pose des questions sur les collections via Twitter. Il utilise d’ailleurs la fonction sujet de Twitter qui permet de rassembler un certain nombre de twittes pour un moment donné en ajoutant le symbole #. Le 17 avril il pose la question « si vous étiez sur une île déserte et pouviez avoir seulement une oeuvre d’art laquelle prendriez vous ? » et crée le sujet #1WorkOfArt. Twitter permet aux musées de partager l’information de manière moins formelle, et plus encore que Facebook de personnaliser le musée. Dans la partie biographie qui se présente à droite du flux, il est devenu courant pour les musées de présenter la personne qui est derrière le compte. Pour le Sf Moma,c’est Ian Padgham qui invite le public à lui poser des questions mais aussi à le prévenir si il commet des erreurs.2474002d1e1c8b27469eb939167c493f

    Parmi les musées français, le Museum de toulouse utilise l’arrière plan de twitter pour présenter toute l’équipe qui oeuvre sur Twitter.

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    Si la présence des musées sur Twitter devient la norme, on observe aussi un mouvement inverse de Twitter vers les musées. Lors de son expérience sur Twitter, shelley bernstein remercie l’équipe de Twitter sur son blog qui a su l’épauler elle ajoute d’ailleurs « C’est vraiment fantastique de pouvoir parler à un fondateur ou un développeur de manière directe ». Au cours de cette année on a pu voir se multiplier des initiatives pour mettre en valeur les musées sur Twitter. Le premier février était inauguré le jour du musée sur Twitter  » Follow a museum day « , lancé par un des plus important bloggeur de musée Jim Richardson. Le sujet créé lors de l’opération #followamuseum est toujours alimenté et permet de découvrir chaque jour de nouveau musée sur Twitter. Dans cette mouvance on peut suivre aussi le sujet #museummonday qui permet de découvrir chaque lundi de nouveaux musées.

    La relation des musées avec Twitter va culminer en France le 15 mai lors de la nuit des musées. Si les exemples donnés précédemment ne mettait pas en jeu directement Twitter, un véritable partenariat s’est créé à l’initiative de la coordination de la nuit européenne des musées, dont la représentante a un blog et une société de conseil déjà reconnus pour leurs actions en faveur des musées et des médias sociaux, je veux parler bien sûr de Buzzeum. Ainsi pour de nombreux musées français cette opération est l’occasion d’entrer sur Twitter.

    Quelques mots sur cette opération pour finir cet article. La nuit Twitte est le fruit de la collaboration de quatre musées bien implantés dans les réseaux sociaux, le Museum de Toulouse, les Abattoirs, le Musée des Beaux arts de Lyon, le Château de Versailles, et de la coordination de la nuit européenne. Le but étant avant la nuit des musées de partager son programme et ses bons plans, pendant la nuit des musées de faire vivre sa nuit en direct sur Twitter. Pour plus d’informations et surtout pour suivre cette nuit je vous invite à aller sur le très bon blog de la nuit des musées, à suivre le sujet créé pour l’occasion #NDMTW et la page Nuit des musées sur Twitter.

    Par cette opération, le musée devient prescripteur et se propose de faire découvrir au public le réseau Twitter.  C’est donc une véritable relation qui se créé entre Twitter et les musées, qui permet ainsi au musée de faire un pas de plus dans la constitution et l’établissement d’un lien avec sa communauté.

    Vidéos en direct, Ustream un réseau pour les musées?

    Dimanche 21 février 2010

    Un des premiers point que je souhaitais approfondir après la conférence du Clic, concernait la vidéo et les services de streaming permettant de diffuser des évènements en direct. L’utilisation de la vidéo et des réseaux comme Youtube et de Daily motion par les musées est déjà bien acquise, les musées y créent leurs chaines et l’alimentent de toutes sortes de contenus, allant des coulisses de l’exposition aux interview d’artistes à des expositions virtuelles du musée. Parmi les réseaux de streaming j’ai souhaité analyser celui utilisé par le Smithsonian, Ustream.

    Créé en 2006, Ustream se présente comme une plateforme de chaines de télévision à caractère communautaire, au delà de la présence de chaines bien connues comme CBS, toutes personnes en devenant membre du réseau peut enregistrer sa propre émission. Sur la page d’accueil  le site propose de télécharger un outil de création pour atteindre une qualité d’enregistrement professionnel. Tout comme Youtube sur la page d’accueil sont mises en valeur les vidéos les plus vues et de nombreux artistes y figurent. Créer son show apparaît alors très facile, il suffit de brancher sa caméra de taper le nom de notre émission puis de cliquer sur enregistrer et de donner au programme l’accès à la vidéo pour se retrouver en live sur Ustream.

    L’intérêt de ce service réside dans les évolutions qu’il a su prendre en compte au long de son existence, intégrant chaque année des services nouveaux au plus près des réseaux sociaux. En 2009 au chat en direct est ajouté le social stream, un chat lié à Facebook, Twitter et Myspace. Alliant la chaine de télé au réseau social, le site propose une répartition par genre parmi ceux-ci est à noter une partie évènements donnant accès à des conférences en direct. Chaque émission a ensuite un page comme sur Youtube et donne la possibilité de partager la vidéo sur son blog ou son site. Comme vous pouvez le constater dans cette vidéo du Smitshonian, vue plus de 6500 fois.

    Après ce panorama des fonctionnalités de ce service vous vous demandez surement quels sont ses intérêts pour les musées. Le Smithsonian utilise ce réseau depuis 2008. Il justifie son entrée dans ce réseau par sa mission d’accroître la connaissance et la diffusion du savoir, ce qu’il fait en donnant accès à ses conférences. Cependant à part le Smithsonian, la recherche par mot clef d’autres musées se révèle très peu fructueuse.

    En réalité quand on compare ce service à Youtube, certains points s’avèrent quelque peu problématique pour les musées parmi eux :

    • l’absence de la recherche par chaine qui noie le musée dans un flot continue d’informations de toutes sortes,

    Après avoir suivi l’inauguration du président Obama sur la page facebook de CNN et après avoir vécu une « experience social sans précédent » ; la page permettant de suivre la vidéo tout en échangeant avec des personnes du monde entier via les statuts et les commentaires, celle-ci fait un parallèle avec le monde des musées. Selon elle tout évènement ne peut avoir un aussi grand succès et quand les musées tentent de mettre en place une plateforme de commentaire sur un direct, son impact et son contenu est souvent déterminé par le peu de participant.

    Prenant exemple sur CNN celle-ci donne plusieurs pistes pour les musées :

    • donner à l’évènement un caractère d’urgence, si il n’est pas diffusé en direct en faire un évènement en soit en alliant la diffusion à du chat en direct pour permettre au spectateur d’interagir,
    • prévenir son public et leur donner un espace pour réagir,
    • permettre aux personnes d’interagir avant tout avec leurs amis et les personnes qu’ils connaissent,
    • utiliser la plateforme la plus simple ne nécessitant pas d’enregistrement préalable ou de création de compte,
    • et enfin un conseil qui vaut en fait pour toutes forme de communication intégrer le plus de plateforme possible.

    Bien que peu de musées soient visibles sur cette plateforme l’utilisation du direct par les musées peut être un moyen de donner accès aux évènements autres que l’exposition comme les conférences, les concerts et happening. Par sa facilité d’utilisation, l’importance de ses membres due à la présence de chaines de télévision, ses liens avec les réseaux, Ustream est peut être une plateforme à redécouvrir. Qu’en pensez vous?

    Créateur et pionnier : Le musée de Brooklyn

    Dimanche 8 novembre 2009

    Dans ce post, je souhaite commencer une nouvelle rubrique du blog que vous pourrez retrouver dans la catégorie Focus. Réellement ciblée sur le Web 2.0 et les médias sociaux, je vous propose ici l’analyse détaillée d’un site de musée ou d’une institution culturelle. Vous trouverez ceux qui vont au delà de l’entrée dans les médias sociaux : les créateurs, les pionniers, qui s’approprient les médias contribuent à en changer leur destination et font évoluer le musée lui même. Le concept même de créateur fera l’objet du prochain article, mais j’ai tenu dans un premier temps à vous présenter celui qui, selon moi, en est à l’origine : le Musée de Brooklyn et débuter avec lui la série des Focus.

    Créé au dix neuvième siècle pour donner vie à un quartier, l’ancêtre du musée de Brooklyn, le Brooklyn Institute of Art and Sciences est entendu comme le point focal d’un plan culturel, éducatif et récréatif, c’est ce qu’ on peut voir sur le site du musée dans la rubrique about. L’importance du rapport à la communauté atteint son apogée en 1960 avec Duncan Cameron alors directeur du musée et pionnier de la nouvelle muséologie. Selon lui, le musée doit nouer une relation avec son public et contribuer à son éducation. Sur le site, les préceptes de l’ancien directeur s’affichent dans la mission même du musée : la primauté de l’expérience du visiteur. En tentant l’aventure des médias sociaux le musée poursuit sa volonté d’aller vers le public et de faire participer sa communauté.

    Les premiers pas du musée dans les réseaux sont présentés lors des conférences Museums and the Web. Quelques précisions s’imposent sur ces conférences : elles sont créées en 1997 à la suite des conférences internationales sur l’hypermédia et l’interactivité dans le musée (ICHIM) nées pour leurs parts en 1991 pour promouvoir le multimédia auprès des professionnels du musée. Les conférences Museums and the Web se veulent plus spécialisées sur Internet et rassemblent musées et professionnels autour de cette question. Chaque année ces conférences donnent l’occasion de connaître les musées les plus innovants et dessinent les contours du musée de demain. Pour en savoir plus voici le lien vers la prochaine conférence qui se tiendra à Denvers en 2010 http://bit.ly/MW2010

    C’est donc lors des conférences de 2007 que la première mention des médias sociaux apparaît, sous la plume de Shelley Bernstein, directrice du pôle multimédia pour le musée de Brooklyn, dans un article intitulé : «  Créer une communauté en ligne au musée de Brooklyn : une chronologie ». L’entrée du Brooklyn dans les médias sociaux est aussi relayée dans le blog du musée, renforçant l’idée de coopération et de partage inhérente au Web 2.0. La relation du musée de Brooklyn avec les outils du Web 2.0 ne se limite d’ailleurs pas aux médias sociaux mais fait aussi intervenir toutes ses autres formes : blog, flux d’informations avec les flux rss, contenu audio et vidéo portable avec les podcats et présence dans les réseaux de partage.

    Le site du Brooklyn

    Le blog du musée offre un autre point de vue sur le musée  en donnant la parole aux conservateurs, en montrant le montage des expositions. Les nouvelles expositions du musée bénéficient d’un flux rss auquel le visiteur peut s’abonner. Les podcasts donnent accès au savoir du musée, aux conférences qui s’y sont déroulées. Le musée marque aussi une forte présence dans le réseau de partage de photo Flick’r et le réseau de partage de vidéo You tube. C’est de plus, une manière pour lui de renforcer son lien avec le public puisqu’il présente sur le site du musée les photos des membres du musée sur Flick’r et non pas celles publiées par le musée lui-même. Toutes ces manifestations font partie d’une rubrique dédiée à la communauté à l’intérieur même du site Internet, intitulée community.

    L’aventure du musée avec Facebook, commence en 2006 quand cette plateforme s’ouvre au public et surtout aux développeurs d’applications. A cette occasion, sont créées les News Feeds qui informent les membres des changements portés sur la page de leur amis, ainsi si un membre ajoute une application ses amis en sont immédiatement informés. Pour les créateurs d’applications, Facebook devient un bouche à oreille planétaire, c’est précisément  l’article sur Facebook paru dans la revue Wired et soulignant le succès de l’application de partage de photo Picnik qui va éveiller la curiosité de Shelley Bernstein.

    Page du Brooklyn sur Facebook

    Pour elle et son équipe, c’est l’occasion de porter la communauté sur d’autres sphères et de diffuser les collections du musée à une échelle planétaire. Le musée va donc dans un premier temps créer un groupe, puis une page quand celles-ci voit le jour en 2007, en commentant sur son blog les étapes de cette création. Cependant le musée n’entend pas seulement être présent dans le média et communiquer avec sa communauté, il souhaite réellement participer à la vie même du média et sait qu’un de ces atouts principaux réside dans le concept d’application.

    Il va donc devenir créateur et mettre en place une application directement en lien avec l’art : Artshare. L’appropriation du média se traduit par cette application, elle n’est pas seulement dédiée au musée de Brooklyn mais à tous les musées, à tous ceux qui souhaitent diffuser de l’art sur Facebook  donc au réseau lui même. Cette application donne la possibilité aux musées de mettre en ligne les objets phares de leurs collections et de les publier sur leurs pages. Du coté des membres qui téléchargent cette application, elles leur donnent l’occasion d’exposer sur leurs profils les oeuvres des musées qu’ils préfèrent. A ce jour 37 musées participent et leurs nombres croît chaque mois.

    Artshare

    Pour le Brooklyn, entrer dans les médias sociaux c’est en faire partie intégrante et ainsi engager une réelle relation avec ses membres. Sur Twitter, est mise en valeur la personne qui administre la page, Shelley Bernstein dénommée pour l’occasion la geek en chef du musée.

    Le brooklyn sur Twitter

    Vous avez pu voir dans cette analyse le musée dans les médias sociaux or cette action a aussi un impact sur le musée réel et je conclurais ce post sur deux exemples de liens entre le virtuel et le réel.

    En juin 2008, le musée lançait sur Facebook une expérience intitulée Click a crowd curated exhibition,visant à faire du public le curateur d’une exposition. Les artistes et leurs oeuvres étaient choisis par les membres d’un forum créé pour l’occasion auquel renvoyait la page du musée sur Facebook. Les résultats furent ensuite examinés par un jury d’expert et les oeuvres furent exposées dans le musée selon le choix fait dans le forum.

    En décembre 2008 une autre étape était franchie dans le lien entre musée réel et virtuel, une nouvelle catégorie de membre de musée voyait le jour intitulée : First Fan. En rapport direct avec la présence du musée dans les médias sociaux, le membre First Fan bénéficie à la fois d’avantages dans le musée, comme la participation exclusive aux rencontres du vendredi, à des ateliers, l’ entrée prioritaire aux séances de cinéma, et dans les médias sociaux avec une page dédiée sur Twitter et l’accès aux mises à jour sur les médias de son choix.

    Si la présence dans les médias sociaux est avant tout synonyme de communication et de dialogue, le musée de Brooklyn va au-delà. Ayant franchit un nouveau palier, il n’est pas seulement présent dans les médias mais se les ait appropriés, il est devenu créateur de son réseau. Il en vient sur son site à donner vie au concept sous-jacent à tout réseau social, celui de la communauté d’intérêt, avec la rubrique Posse. Définie comme un groupe ayant un intérêt commun elle montre les personnes ayant le plus contribué au site du musée. La participation qui est mise en valeur ici entre en fait dans les fondements même du musée puisque c’est celle qui consiste à tagger les oeuvres d’art, à leur donner de nouveaux noms, à les commenter ; fonction d’identification des oeuvres inhérente à la mission scientifique du musée.

    En créant sa communauté d’intérêt, en jouant pleinement le jeu de la participation, du partage dans toutes les sphères du musées,  ce musée abolie la frontière entre lui et le visiteur, tous font partie d’un même groupe. Il n’est plus seulement question d’un changement de destination des médias sociaux, mais de l’évolution même du musée. C’est l’avenir du musée réel qui se joue dans ces plateformes virtuelles.