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Dipity : réseau ou outil pour la culture ?

Dimanche 4 avril 2010

Comme nous avons pu le voir la semaine dernière, le site smarthistory est très présent sur les médias sociaux. Parmi les sites qu’il propose sur sa page d’accueil, l’un d’eux a attiré mon attention tant par son logo, tout droit sorti d’un dessin animé d’Hanna-Barbera, que par son caractère totalement inconnu. Ce site intitulé Dipity date en réalité des années 2008, je vous invite à me suivre dans son analyse et de renouer ainsi avec le sujet privilégié de ce blog : les médias sociaux.

La page d’accueil du site est composée en grand partie par une chronologie faisant appel à de nombreux médias, tel que la vidéo, ou les réseaux de partage d’information comme Twitter ou Delicious. Si on entre sur le site par l’intermédiaire de smarthistory d’autres fonctions se présentent à nous telles que les commentaires ou la possibilité d’avoir des followers comme sur Twitter. En réalité ce site est un site hybride. C’est un  site de diffusion d’information multimédia, dont le contenu peut être développé sous la forme d’une chronologie, d’un flip book, d’une liste ou d’une carte du monde. Mais c’est aussi un réseau dans lequel on peut avoir des amis et des followers à la manière de Twitter ; les membres du réseaux peuvent en effet suivre le créateur de l’information ou le contenu lui même.

Si le site se rapproche du réseau, il ne fait pas appel au réseau social et n’en prend pas non plus la forme, comme nous le prouve l’adhésion au site. Lors de l’inscription, pour développer son profil, on nous propose toutes sortes de sources puisées dans les médias sociaux les plus importants : réseaux de partage de photos tel que Flickr ou Picasa, de vidéos comme You tube ou Vimeo, d’informations comme Twitter ou Delicious, des blogs comme Wordpress ou Blogger. L’absence des réseaux sociaux tels que Facebook et Myspace apparait alors notable. Au delà de la diffusion d’informations et des réseaux le site apparait lors de l’inscription comme un agrégateur de contenu.

Dans sa forme et ses déclinaisons le site offre par ailleurs des ressemblances avec les réseaux de partage de vidéos, proposant une version gratuite avec publicité et des versions payantes sans publicité et aux nombreux avantages comme la création de contenu de manière illimité. Après cette brève introduction du site, la question se pose de la présence des musées sur le site et de leur intérêt à utiliser ce réseau.

Concernant smarthistory, c’est l’auteur du site qui est membre et qui a crée des sujets permettant de donner un autre éclairage au contenu de son site. Ainsi un des sujet créé s’intitule « Smarthistory- une chronologie de l’histoire de l’art » , il se compose des vidéos présentées sur le site et d’images,  mettant en parallèle l’art dans tous les pays. Cette chronologie a d’ailleurs été vues 60 000 fois. Un musée américain apparait dans les partenaires du site, c’est le Laguna Art museum, qui présente une chronologie des oeuvres du musées ainsi que des vidéos Youtube provenant d’autres musées comme la Tate.

Cependant la recherche des mots clefs « museum » et « musée » se révèle particulièrement infructueuse. Si certain musée on tenté l’aventure à la sortie du site, comme le musée des civilisations du Canada dont la chronologie était alimentée par des twittes, leur participation n’a pas duré longtemps et leur profil est à présent délaissé. Les musées ne sont pour autant pas totalement absent de ce site est de nombreux particuliers ont développé des chronologies sur leurs musées de prédilection comme c’est le cas pour le musée de l’air du Smithsonian.

Si les particuliers et les médias sont présents, certains points négatifs semblent faire obstacle à une adhésion plus importante des sites culturels à ce réseau. L’absence de différenciation des sujets traités ; l’ éclairage donné sur les sujets les plus vues mêle le cinéma, la musique, le jeux vidéo sans aucune thématique, contrairement à Youtube. La faiblesse de la recherche ; elle ne permet qu’une recherche par mots clefs sans mode de recherche avancé, et appelle aussi bien les sujets que les membres. La présence d’une publicité pas toujours ciblée qui oblige les musées à prendre des comptes payants.

Plus qu’un réseau que les institutions culturelles devraient investir, le site apparait avant tout comme un outil de diffusion innovant et ludique. Les chronologies créés peuvent être embeddées sur son propre site. Elles peuvent être utilisées pour rassembler et exposer ses différentes présences sur les médias sociaux d’information à la manière d’un agrégateur de contenu. Elles peuvent aussi faire appel à des contenus hors médias sociaux et développer une chronologie d’un artiste, d’oeuvre au moyen d’ images, de vidéos, et de textes. Il est aussi possible de mettre l’accent plutôt sur la carte ou sur le flip book pour diffuser le contenu. Je vous invite a explorer la chronologie de Smarthistory et voir ainsi les utilisations qui peuvent être faites de ce site.

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Le bavardage sur l’art a bientôt un an : Artbabble un site à suivre

Dimanche 7 mars 2010

Après l’étude de cas Facebook, je continue aujourd’hui une de mes catégories favorite sur ce blog, l’analyse de site. Comme vous avez pu le constater avec le réseau Ustream, la vidéo devient un élément incontournable du monde des musées. Chaque musée propose des programmes sur les réseaux bien connus comme Youtube et Daily motion, cependant depuis bientôt un an un musée a fait le pari de créer son propre site de vidéo sur l’art et d’inciter d’autres musées à le rejoindre. Ce site c’est ArtBabble créé par le Musée d’art d’Indianapolis.

Le propos de ce site est inscrit dans son nom, « ArtBabble », bavardage sur l’art. Une discussion à plusieurs voix et différents médiums, d’une part les vidéos créées par les institutions partenaires et d’autre part les commentaires, les twittes, venant des internautes et des institutions. Ce n’est donc pas un site de partage de vidéo où l’usager peut aussi fournir un contenu vidéo, mais bien un site pour parler d’art à partir des vidéos. La partie communautaire du site est donc à la fois, dans le rassemblement grandissant d’institutions partenaires, 21 musées et 1 bibliothèque, et dans la possibilité donnée à l’internaute de faire entendre sa voix sur l’art de manière anonyme ou en tant que membre identifié d’ArtBabble par le biais des commentaires et de twitter. La présence sur Twitter est d’ailleurs visible dés la page d’accueil, les twittes sur Artbabble accompagnant les présentations des dernières vidéos et des dernières nouvelles sur le site.

L’autre part importante du site est dans l’incitation à la découverte de l’art et dans la diffusion du savoir. Dés la page d’accueil sont mis en valeur différentes formes de vidéos. Dans un grand format, sont présentées les vidéos du mois, sous la forme de vignettes ont peut voir les vidéos les plus vues, ainsi que les nouvelles vidéos mises en ligne. Ce mois ci, ce sont celles de la collection Frick, nouveau partenaire du site. L’exploration se fait ensuite par différents onglets proposant de nombreuses entrées sur le site : par séries, par chaînes, par artistes et enfin par partenaires. La découverte par chaîne est reprise dans tous les onglets sous la forme de nuage de tag.  Les chaînes sont rangées par ordre alphabétique et affichent chacune le nombre de vidéo les composants. L’art contemporain est d’ailleurs celui qui est le plus présent sur le site, avec 250 vidéos dont de nombreuses vidéos d’artistes reprises dans l’onglet artiste. Au delà des vidéos d’artistes, le site propose de nombreux sujet allant des vidéos sur les expositions, aux interview de conservateurs à la retransmission de conférences.

L’importance de la diffusion du savoir va d’ailleurs bien plus loin que le partage de vidéo et prend la forme de commentaires fait par l’institution elle même. Chaque vidéo peut être enrichie par l’institution de liens, de texte, et même de médias. Ces informations en plus se présentent dans la partie droite sous la forme de lien intitulé « more info » et suivent la ligne de temps de la vidéo. Si l’internaute le souhaite, il peut accéder directement au moment auquel le lien fait référence en cliquant sur « jump ». Il peut aussi faire apparaître tout le contenu du lien en cliquant sur « more », la vidéo est alors suspendue pour donner place à ce contenu.

Tout est fait sur le site pour donner envie à l’internaute d’explorer et de s’approprier le contenu diffusé par les institutions. La recherche est facilitée par de multiples canaux, elle est enrichie par son caractère transversal : une recherche sur les chaines guidant vers une volonté de connaître l’artiste ou de voir d’autres vidéos d’une même institution. L’appropriation se fait par la participation de l’internaute sous la forme de commentaires, et la possibilité donnée aussi de diffuser le contenu sur son site ou son blog en embeddant la vidéo.

Ce qui fait la richesse du site c’est la participation croissante des institutions, 22 institutions avec l’entrée ce mois ci de la collection Frick donnant une voix supplémentaire à l’art européen, représenté seulement par deux autres institutions, le musée van gogh et le musée allemand Boijmans Van Beuningen. Un an après sa création, il fait parti des sites nominés pour les best of the web de la conférence museums and the Web 2010, récompensant les meilleurs site de musée sur Internet.

Plus qu’une plateforme de vidéo sur l’art c’est la diffusion même du savoir sur l’art qui est mise en valeur sur ce site.  Savoir, qui n’est pas seulement celui des institutions mais aussi celui de tout internaute. Parler d’art en donnant aussi la parole, c’est cette différence qui donne son importance au site, et nous donne envie d’y voir participer de nombreuses autres institutions. En attendant voici la vidéo de présentation du site diffusée sur le site en avril 2009 et qui fait parti des vidéos les plus vues sur le site.

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Vidéos en direct, Ustream un réseau pour les musées?

Dimanche 21 février 2010

Un des premiers point que je souhaitais approfondir après la conférence du Clic, concernait la vidéo et les services de streaming permettant de diffuser des évènements en direct. L’utilisation de la vidéo et des réseaux comme Youtube et de Daily motion par les musées est déjà bien acquise, les musées y créent leurs chaines et l’alimentent de toutes sortes de contenus, allant des coulisses de l’exposition aux interview d’artistes à des expositions virtuelles du musée. Parmi les réseaux de streaming j’ai souhaité analyser celui utilisé par le Smithsonian, Ustream.

Créé en 2006, Ustream se présente comme une plateforme de chaines de télévision à caractère communautaire, au delà de la présence de chaines bien connues comme CBS, toutes personnes en devenant membre du réseau peut enregistrer sa propre émission. Sur la page d’accueil  le site propose de télécharger un outil de création pour atteindre une qualité d’enregistrement professionnel. Tout comme Youtube sur la page d’accueil sont mises en valeur les vidéos les plus vues et de nombreux artistes y figurent. Créer son show apparaît alors très facile, il suffit de brancher sa caméra de taper le nom de notre émission puis de cliquer sur enregistrer et de donner au programme l’accès à la vidéo pour se retrouver en live sur Ustream.

L’intérêt de ce service réside dans les évolutions qu’il a su prendre en compte au long de son existence, intégrant chaque année des services nouveaux au plus près des réseaux sociaux. En 2009 au chat en direct est ajouté le social stream, un chat lié à Facebook, Twitter et Myspace. Alliant la chaine de télé au réseau social, le site propose une répartition par genre parmi ceux-ci est à noter une partie évènements donnant accès à des conférences en direct. Chaque émission a ensuite un page comme sur Youtube et donne la possibilité de partager la vidéo sur son blog ou son site. Comme vous pouvez le constater dans cette vidéo du Smitshonian, vue plus de 6500 fois.

Après ce panorama des fonctionnalités de ce service vous vous demandez surement quels sont ses intérêts pour les musées. Le Smithsonian utilise ce réseau depuis 2008. Il justifie son entrée dans ce réseau par sa mission d’accroître la connaissance et la diffusion du savoir, ce qu’il fait en donnant accès à ses conférences. Cependant à part le Smithsonian, la recherche par mot clef d’autres musées se révèle très peu fructueuse.

En réalité quand on compare ce service à Youtube, certains points s’avèrent quelque peu problématique pour les musées parmi eux :

  • l’absence de la recherche par chaine qui noie le musée dans un flot continue d’informations de toutes sortes,

Après avoir suivi l’inauguration du président Obama sur la page facebook de CNN et après avoir vécu une « experience social sans précédent » ; la page permettant de suivre la vidéo tout en échangeant avec des personnes du monde entier via les statuts et les commentaires, celle-ci fait un parallèle avec le monde des musées. Selon elle tout évènement ne peut avoir un aussi grand succès et quand les musées tentent de mettre en place une plateforme de commentaire sur un direct, son impact et son contenu est souvent déterminé par le peu de participant.

Prenant exemple sur CNN celle-ci donne plusieurs pistes pour les musées :

  • donner à l’évènement un caractère d’urgence, si il n’est pas diffusé en direct en faire un évènement en soit en alliant la diffusion à du chat en direct pour permettre au spectateur d’interagir,
  • prévenir son public et leur donner un espace pour réagir,
  • permettre aux personnes d’interagir avant tout avec leurs amis et les personnes qu’ils connaissent,
  • utiliser la plateforme la plus simple ne nécessitant pas d’enregistrement préalable ou de création de compte,
  • et enfin un conseil qui vaut en fait pour toutes forme de communication intégrer le plus de plateforme possible.

Bien que peu de musées soient visibles sur cette plateforme l’utilisation du direct par les musées peut être un moyen de donner accès aux évènements autres que l’exposition comme les conférences, les concerts et happening. Par sa facilité d’utilisation, l’importance de ses membres due à la présence de chaines de télévision, ses liens avec les réseaux, Ustream est peut être une plateforme à redécouvrir. Qu’en pensez vous?

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Les médias sociaux face aux médias traditionnels la blogosphère nouveau terrain de pensée

Dimanche 6 décembre 2009

Dans l’article précédent vous avez pu voir les origines du terme médias sociaux et ses premières apparitions, dans les années 2004. Dés sa naissance son rapport au média traditionnel fait l’objet de discussions, il apparait alors un véritable discours dont les principaux acteurs ne sont autre que les blogueurs eux même. Formant l’intelligence collective selon James Surowiecki, ils deviennent les nouveaux penseurs des médias.

Brian Solis auteur du blog PR2.0, co-fondateur du Social media club, figure parmi les acteurs principaux de la pensée sur les médias sociaux et leurs rapports aux médias traditionnels. La définition qu’il en donne sur le site Webpronews auquel il contribue régulièrement, est celle que l’on peut voir sur Wikipedia, d’ailleurs il en est en partie l’auteur. Avant d’entrer dans les discussions qu’ont entrainé ce terme en 2007, il importe de connaître cette définition. Selon Brian Solis, le terme médias sociaux décrit :  les outils en ligne que les personnes utilisent pour partager du contenu, des profils, des opinions, des points de vue, des expériences, des perspectives et le média lui-même, ainsi ils facilitent la conversation et l’interaction en ligne entre des groupes de personnes. Ces outils incluent, les blogs, les commentaires, les podcasts, les micro-blogs, les lifestreams, les marque pages, les réseaux , les communautés, les wikis, et les vlogs; blogs prenant la forme de vidéo.

Ces outils sont à l’origine d’un profond changement dans la diffusion de l’information. Les discussions portant sur le terme font d’ailleurs apparaître une différence entre les outils et le concept, selon qu’il est écrit en majuscule ou en minuscule, en français cette séparation pourrait se traduire par les médias sociaux en tant qu’outil, et le média social en tant que concept. Selon Brian Solis « le concept de média social marque un tournant dans la manière dont les personnes découvrent, lisent et partagent les nouvelles, les informations et les contenus. C’est la fusion de la sociologie avec la technologie qui transforme le monologue en dialogue, le one to many, en many to many« . Alors que Brian Solis milite pour l’appellation des médias sociaux en nouveaux médias un autre penseur, Robert Scoble, dans son blog Scobelizer insiste sur l’importance de l’impact des médias sociaux sur Internet, selon lui  ce sont des  « médias Internet qui ont la possibilité d’interagir sur l’Internet lui-même« . Dans cette discussion l’apport de Stow Boyd et de son blog stowboyd.com est fondamental. Dans un article se voulant une réponse à Robert scoble il donne les  caractéristiques qui distinguent les médias sociaux des médias traditionnels.

  1. ils ne sont pas des médiums enregistrés, ils ne diffusent pas un seul message à une audience
  2. ils sont sur le modèle many to many,  ils  sont conversationnels et impliquent une discussion
  3. ils sont ouverts, toutes personnes peut publier
  4. ils sont perturbateurs, ils n’obéissent pas à un modèle hiérarchisé et contrôlé

Selon Stow Boyd, le terme défini aussi bien la « socialisation de l’information que les outils qui facilitent la conversation« . Tout comme les autres penseurs des médias, il opère une distinction dans le terme mais cette fois c’est par rapport aux outils eux même. Les blogs et les wikis sont selon lui seuls digne d’intérêt et concentrent tous ses espoirs de changement  » C’est le blog qui est devenu une formidable plateforme pour les médias sociaux ».

Sa réponse à Robert Scoble lui donne l’occasion de donner une autre définition des médias sociaux : « c’est la manière dont nous nous organisons pour communiquer, pour apprendre et pour comprendre le monde et notre place dans le monde ». Cette définition qui emporte la question des médias sociaux au delà de ses rapports à la presse fera l’objet du prochain article qui mettra un point final à mon exploration du terme.

Cette discussion sur les médias ne pouvait se terminer sans faire appel à un des principaux artisans de ce discours, Clay Shirky, auteur du livre Here come’s everybody : the power of organising without organisation . La vidéo de sa contribution à la conférence TED 2009, que vous pouvez voir ici approfondie le phénomène et montre en quoi les médias sociaux sont en train de faire l’histoire.

Selon l’auteur, les médias sociaux sont à l’origine d’une quatrième révolution dans le monde des médias, après l’imprimerie, le téléphone, la photo, la radio télévision, vient l’Internet et les outils formés par les médias sociaux. Internet est le premier média à permettre à la fois la conversation et la constitution de groupes. Les médias sociaux changent le paysage des médias traditionnels qui vont eux aussi se retrouver sur Internet mais ne plus être seulement des sources d’informations, puisque la conversation entre aussi en jeu. Ils deviennent alors des lieux de coordination car les groupes qui lisent, voient l’information vont pouvoir en parler et devenir aussi producteurs. Car l’autre changement fondamental est dans la production, Internet donne l’information mais aussi les outils pour la produire : les médias sociaux. Chaque consommateur devient acteur.

Avec les médias sociaux et le concept qui l’accompagne le paysage des médias change comme dit Clay Shirky, le média devient « social, omniprésent, global, gratuit ».

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Au-delà de la communication : Le concept de musée créateur

Dimanche 15 novembre 2009

Comme annoncé dans l’article précédent, je souhaite aborder aujourd’hui le concept du musée créateur, dont le musée de Brooklyn est un des plus parfaits exemples. Avant d’entrer dans le cœur du sujet, il convient de définir quelle signification j’entends donner à ce terme. Les musées, institutions culturelles, créateurs sont à mon sens ceux qui vont au delà de la communication dans les médias sociaux. Ils ont atteint un second palier qui consiste à s’approprier Internet et les médias sociaux, ils se caractérisent par une réelle compréhension des médias et de leur fonctionnement.

Les preuves de cette évolution se manifestent à l’intérieur même des réseaux. Il en résulte un changement de destination comme j’avais pu déjà vous le dire dans le post concernant la Novela et comme le prouvaient les statistiques Nielsen, les médias sociaux devenant une des sources premières dans la recherche de contenu.

Dans l’article précédent, un des facteurs de la compréhension du réseau et de son fonctionnement par le musée de Brooklyn se traduisait par la création de l’application ArtShare. L’intérêt de Facebook est en effet dans les applications, le bouche à oreille dont elles bénéficient formant l’essence même de ce réseau. Sans toutefois aller jusqu’à la création, certains musées ont déchiffré les clés du réseau Facebook et utilisent des applications existantes pour diffuser leurs oeuvres. C’est le cas de l’application intitulée Gift qui permet aux membres de s’envoyer des cadeaux virtuels sous forme d’images. Le musée de l’université de Glasgow, le musée Hunterian utilise cette application pour diffuser ses œuvres.

gifhunterian

Le musées de science de Boston reprend pour son compte le concept de Gift pour permettre de s’envoyer les animaux emblématiques du musée, comme le papillon ou le tyrannosaure. La création ou l’utilisation d’applications par le musée, lui donne l’occasion de créer une page qui informe le membre du nombre de personnes qui utilisent l’application, des nouveautés concernant celle-ci. Elle offre un moyen supplémentaire d’engager la discussion avec le visiteur.

giftboston

L’utilisation d’application existante sur Facebook donne-t-elle pour autant à un musée le statut de créateur et témoigne-t-elle de sa compréhension  des réseaux? Pour répondre à cette question il faut se pencher sur le site du musée, ses autres présences sur le réseau et sa manière de s’y présenter.

Concernant le musée Huntérian de Glasgow, sa participation sur Facebook est annoncée sur la première page de son site, ainsi que la réalisation d’une application sur Iphone. Les actualités du musée bénéficient pour leurs parts d’un Flux RSS. Sur Facebook, en dehors des informations sur le musée, est mis en valeur son entrée dans d’autres médias, comme Twitter, ou Flickr et You tube. Bien que ce musée marque sa présence dans les médias sociaux, celle-ci reste trop récente pour le qualifier de musée créateur, étant sur Facebook depuis Mars 2009, sur Twitter,Youtube et Flickr depuis Avril.

Pour savoir si un musée accède à ce nouveau stade de compréhension des réseaux, il importe comme vous pouvez vous en douter d’analyser en profondeur ce musée et son discours sur les médias. Se sera le principal objectif de la rubrique Focus initiée avec l’analyse du musée de Brooklyn.

Si la création d’application sur Facebook est un marqueur de l’évolution du musée vers un nouveau palier, celle-ci se manifeste aussi dans d’autres médias sociaux. Twitter est utilisé dans la diffusion de l’information, de manière instantanée et ininterrompue.

Etre créateur sur Twitter, c’est élaborer un contenu relié au site du musée et faciliter sa recherche. Ceci est rendu possible par l’ajout d’un symbole le # à un sujet particulier. Ainsi, l’accès au sujet se fait directement dans la partie recherche et toutes les informations publiées par le musée et d’autres membres apparaissent dans le média. Tant que l’institution fait vivre le sujet celui-ci peut être recherché sur Twitter. En effet, il n’y a pas d’archives sur Twitter, son essence étant d’apporter les informations en temps réel. Assimiler le fonctionnement de Twitter, se traduit par la création de sujets pour un temps donné, à l’exemple du musée d’Art Moderne (MoMA) de New York.

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En octobre, le musée souhaite savoir quelles expositions ses fans vont voir cet automne. Il lance le sujet dans les statuts du musée sur Facebook, il le reprend ensuite sur Twitter en créant pour cette occasion le sujet #fallart. Pendant tout le mois d’octobre sur Twitter, les fans répondent au musée et diffusent le sujet. Le sujet est repris, sous forme de Retweet par d’autres musées qui répondent à leur tour au MoMA en mettant leur propre exposition en valeur, comme le fait le musée de Boca Raton en Floride.

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Au delà de la facilité de recherche, par ce symbole se créé un réseau d’intérêt commun. Il donne ainsi la possibilité aux institutions de la culture de tisser une toile de la culture dans le réseau.

Un dernier exemple de ce nouveau palier atteint par certain musée, la création d’un compte sur Delicious. Sur ce réseau, le musée est créateur d’information, comme sur Twitter, mais son action y est différente. Sur Twitter, les informations données concernent dans un premier temps l’institution et font un lien direct vers le site du musée, elles peuvent ensuite concerner d’autres sites. Sur Delicious, le principe est en quelque sorte inverse, il s’agit de partager les liens que l’on trouve pertinents et non pas de renvoyer sur le site de l’institution.

C’est donc une présence qui traduit une véritable connaissance du réseau, des blogs scientifiques, des sites d’informations, qui sont en relation avec l’institution. De fait, peu de musées apparaissent sur ce réseau de partage de liens. Le musée de Brooklyn y est présent et partage des liens vers des articles venant de la presse, des blogs mais aussi vers des pages dans les médias sociaux ou même des documents. Ainsi, en novembre l’exposition sur la vie du Christ est enrichie par des liens vers un site d’informations publiant une interview d’une curatrice du musée et une vidéo de l’exposition.

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Si j’ai peu parlé des musées français dans cet article sur les créateurs et dans mes précédents articles, il faut souligner la présence de deux musées toulousains sur Delicious qui nous incite à les explorer plus en détails lors de prochains Focus. Ces musées sont le muséum d’histoire naturelle et le musée d’art contemporain Les abattoirs. Leur participation sur Delicious, se démarque même de celle des musées américains puisque ils ne se contentent pas de partager leurs liens, ils ont aussi formé leur propre réseau sur ce média. Delicious, permet en effet de suivre les liens d’autres membres qui font alors partie de son propre réseau.

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Représentation graphique des réseaux sur del.icio.us network explorer

Le concept de créateur, se manifeste donc dans différents réseaux et s’attache à la manière dont l’institution les utilise. C’est le fonctionnement même du média qui fait l’essence de son appropriation et de sa compréhension par l’institution. Les preuves de l’accès à ce second palier d’assimilation peuvent se manifester dans un ou plusieurs médias comme c’est le cas du musée de Brooklyn. Créateur d’application sur Facebook, de sujet sur Twitter, il est aussi présent sur Del.icio.us. Cependant cette prise de possession se manifeste aussi sur le site du musée et dans ses murs par le lien qu’il créé entre l’institution et les médias sociaux. C’est le cas notamment du MoMa qui fera l’objet du prochain Focus.

Les musées créateurs sont donc, comme vous le verrez, peu nombreux et la plupart ajoutent  l’expérience à la connaissance. Comme le musée de Brooklyn ils sont dans les réseaux depuis deux à trois ans. Et leur action, leur appropriation, nous permettent d’entrevoir un changement dans la relation du musée à Internet.

En accédant à un palier supplémentaire dans la compréhension, les musées, les institutions culturelles, changent ces médias, leur donnent une plus-value. Ils n’offrent plus simplement la possibilité de  gérer son réseau de communication, de diffuser les actualités, de dialoguer avec le public mais deviennent des sources d’informations scientifiques reconnus. Créateurs, ces musées le sont de leur présence sur Internet et dans les réseaux. Ils ne sont plus guidés par leur volonté d’entrer dans les réseaux, ils façonnent les médias sociaux et l’Internet à leur image.

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