Facebook : des petits changements entre amis à l’impact sur les institutions

Depuis quelques semaines, la question Facebook fait la une des journaux et des blogs de toutes sortes, sont épinglés les changements faits par Facebook aussi bien pour les personnes privées que pour les marques et les pages. Cette semaine a été riche en rebondissements est en annonces de toutes sortes avec certains retour en arrière de la part de Facebook. J’ai souhaité aujourd’hui revenir sur ces modifications bien connues ou au contraire passées inaperçues et sur leur impact sur les institutions.

L’annonce qui a le plus fait couler d’encre concernait la vie privée et la question de la personnalisation instantanée. Depuis quelques temps, apparaissait à l’ouverture de Facebook un cadre reprenant les données renseignées sur la partie information. Nos emplois, nos goût en matière de cinéma, de littérature prenaient la forme de page à laquelle il nous était demandé de nous affilier ou non, la réponse négative entrainant la disparition de la rubrique sur la partie information. Suite aux plaintes reçues  des changements ont été apportés par Facebook, il est possible à présent de fermer cette personnalisation instantanée ce qui n’était pas prévu auparavant. Un autre changement de taille concerne les statuts dans nos profils que nous pensions privés, or ceux-ci sont visibles par tous par défaut et il tient aux membres de cocher l’onglet « visible pour les amis des amis » ou « seulement les amis » pour contrôler les informations qu’ils souhaitent partager. Si ces changements ont été abondamment repris et ont incité le fondateur de Facebook à s’exprimer notamment dans un article sur le Washington post , ils ne sont que la partie émergé de l’iceberg. Ce soudain attrait pour nos goûts, nos emplois, accompagnait en réalité la création de nouvelles pages totalement à la main de Facebook, les pages communautaires.

La question des pages communautaires, si elle est passée inaperçue pour la majorité du public est en passe de devenir un sujet brulant pour les marques mais aussi à mon sens pour les institutions. Elles font notamment l’objet de nombreux articles sur le blog de Netintelligenz, qualifiées entre autre de cauchemar des marques. Quelques mots tout d’abord pour décrire ces nouvelles pages. Elles résultent d’un savant mélange entre Wikipédia et Facebook. Elles comportent un onglet Wikipédia qui reprend l’article en intégralité accompagné des photos présentent sur Wikipédia, et un autre onglet agrégeant pour sa part les informations publiées sur la page officielle, les statuts publiés sur cette page mais aussi ceux publiés par les personnes privée reprenant le titre de la page devenu alors un mots clef. L’onglet de présentation de ces pages communautaires recouvre la première partie de l’onglet Wikipédia et les statuts. Ils est bien sur possible d’aimer ces pages, l’évolution de la page fan à la page aimée étant un autre de ces changements insidieux dont les répercutions seront très certainement à analyser. Comme le note Netinlligenz, les entreprises du Cac 40 ont à présent leurs pages communautaires mais c’est aussi le cas des institutions qui se découvrent des pages doublons dont il convient à présent d’analyser les premiers impacts.

Prenons le cas du musée du Louvre. Sa page officielle est aimée de 98 000 personnes, si on recherche le mot exact « musée du Louvre » la page officielle apparait accompagnée de 6 pages qui ne sont pour leur part aimées de personne, parmi elles se cachent les pages communautaires. Si leurs photos diffèrent, elles sont en fait toutes des pages communautaires ayant exactement le même contenu, l’article de Wikipédia et ceux qui est nommé « publications liées ».


Facebookpage.com

L’article de Wikipédia est un article très détaillé qui comporte même une partie « controverse » sur la question de la politique commerciale du Louvre. Les publications liées sont quant à elles extrêmement diversifiées : on y voit des statuts de personnes allant aujourd’hui au musée ou ne faisant que passer à coté avant d’aller manger chinois,

louvrefacebook

on y trouve même une blague belge,

facebooklouvreblague

ou encore une publicité pour la soirée afterwork de la discothèque du Cab.  Autant dire un peu tout et n’importe quoi et ce sans aucune possibilité de contrôle pour l’institution. Si on analyse plus particulièrement ces statuts, il apparaît qu’ils sont appelés sur la page communautaire en fonction de la date de publication; alors que la dernière publication du musée date du 19 mai celles qui apparaissent sur la page communautaire sont pour leur part bien plus récentes les dernières datant du 23 mai.

Que nous enseigne cet exemple? que peut donc le musée face à ces pages sur lesquelles il n’a aucun contrôle et qui si elles ne sont pour l’instant que peu connues sont susceptible de l’être tôt ou tard. Une des clef pour apparaitre au moins dans la rubrique des publications liées réside dans la mise à jour des statuts. Une mise à jour journalière assurant une présence dans ces pages. Il importe aussi à présent de revoir sa présence sur Wikipédia, celle ci étant aussi affichée sur Facebook. Ces changements quelque peu problématiques pour les institutions révèlent plus que jamais le principe même du réseau : il ne suffit pas d’apparaître sur le réseau encore faut-il réellement et régulièrement participer. Ces modifications nous enseignent aussi à avoir une véritable charte de présence sur les médias sociaux, savoir pourquoi l’institution est présente sur le réseau et ce qu’elle entend y produire,  l’important étant de toujours avoir à l’esprit l’essence même d’Internet : l’évolution. Les changements fait par Facebook aussi insidieux soient-il nous rappellent ces principes. Je conclurais enfin sur l‘importance du site Web pour l’institution face aux modifications, et même à l’effondrement de tel ou tel réseau. La présence du contenu sur le site reste primordiale, la fonction des réseaux étant le lien avec le public.

Le bavardage sur l’art a bientôt un an : Artbabble un site à suivre

Après l’étude de cas Facebook, je continue aujourd’hui une de mes catégories favorite sur ce blog, l’analyse de site. Comme vous avez pu le constater avec le réseau Ustream, la vidéo devient un élément incontournable du monde des musées. Chaque musée propose des programmes sur les réseaux bien connus comme Youtube et Daily motion, cependant depuis bientôt un an un musée a fait le pari de créer son propre site de vidéo sur l’art et d’inciter d’autres musées à le rejoindre. Ce site c’est ArtBabble créé par le Musée d’art d’Indianapolis.

Le propos de ce site est inscrit dans son nom, « ArtBabble », bavardage sur l’art. Une discussion à plusieurs voix et différents médiums, d’une part les vidéos créées par les institutions partenaires et d’autre part les commentaires, les twittes, venant des internautes et des institutions. Ce n’est donc pas un site de partage de vidéo où l’usager peut aussi fournir un contenu vidéo, mais bien un site pour parler d’art à partir des vidéos. La partie communautaire du site est donc à la fois, dans le rassemblement grandissant d’institutions partenaires, 21 musées et 1 bibliothèque, et dans la possibilité donnée à l’internaute de faire entendre sa voix sur l’art de manière anonyme ou en tant que membre identifié d’ArtBabble par le biais des commentaires et de twitter. La présence sur Twitter est d’ailleurs visible dés la page d’accueil, les twittes sur Artbabble accompagnant les présentations des dernières vidéos et des dernières nouvelles sur le site.

L’autre part importante du site est dans l’incitation à la découverte de l’art et dans la diffusion du savoir. Dés la page d’accueil sont mis en valeur différentes formes de vidéos. Dans un grand format, sont présentées les vidéos du mois, sous la forme de vignettes ont peut voir les vidéos les plus vues, ainsi que les nouvelles vidéos mises en ligne. Ce mois ci, ce sont celles de la collection Frick, nouveau partenaire du site. L’exploration se fait ensuite par différents onglets proposant de nombreuses entrées sur le site : par séries, par chaînes, par artistes et enfin par partenaires. La découverte par chaîne est reprise dans tous les onglets sous la forme de nuage de tag.  Les chaînes sont rangées par ordre alphabétique et affichent chacune le nombre de vidéo les composants. L’art contemporain est d’ailleurs celui qui est le plus présent sur le site, avec 250 vidéos dont de nombreuses vidéos d’artistes reprises dans l’onglet artiste. Au delà des vidéos d’artistes, le site propose de nombreux sujet allant des vidéos sur les expositions, aux interview de conservateurs à la retransmission de conférences.

L’importance de la diffusion du savoir va d’ailleurs bien plus loin que le partage de vidéo et prend la forme de commentaires fait par l’institution elle même. Chaque vidéo peut être enrichie par l’institution de liens, de texte, et même de médias. Ces informations en plus se présentent dans la partie droite sous la forme de lien intitulé « more info » et suivent la ligne de temps de la vidéo. Si l’internaute le souhaite, il peut accéder directement au moment auquel le lien fait référence en cliquant sur « jump ». Il peut aussi faire apparaître tout le contenu du lien en cliquant sur « more », la vidéo est alors suspendue pour donner place à ce contenu.

Tout est fait sur le site pour donner envie à l’internaute d’explorer et de s’approprier le contenu diffusé par les institutions. La recherche est facilitée par de multiples canaux, elle est enrichie par son caractère transversal : une recherche sur les chaines guidant vers une volonté de connaître l’artiste ou de voir d’autres vidéos d’une même institution. L’appropriation se fait par la participation de l’internaute sous la forme de commentaires, et la possibilité donnée aussi de diffuser le contenu sur son site ou son blog en embeddant la vidéo.

Ce qui fait la richesse du site c’est la participation croissante des institutions, 22 institutions avec l’entrée ce mois ci de la collection Frick donnant une voix supplémentaire à l’art européen, représenté seulement par deux autres institutions, le musée van gogh et le musée allemand Boijmans Van Beuningen. Un an après sa création, il fait parti des sites nominés pour les best of the web de la conférence museums and the Web 2010, récompensant les meilleurs site de musée sur Internet.

Plus qu’une plateforme de vidéo sur l’art c’est la diffusion même du savoir sur l’art qui est mise en valeur sur ce site.  Savoir, qui n’est pas seulement celui des institutions mais aussi celui de tout internaute. Parler d’art en donnant aussi la parole, c’est cette différence qui donne son importance au site, et nous donne envie d’y voir participer de nombreuses autres institutions. En attendant voici la vidéo de présentation du site diffusée sur le site en avril 2009 et qui fait parti des vidéos les plus vues sur le site.