Questionnements, défis, quand les musées exposent… leurs idées

Au cours de ces derniers mois, de nombreuses conférences et autre tables rondes se sont déroulées Outre-manche et en France ,  Museums and the Web; Rencontre culture numérique; MuseumNext; Transformations culturelles à l’ère digitale; Stratégies virtuelles des musées, table ronde au Centre Pompidou.  Ne pouvant faire un résumé de chacune d’entre-elles tant les sujets développés furent vastes, je souhaitais néanmoins les évoquer avec vous et aborder les questionnements qu’elles ont pu faire surgir. Je reviendrais plus particulièrement dans de prochains articles sur Museums and the Web et Museum Next.

Avant d’entrer dans le cœur de notre propos, voici les liens qui vous mèneront vers les conférences énoncées dans cet article.

  • Toutes les interventions en ligne de Museums and the Web :

http://conference.archimuse.com/mw2011/speakers

  • Le site de Museum Next, où vous pourrez non seulement trouver chaque présentation, mais aussi les tweetes en rapport, les photos, autant dire une vrai mine d’or !

http://www.museumnext.com/

  • pour un résumé des interventions je vous invite à lire ce blog :

http://oonaghmurphy.com/2011/05/31/museumnext-can-i-have-a-year-to-process-what-just-happened/

  • Du coté français, je vous invite à lire le compte rendu fait sur le site CarpeWebem pour la table ronde du Centre pompidou :

http://carpewebem.fr/les-strategies-virtuelles-des-musees-table-ronde-au-centre-pompidou/

  • Et à retrouver toute la table ronde sur Dailymotion :

http://www.dailymotion.com/video/xj1oz6_les-strategies-virtuelles-des-musees-l-heure-de-verite_creation#from=embediframe

Je dois vous avouer qu’au premier abord la confrontation entre les conférences anglo-saxonnes et celles qui se sont déroulées en France ne mettait pas réellement en valeur la France. Les différences de conception, les peurs toujours présentent en France, la méfiance face aux nouvelles technologies, aux médias sociaux transparaissaient alors que la prise en compte du public, l’essor d’une nouvelle conception de la visite étaient mis à jour outre-manche.

Un seul exemple pour éclairer ce propos, alors que les conférences anglo-saxonnes tendent à donner toujours plus de place au public à véritablement lui donner un rôle, en France nous avons vu resurgir la question du musée virtuel et de sa possible substitution au musée réel.

La nouvelle forme de musée virtuel proposée par Google, semble avoir fait ressurgir cette peur de la substitution, qui place l’institution au cœur des interrogations et non le public. Or ce discours était déjà apparu dans les premiers temps de l’Internet, en 1995 avec la création des premiers sites de musée. Au fur et à mesure de l’essor des sites de musées, la question s’est posée de la mise en ligne des collections, du dosage de l’information pour ne pas tout dévoiler sur le réseau. Or les conférences Museums and the web nées de cet essor du musée sur Internet, avaient alors démontré par de nombreux exemples qu’il n’était aucunement question de substitution mais de complémentarité, de richesse apportée par le musée sur Internet.

La nouvelle peur qui surgit avec le projet Google art, se situe dans le rendu des œuvres, dans la déambulation proposée qui se rapproche de plus en plus de celle qui à lieu dans les murs même du musée. Cependant quand on analyse de plus près Google art, la question de la substitution s’envole. La simple déambulation, la vue des oeuvres n’est pas suffisante ; le discours sur l’œuvre, son histoire, sans parler de la matérialité de l’œuvre font défaut. C’est un outil de familiarisation, de découverte dans une offre mondiale. Rien ne remplace la réalité de l’œuvre face à son public, mais celle-ci doit être accompagnée, l’expérience doit être partagée.

Face à ces peurs les vieux démons de l’élitisme ressortent eux aussi. Le musée ne mettant pas en valeur sa relation avec son public, il reste pour celui-ci un lieu imposant, non familier. C’est ce que l’on constate lors de manifestations telles que la nuit des musées, le public qui s’aventure de nuit, nous confie son appréhension face à des tels monuments. Or seule la volonté de faire participer le public, de changer notre manière de diffuser le savoir, peut faire taire ces peurs.

Ce sont d’ailleurs les principes qui ressortent des conférences anglo-saxonnes, mais aussi de certains musées français, s’ils ne sont pas encore assez nombreux j’ose espérer que leur exemple sera suivi plus largement. Pour clore ce questionnement et avant de faire une analyse plus complète de ces conférences lors de prochains articles, je souhaitais revenir sur les idées majeurs énoncées lors de la conférence Museum next.

Crée il y a trois ans par Jim Richardson, fondateur de l’agence de design Sumo, et auteur du blog Museumnext,  son but est de rassembler les musées et les galeries autour des nouvelles technologies et tendances du web. Il pose la question du bénéfice de ces nouvelles formes de médiation et ouvre le débat sur les tendances futures. L’importance du public, le partage transparaissaient dans le troisième opus de cette conférence, comme l’illustre les présentations de Jim richardson lui-même et celle du musée national d’histoire de Hollande. Si le texte des conférenciers n’est malheureusement pas relié aux présentations les mots clès qu’elles comportent et photos qui sont associés sont des plus explicites. Je vous les livre ici avant de vous laisser les voir dans leur contexte sur les présentations.

Présentation What next Jim richardson, Comment inciter les personnes à parler du musée :

Devenir amis avec les superfans. Rendre son contenu facilement partageable. Encourager la critique. Autoriser la photographie. Prendre un pensionnaire. Faire un concours. Traiter les blogueurs comme des rocks stars.

MuseumNext

View more presentations from Jim Richardson

Présentation, Jasper Visser, musée national d’histoire de Hollande.

Plus qu’un bâtiment et plus que des objets. Aller ou le public est. Cibler spécifiquement son public potentiel. Poser les bonnes questions. Penser au-delà du texte

Museumnext May 2011

Quelques mots sur le musée d’histoire, celui-ci ne vous est certainement pas inconnu, c’est en effet celui-là dont la vidéo de lancement avait été mise en rapport dans le blog de Samuel Bausson mixeum avec une vidéo bien plus institutionnelle produite par le musée d’orsay. Elle illustrait la différence de posture des musées, que l’on retrouve quelques mois plus tard au travers des conférences.

Après cette mise en bouche, l’analyse de tout ce contenu produit reste à faire. De prochains articles en perspective ! d’ici là pour une veille constante vous pouvez me suivre sur twitter @meribs.

La technologie de pointe au musée : élement phare de la diffusion culturelle

Après cette plongée dans l’univers des technologies de pointe qui seront dans quelques temps dans nos salons, revenons à notre sujet de prédilection les musées et la culture. Comme j’avais pu vous le dire, les musées ne sont pas en reste dans le domaine des nouvelles technologies. Cette semaine et les semaines à venir seront l’occasion d’explorer l’avenir de nos musées, avec les conférences et salons de cette fin de Janvier.

Cette année l’accent était porté lors du salon du CES sur la 3D et ses récentes avancées. Dans le monde de la culture et des musées, la 3D a toujours été un sujet important permettant une immersion dans le cœur même des œuvres et des bâtiments. Elle est présente dans les conférences sur la technologie et les musées, depuis leur création en 1991 et 1995. Son application concerne à la fois le lieu avec la volonté de créer des environnements immersifs et les œuvres. La 3d est notamment utilisée dans le domaine de la restauration pour connaitre les différents états d’une œuvre ou d’un bâtiment. Un des premier environnement totalement en 3D intéractif apparait en 1999 c’est le Virtual Leonardo développé en collaboration avec l’école polythechnique de Milan, où l’on peut déambuler dans un monde en 3d peuplé d’ inventions de Léonard de Vinci. Depuis lors la technologie a progressé, des logiciels proposent de créer des musées virtuels en 3D, des scanners se développent pour numériser les œuvres sans avoir à les toucher.

Ces quelques exemples vont vous permettre de voir l’étendue de ces avancées. N’hésitez pas à me faire part d’autres exemples dans les commentaires !

En matière de reconstitution et d’œuvre d’art en 2009 lors des conférences Museums and the Web est présenté le projet de l’université de princeton et sa collaboration avec l’université de Pise, pour recréer les fresques de Piero de la Francesca dans la Chapel de San Francesco à Arezzo. Le logiciel créé, permet de diffuser les œuvres en 3d sur le site internet en utilisant le navigateur internet explorer, d’autres modes de diffusion sont aussi prévus utilisant les technologies de pointes comme les lunettes 3d à l’intérieur même de la chapelle, le Cave like system qui permet de projeter l’œuvre sur le mur de la chapelle.

pierodellafrancesca

Concernant les sculptures et la restauration je ne résiste pas à vous donner l’exemple de Notre Dame de Grasse du musée des Augustins de Toulouse. Le site Internet Polychromies secrète permet d’appréhender les différentes couleurs utilisées lors des restaurations successives, il nécessite le navigateur Internet explorer . Lors de la conférence de la Novela au musée des Augustins, un film en 3D portant sur les états successifs de l’œuvre était présenté au moyen d’un écran autostéréoscopique, ne nécessitant pas de lunette.

Le dernier exemple que je souhaitais vous présenter est un des plus prometteurs et permet de rêver à ce que pourrait être le musée de demain. Ce n’est autre que le laboratoire d’essai du Louvre, le museum Lab implanté au Japon dans l’immeuble de la société Dai Nippon Printing qui collabore avec le musée en mettant à disposition sa technologie.

Chaque année de nouveaux outils y sont présentés et testés. La première année en 2006, un écran tactile permettait d’appréhender la construction du Carabinier de Géricault, les techniques de la 3d furent explorées lors de la deuxième année avec des statuettes grecques, les Tanagras. Je vous invite à une visite de la cinquième exposition ayant eu lieu en 2009 sur un tableau de l’école hollandaise, enregistrée sur You tube par un chercheur du MIT, leonardobonanni .