Quand les musées twittent la nuit, l’avant et l’après la « nuit twitte »

Week-end de Pentecôte oblige, j’ai du différer comme vous avez pu le remarquer la publication de cet article. La semaine dernière je vous avait fait entrer dans le coeur de la nuit des musées avec l’expérience du musée national de la Marine. Si pour tous les musées cette nuit fut riche en émotion, l’impact de la participation sur Twitter est allé bien au-delà de cette nuit. C’est donc l’opération elle même, les quelques jours qui l’ont précédé et ce que présage son dénouement que je souhaite analyser avec vous aujourd’hui.

Revenons quelques jours avant la nuit des musées proprement dite. Lors de mes précédents articles j’avais pu vous relater l’effervescence de cette avant « nuit twitte » au sein des musées, ce même enthousiasme était présent dans les blogs et sites d’information annonçant la nuit des musées. Chacun reprenant l’opération « la nuit twitte », sur Libération elle était présentée comme une « nouveauté de taille », sur L’express l’article la « toile s’invite au musée » donnait l’occasion de rappeler l’évolution du multimédia et saluait l’initiative des musées investissant les réseaux sociaux et changeant ainsi leur rapport avec leur public. Les blogs de culture comme Carpewebem applaudissait quant à eux une nuit des musées  » plus connectée que jamais » , rappelant la mise en jeu d’autres réseaux comme Facebook, Dailymotion ou Flickr et notant comme un tour de force l’opération sur Twitter. Cependant, le point d’orgue de cette avant nuit des musées et je dois dire ce que nous avons en tant que musée abondamment relayé sur nos comptes Twitter, fut l’essor de l’opération hors de France sur le blog en français de twitter et sur un blog du New York Times.

Un jour avant l’opération, l’article « la nuit twitte » est posté sur le blog de Twitter qui rappel ainsi la mission du réseau  » permettre à l’humanité de partager et de découvrir » et s’associe pleinement à l’opération. Ce même jour sur le blog du New York Times « In transit » un article est publié sous le titre «  La nuit des musées ajoute twitter« . Si cette avant « nuit twitte » a suscité beaucoup d’enthousiasme il y eut aussi des critiques dont le point d’achoppement fut le débat entre Didier Rykner directeur de la rédaction du site la Tribune de l’Art et Marc Lenot l’auteur du blog Lunettes rouges ; le réseau Twitter étant d’une part stigmatisé comme un lieu où peu de choses intéressantes se disent et d’autre part vanté comme un lieu de liberté où chacun peut exprimer ses opinions notamment sur l’art sans pour autant être un historien de l’art.

Face aux critiques, aux enthousiasmes qu’ont suscités cette nuit, que peut-on retenir de l’opération elle même. Pendant la nuit, ce fut pour tous les musées l’occasion de se rapprocher de son public, en l’initiant à un réseau qu’il ne connaissait pas ou très peu, en  recueillant ses impressions sur les différentes actions déployées. Tour à tour livre d’or pour le musée, lieu de conseil pour les noctambules, et même lieu de critique parfois acerbe notamment sur les visites faites par des célébrités au Château de Versailles, le sujet #NDMTW rassembla un grand nombre de personnes et fut maintes fois lors de la nuit le sujet le plus en vogue sur Twitter.

Au delà de l’opération d’une nuit, un lien s’est créé entre les musées et leur public, mais aussi entre les musées participants. Les comptes Twitter créés pour l’occasion n’ont pas cessé, bien au contraire. Si ils ne sont plus des livres d’or, ils entrent à présent dans la panoplie de musées déjà présents sur les réseaux sociaux et les réseaux de partage. Les musées y déploient leurs actualités tant dans leurs murs que sur la toile. C’est actuellement l’après nuit des musées qui fait l’objet de twittes, ainsi le Musée Guimet qui annonce sur Twitter la publication d’une vidéo sur la Nuit des musées, le Musée des arts et métier qui annonce un prochain album photo sur « la nuit twitte », ou le Museum de toulouse pionnier dans l’utilisation des réseaux sociaux dont les nouvelles photos sur Flickr sont régulièrement annoncées sur Twitter, telles les photos qui alimentent le groupe souvenir du Muséum ou l’on peut voir comment fut la nuit des musées 2010 au Museum.

Par l’élan qu’elle a suscité, les critiques qu’elle a élevé, le déploiement qu’elle a engendré, « la nuit twitte » a été bien plus que l’opération d’une nuit. Incitant les musées à investir d’autres réseaux et à y s’y implanter, dépoussierant l’image du musée et ainsi nous amenant à percevoir ce que peut être l’avenir du musée. Pour finir, je vous invite à voir sur Flickr les photos de cette nuit des musées si particulière. Vous retrouvez comme à votre habitude dimanche prochain mon nouveau post, l’actualité des réseaux sociaux et des musées se faisant toujours aussi riche et propice à l’analyse.

Premiers pas sur Twitter

Je ne pouvais conclure le chapitre ouvert sur Twitter, sans évoquer un cas pratique venant de ma propre expérience au musée. Or depuis quelques temps se préparait l’entrée officielle du Musée national de la Marine sur Twitter. Sous le nom de @museemarine, la page du musée est donc née cette semaine. C’est pour moi l’occasion de partager avec vous les questionnements, les impressions qui accompagnent l’entrée sur un nouveau réseau pour un musée.

Comme de nombreux musées en France, l’opération la nuit twitte lancée par Buzzeum à travers la nuit européenne des musées et les musées partenaires, le museum de toulouse, les abattoirs, le musées des beaux art de Lyon, le chateau de Versaille, a été l’élément déclencheur de notre entrée sur Twitter. Ce rassemblement des musées autour de Twitter est vu, pour la plupart comme un test vis à vis du musée et du public. Ce réseau n’étant pas aussi connu qu’à l’étranger, la question de l’entrée sur Twitter se pose encore en France. L’adoption d’un nouveau réseau pour un musée est quoiqu’il en soit problématique, elle soulève de nombreuses interrogations quant’ au public visé, à la présence souhaitée, au discours à adopter et au temps alloué ; les nouveaux réseaux sont en effet très souvent qualifiés de chronophage. Sur son blog museum marketing, Jim Richardson dénombre dix questions à se poser avant d’entrée sur un réseau, l’une des plus importantes au delà du public et du discours, est à mon sens le but fixé. En incitant les musées à tester Twitter, « la nuit Twitte » donne un nouveau sens à l’entrée sur Twitter pour les musées Français : le but étant ici de rejoindre un mouvement national, inédit, et de faire des musées les prescripteurs d’un nouveau réseau en faisant ainsi évoluer leur image.

Après s’être posé les questions de l’entrée sur le réseau, il importe à présent de voir comment se construit la présence du musée. Bien que l’image sur Twitter ne soit pas un des éléments les plus notable, le choix de l’arrière plan et du logo est d’une grande importance pour un musée. Ceux-ci constituent l’identité du musée sur le réseau et doit permettre au public de reconnaitre le musée. Ainsi même si la photo de profil n’apparait qu’en vignette, elle identifie de manière claire les musées au sein des personnes que l’on suit, en représentant une vue du musée ou en reprenant le logo même du musée comme c’est le cas pour le Musée national de la Marine.

twitt

L’image du musée étant crée, il importe ensuite de savoir quel contenu doit-on y diffuser ? la présence dans un réseau social supposant une réelle participation. Twitter donne en fait vie au réseau plus encore que Facebook, il pourrait se résumer par un seul mot : le lien.

  • Lien avec le musées et ses diverses activités, conférences, concerts.
  • Lien avec le site internet, en informant sur les mises à jours, les nouveautés du site.
  • Lien entre les diverses présences du musée en dehors de son site Internet, en relayant les nouveaux contenus postés sur Flickr, ou You tube.
  • Lien vers un supplément d’information pour les expositions et les collections permanentes, avec des articles de presse, des blogs, des sites Internet.

Au regard de ces quelques jours de présence sur Twitter, un aspect majeur de ce réseau apparait et révèle toute son importance pour les musées. Twitter permet au musée de s’inscrire dans une communauté d’intérêt non seulement avec un public en lien avec les nouvelles technologies mais aussi avec les autres musées. Quand lors de la conférence Museums and the web est affirmé le fait qu’être présent dans les réseaux ne signifie pas avoir une communauté, la participation réelle sur Twitter devient synonyme de communauté.

Je conclurais ces quelques réflexions sur l’entrée sur Twitter en faisant appel à votre propre expérience de ce réseau. Quels ont été vos questionnements lors de votre entrée sur ce nouveau réseau ? quels conseils donneriez vous à une institution pour ses premiers pas sur Twitter ?

Quand Histoire de l’art rime avec conversation et collaboration : Smart History

Dans les articles précédents je vous ai laissé entendre que le site Artbabble ne s’était pas entièrement dévoilé. Dès la page d’accueil en effet,  l’une des vidéos de présentation se détache par le sujet qu’elle traite et par sa facture. Alors que le site est plus accès sur l’art contemporain, les interview d’artistes ou de conservateurs, cette vidéo présente un chef d’œuvre de l’art classique, et l’entrée sur la vidéo se fait par le tableau lui même. Le clic sur la vidéo nous mène donc non pas vers un musée qui forme la majeure partie des partenaires d’Artbabble mais vers un nouveau site : Smart history.

Au delà d’un énième site sur l’histoire de l’art, Smart History offre une nouvelle manière d’apprendre et d’enseigner. Cet objectif, nous est révélé dans le titre même du site, qui invite à une conversation sur l’art. Le projet est ensuite défini dans la rubrique about qui permet avant de plonger dans l’analyse du site d’en connaitre les auteurs et d’en savoir plus sur le site lui même. La première phrase d’explication se révèle très claire, c’est l’enseignement même de l’histoire de l’art qui est visé, tant par la difficulté d’accès au source ; livres trop chers avec trop d’images et peu d’analyse que par le manque de contenu sur Internet. Dans un premier temps, les auteurs créent un blog et développent du contenu sous forme de podcast et de vidéo pour accompagner leurs cours. L’étape suivante, consistait tout naturellement à créer un site, ce que les auteurs font en adoptant le ton et la liberté du blog. Ils créent donc ce site qu’ils nomment un web livre et dont l’ambition est d’accompagner et même de remplacer le traditionnel livre d’histoire de l’art, mais aussi de donner accès à tous au savoir sur l’art. Il importe à présent d’explorer ce site et les promesses qu’il fait à l’étudiante en histoire de l’art que j’étais, il n’y pas si longtemps.

Pour notre plus grand plaisir la page d’accueil se présente sous la forme d’une chronologie, illustrée par des tableaux clefs. Dans la période de la Renaissance, les plus grands peintres nous accueillent, Michel Ange et sa Pieta, Leonard de Vinci avec la Joconde. Je  décide de cliquer sur le portrait de Bronzino. La nouvelle page qui se présente, se compose d’une vidéo au centre et de divers onglets à gauche et à droite de la vidéo. Dans la vidéo les auteurs se livrent à un dialogue sur le thème du portrait maniériste en prenant appui sur deux portraits de Bronzino  l’un au Métropolitan museum de New York l’autre à la Collection Frick en Angleterre,  le ton se veut léger presque enjoué et nous incite à suivre la conversation.

Illustrant la période de la fin de la Renaissance le portrait de Bronzino s’accompagne sur la gauche des divers thèmes et artistes qui l’entouraient dans la chronologie. Ainsi, on peut découvrir la Renaissance à Venise ou ce qui est appelé la Haute renaissance avec Léonard de Vinci ou Michel Ange. La Renaissance à Venise est illustrée par un tableau peint par Bellini et Titien. Cette plongée dans la Renaissance de Venise donne l’occasion aux auteurs de proposer de nombreux liens : sur le site lui même vers une vidéo concernant cette fois ci Bellini seul,  mais aussi dans la partie droite vers d’autres sites, le site de la National Gallery ou la peinture est exposée, le site Webexhibit qui offre une analyse complète du tableau au moyen d’infra rouge et de rayon x donnant ainsi la possibilité de différencier la touche des deux peintres, et enfin vers le mini site consacrée en 2009 à l’exposition Titien, Tintorret, Veronèse au Musée d’art de Boston. Ces liens sont placés dans la partie droite de la page, qui est enrichie par ailleurs d’une mosaïque de photo Flickr sur ce même thème. Les médias sociaux et le principe de collaboration font en effet partie intégrante du site comme nous allons le voir à présent.

Né d’un blog son aspect communautaire est visible dès la page d’accueil. Les vidéos présentées sur le site sont accessibles sur Youtube et Viméo deux sites de partage de vidéo et bien sur sur Artbabble qui est partenaire du site. Un groupe spécifique a été créé sur Flickr, il est intitulé vos images Flickr et propose à ses membres de contribuer pour enrichir l’enseignement en image nouvelle. Un compte sur Twitter est aussi consacré au site, accessible dès la page d’accueil et inséré dans le blog, il est animé par l’un des auteurs du site et se nomme @drszucker. L’aspect collaboratif  est donc un point majeur du site, deux onglets le mettent particulièrement en valeur : l’onglet contribuer et l’onglet créer et enseigner.

La contribution peut donc se faire sous forme de photo, mais aussi sous forme de contenu, les auteurs demandant aux enseignants, artistes, critiques, de les contacter par mail pour enrichir le site. Les auteurs sont aussi à la recherche de nouvelles idées pour améliorer le site et donnent pour cela aussi leur mail. Dans la partie créer et enseigner les auteurs mettent à la disposition de tous les méthodes qui sont à l’origine du site : conversation et technologie. Il explique ainsi pas à pas comment créer un contenu enrichi par l’image et la vidéo et quels sont les outils utilisés pour le faire. Dans la partie enseigner, ils proposent d’utiliser le site pour enseigner en cours, et demandent aux professeurs leurs témoignages par mail. Dans cette partie une page entière est consacrée aux images et aux outils permettant de les visualiser et de les utiliser. L’aspect communautaire prend toute son ampleur dans le blog. En mars 2008 on pouvait voir et entendre des podcasts d’étudiants ayant travaillé sur l’exposition Courbet, un lien est d’ailleurs fait sur ce travail dans la partie enseigner avec les images. Le blog permet de mettre en valeur à la fois le site en informant sur les nouvelles entrées, mais aussi les initiatives d’autres enseignants, élèves ou amateurs à travers le monde. C’est le cas du post du mois de janvier 2010 consacré à la vidéo youtube d’un amateur sur une sculpture à Rome.

Le site se révèle à la hauteur de nos attentes. Il offre un véritable enseignement en histoire de l’art, mais ce qui le distingue d’autres sites plus institutionnels c’est son ouverture vers la communauté, par les réseaux de partage de photo, par le blog et les liens qu’ils proposent pour enrichir toujours plus l’enseignement. Je ne vous cache pas d’ailleurs que ce post n’offre qu’un aperçu du site et je vous invite à explorer toutes ces richesses, en attendant voici une des vidéos présentant l’histoire de l’art, déposée par les auteurs sur Artbabble.

Facebook usage et cas pratique : Page ou profil un faux problème

Avant d’aller vers des analyses plus poussées de nouveaux réseaux ou de conférences comme celles menées par le Smithsonian, je souhaite commencer aujourd’hui une nouvelle rubrique plus proche de l’étude de cas. Comme vous vous en doutez sûrement pour une passionnée de musées et de réseaux sociaux le rêve serait de travailler pour un musée dans un département multimédia, or c’est chose faite depuis maintenant un mois. A présent membre de la cellule multimédia du Musée National de la Marine, c’est pour moi l’occasion de partager certaines expériences ; sans être bien sur un blog sur les coulisses du musée.

Comment ne pas commencer cet échange par un réseau social qui me tient à coeur et qu’ en réalité, depuis la naissance de ce blog, je n’avais pas réellement approfondi : le réseau Facebook.

Son succès et sa popularité au sein des institutions culturelles n’est plus à démontrer, cependant certaines questions se posent encore quand on souhaite en faire un usage optimal pour son institution. Parmi celles ci : Faut-il créer un profil ou une page? Comment peut-on rendre sa page plus personnelle et attractive?

Dans le processus de création la question de la page ou du profil est une des plus problématiques. Dans l’absolu la page est à préconiser pour les institutions, elle n’est pas limitée en nombre de fan, ne demande pas une modération préalable pour accepter un fan ou contrôler ce qui apparaît sur son mur. Il est en effet possible de paramétrer la page pour qu’elle n’affiche que les contributions de l’administrateur de la page. Il faut cependant bien définir le but de son entrée dans le réseau Facebook, si le musée souhaite une plus grand interaction avec son public, ou offrir un regard plus proche des coulisses du musée, la création d’un profil apparait alors tout à fait indiquée. Car un profil peut poster des messages sur des groupes et entrer en contact direct avec un membre.

En réalité la question de la page ou du profil, se révèle être un faux problème, les deux s’avérant nécessaires et complémentaires. Au delà du souhait d’interagir avec le public et en attendant des modifications de la part de Facebook le profil reste indispensable pour donner vie à sa page. La création d’une page sans profil est possible, cependant elle est considérée comme n’ayant pas d’administrateur et il est donc impossible d’ajouter sur cette page des applications supplémentaires. Or pour rendre attractive une page et l’enrichir en contenu l’ajout d’applications s’impose. La page doit donc être reliée à un profil, et vice versa.

Avant de terminer cet article voici une application qui présente un intérêt réel pour les institutions : l’application FBML. Comme d’autres applications, elle permet l’ajout de code HTML dans un onglet qui  est alors totalement personnalisable. Ce qui la distingue des autres c’est la possibilité qu’elle donne aussi de changer le titre de l’onglet. Cette application est donc tout indiquée pour mettre en valeur des événements ou des expositions. C’est cette application que nous avons choisi pour mettre en avant notre événement, « Tous les bateaux du monde c’est », un concours de prose dont les cinq gagnants seront invités au vernissage de l’exposition parmi les VIP, comme vous pouvez le voir ci dessous.

Utilisation de l'applicationFBML

Pour une analyse plus approfondie de Facebook pour les musées je vous conseille la série d’article de Jim Richardson sur son blog Museum Marketing, Facebook for a museum.

Suite des rencontres Culture et Innovation(s)

Après une matinée consacrée au son et à l’image, l’après midi de la réunion des musées organisée par le CLIC s’est orientée vers les nouvelles pratiques et la question des médias sociaux. Comme dans mon article précédent, je ne ferais pas ici le compte rendu de la réunion mais ferais ressortir les points dont l’importance demande une étude plus approfondie.

Parmi ceux-ci l’intervention d’Aurélie Henry et son regard porté sur son année au Smithsonian, justement intitulée un musée sans musée. Les quelques chiffres donnés sur ce musée résument son importance et ses enjeux, 19 musées, 9 centres de recherche et 35 sites Internet en comptant ses nombreuses présences sur les médias sociaux. Très actif sur Twitter, à l’origine de nombreux sujets, le Smithsonian explore aussi de nouveaux réseaux comme le réseau U stream. Alliant la vidéo au commentaire en direct via Facebook et Twitter, Ustream s’apparente à une chaine de télévision où sont diffusés des programmes en direct.

Au delà de ce réseau qui appelle comme vous en vous en doutez surement une analyse approfondie, un autre sujet abordé lors de cette intervention sera lui aussi abordé plus longuement dans un prochain post : la conférence 2.0 organisée par le Smithsonian. Orchestré en 5 ateliers thématiques la conférence du Smithsonian a donné lieu à un rapport édité en 2009. Au delà de cette conférence, c’est la mission même du musée abordée lors de la réunion qui dessine le musée de demain : accroitre et diffuser le savoir. A présent l’important n’est pas la collection mais les histoires que racontent les objets qui sont dans cette collection.

L’étude de cas du Smithsonian fut suivie par un panorama des bonnes pratiques dans les médias sociaux, par Diane Drubay auteur d’un des tout premier blog sur la communication des musées: Buzzeum, à présent consultante et dont les conseils ne sont pas étrangers à la naissance de ce blog. Son travail au musée Henner illustre d’ailleurs son implication dans les médias sociaux et leur intérêt pour les musées. Dans ce panorama un point essentiel est à retenir, l’importance du dialogue. L’entrée dans les médias sociaux doit se faire en lien avec le réel et mener vers une véritable production du public. Selon Samuel Bausson webmaster du Museum de Toulouse un des musées les plus actifs dans les médias sociaux,  » il faut passer de la conservation à la conversation« . La création par le public peut d’ailleurs prendre différentes formes comme le souligne les exemples donnés par Diane : le témoignage vidéo comme c’est le cas pour le Mattress Factory Art museum et son programme MfI Confess, ou la photo avec l’un des concours Flick’r « Colour Chart » organisé par la Tate pour créer le poster de la nouvelle exposition.

Je terminerais cette immersion dans les rencontres nationales des musées, par l’exemple donné par l’association des musées de Bretagne Les Champs Libres et son exposition Boat People. Conçu comme un mini site viral, Boat People ne concerne pas simplement l’exposition mais tend à l’enrichir par une veille régulière sur le sujet, des liens vers la presse, des podcasts, des vidéos. Le rapport à la communauté se fait notamment par l’intermédiaire de la rubrique actualité qui mène vers un mur contributif alimenté par le biais du sujet #boatpeople sur Twitter. L’interêt de cet exemple est aussi dans sa création en interne sur un système de publication open source Spip et dans la réalisation d’un Widget permettant d’exporter l’exposition sur les blogs et sites Internet que vous pouvez voir ci- dessous.

Dans les posts à venir seront analysées les nouveaux réseaux et études de cas évoqués lors de cette réunion. En attendant pour un véritable compte rendu de cette réunion rendez vous sur Buzzeum.