Comme nous avons pu le voir la semaine dernière, le site smarthistory est très présent sur les médias sociaux. Parmi les sites qu’il propose sur sa page d’accueil, l’un d’eux a attiré mon attention tant par son logo, tout droit sorti d’un dessin animé d’Hanna-Barbera, que par son caractère totalement inconnu. Ce site intitulé Dipity date en réalité des années 2008, je vous invite à me suivre dans son analyse et de renouer ainsi avec le sujet privilégié de ce blog : les médias sociaux.
La page d’accueil du site est composée en grand partie par une chronologie faisant appel à de nombreux médias, tel que la vidéo, ou les réseaux de partage d’information comme Twitter ou Delicious. Si on entre sur le site par l’intermédiaire de smarthistory d’autres fonctions se présentent à nous telles que les commentaires ou la possibilité d’avoir des followers comme sur Twitter. En réalité ce site est un site hybride. C’est un site de diffusion d’information multimédia, dont le contenu peut être développé sous la forme d’une chronologie, d’un flip book, d’une liste ou d’une carte du monde. Mais c’est aussi un réseau dans lequel on peut avoir des amis et des followers à la manière de Twitter ; les membres du réseaux peuvent en effet suivre le créateur de l’information ou le contenu lui même.
Si le site se rapproche du réseau, il ne fait pas appel au réseau social et n’en prend pas non plus la forme, comme nous le prouve l’adhésion au site. Lors de l’inscription, pour développer son profil, on nous propose toutes sortes de sources puisées dans les médias sociaux les plus importants : réseaux de partage de photos tel que Flickr ou Picasa, de vidéos comme You tube ou Vimeo, d’informations comme Twitter ou Delicious, des blogs comme Wordpress ou Blogger. L’absence des réseaux sociaux tels que Facebook et Myspace apparait alors notable. Au delà de la diffusion d’informations et des réseaux le site apparait lors de l’inscription comme un agrégateur de contenu.
Dans sa forme et ses déclinaisons le site offre par ailleurs des ressemblances avec les réseaux de partage de vidéos, proposant une version gratuite avec publicité et des versions payantes sans publicité et aux nombreux avantages comme la création de contenu de manière illimité. Après cette brève introduction du site, la question se pose de la présence des musées sur le site et de leur intérêt à utiliser ce réseau.
Concernant smarthistory, c’est l’auteur du site qui est membre et qui a crée des sujets permettant de donner un autre éclairage au contenu de son site. Ainsi un des sujet créé s’intitule « Smarthistory- une chronologie de l’histoire de l’art » , il se compose des vidéos présentées sur le site et d’images, mettant en parallèle l’art dans tous les pays. Cette chronologie a d’ailleurs été vues 60 000 fois. Un musée américain apparait dans les partenaires du site, c’est le Laguna Art museum, qui présente une chronologie des oeuvres du musées ainsi que des vidéos Youtube provenant d’autres musées comme la Tate.
Cependant la recherche des mots clefs « museum » et « musée » se révèle particulièrement infructueuse. Si certain musée on tenté l’aventure à la sortie du site, comme le musée des civilisations du Canada dont la chronologie était alimentée par des twittes, leur participation n’a pas duré longtemps et leur profil est à présent délaissé. Les musées ne sont pour autant pas totalement absent de ce site est de nombreux particuliers ont développé des chronologies sur leurs musées de prédilection comme c’est le cas pour le musée de l’air du Smithsonian.
Si les particuliers et les médias sont présents, certains points négatifs semblent faire obstacle à une adhésion plus importante des sites culturels à ce réseau. L’absence de différenciation des sujets traités ; l’ éclairage donné sur les sujets les plus vues mêle le cinéma, la musique, le jeux vidéo sans aucune thématique, contrairement à Youtube. La faiblesse de la recherche ; elle ne permet qu’une recherche par mots clefs sans mode de recherche avancé, et appelle aussi bien les sujets que les membres. La présence d’une publicité pas toujours ciblée qui oblige les musées à prendre des comptes payants.
Plus qu’un réseau que les institutions culturelles devraient investir, le site apparait avant tout comme un outil de diffusion innovant et ludique. Les chronologies créés peuvent être embeddées sur son propre site. Elles peuvent être utilisées pour rassembler et exposer ses différentes présences sur les médias sociaux d’information à la manière d’un agrégateur de contenu. Elles peuvent aussi faire appel à des contenus hors médias sociaux et développer une chronologie d’un artiste, d’oeuvre au moyen d’ images, de vidéos, et de textes. Il est aussi possible de mettre l’accent plutôt sur la carte ou sur le flip book pour diffuser le contenu. Je vous invite a explorer la chronologie de Smarthistory et voir ainsi les utilisations qui peuvent être faites de ce site.






Le bavardage sur l’art a bientôt un an : Artbabble un site à suivre
Dimanche 7 mars 2010Après l’étude de cas Facebook, je continue aujourd’hui une de mes catégories favorite sur ce blog, l’analyse de site. Comme vous avez pu le constater avec le réseau Ustream, la vidéo devient un élément incontournable du monde des musées. Chaque musée propose des programmes sur les réseaux bien connus comme Youtube et Daily motion, cependant depuis bientôt un an un musée a fait le pari de créer son propre site de vidéo sur l’art et d’inciter d’autres musées à le rejoindre. Ce site c’est ArtBabble créé par le Musée d’art d’Indianapolis.
Le propos de ce site est inscrit dans son nom, « ArtBabble », bavardage sur l’art. Une discussion à plusieurs voix et différents médiums, d’une part les vidéos créées par les institutions partenaires et d’autre part les commentaires, les twittes, venant des internautes et des institutions. Ce n’est donc pas un site de partage de vidéo où l’usager peut aussi fournir un contenu vidéo, mais bien un site pour parler d’art à partir des vidéos. La partie communautaire du site est donc à la fois, dans le rassemblement grandissant d’institutions partenaires, 21 musées et 1 bibliothèque, et dans la possibilité donnée à l’internaute de faire entendre sa voix sur l’art de manière anonyme ou en tant que membre identifié d’ArtBabble par le biais des commentaires et de twitter. La présence sur Twitter est d’ailleurs visible dés la page d’accueil, les twittes sur Artbabble accompagnant les présentations des dernières vidéos et des dernières nouvelles sur le site.
L’autre part importante du site est dans l’incitation à la découverte de l’art et dans la diffusion du savoir. Dés la page d’accueil sont mis en valeur différentes formes de vidéos. Dans un grand format, sont présentées les vidéos du mois, sous la forme de vignettes ont peut voir les vidéos les plus vues, ainsi que les nouvelles vidéos mises en ligne. Ce mois ci, ce sont celles de la collection Frick, nouveau partenaire du site. L’exploration se fait ensuite par différents onglets proposant de nombreuses entrées sur le site : par séries, par chaînes, par artistes et enfin par partenaires. La découverte par chaîne est reprise dans tous les onglets sous la forme de nuage de tag. Les chaînes sont rangées par ordre alphabétique et affichent chacune le nombre de vidéo les composants. L’art contemporain est d’ailleurs celui qui est le plus présent sur le site, avec 250 vidéos dont de nombreuses vidéos d’artistes reprises dans l’onglet artiste. Au delà des vidéos d’artistes, le site propose de nombreux sujet allant des vidéos sur les expositions, aux interview de conservateurs à la retransmission de conférences.
L’importance de la diffusion du savoir va d’ailleurs bien plus loin que le partage de vidéo et prend la forme de commentaires fait par l’institution elle même. Chaque vidéo peut être enrichie par l’institution de liens, de texte, et même de médias. Ces informations en plus se présentent dans la partie droite sous la forme de lien intitulé « more info » et suivent la ligne de temps de la vidéo. Si l’internaute le souhaite, il peut accéder directement au moment auquel le lien fait référence en cliquant sur « jump ». Il peut aussi faire apparaître tout le contenu du lien en cliquant sur « more », la vidéo est alors suspendue pour donner place à ce contenu.
Tout est fait sur le site pour donner envie à l’internaute d’explorer et de s’approprier le contenu diffusé par les institutions. La recherche est facilitée par de multiples canaux, elle est enrichie par son caractère transversal : une recherche sur les chaines guidant vers une volonté de connaître l’artiste ou de voir d’autres vidéos d’une même institution. L’appropriation se fait par la participation de l’internaute sous la forme de commentaires, et la possibilité donnée aussi de diffuser le contenu sur son site ou son blog en embeddant la vidéo.
Ce qui fait la richesse du site c’est la participation croissante des institutions, 22 institutions avec l’entrée ce mois ci de la collection Frick donnant une voix supplémentaire à l’art européen, représenté seulement par deux autres institutions, le musée van gogh et le musée allemand Boijmans Van Beuningen. Un an après sa création, il fait parti des sites nominés pour les best of the web de la conférence museums and the Web 2010, récompensant les meilleurs site de musée sur Internet.
Plus qu’une plateforme de vidéo sur l’art c’est la diffusion même du savoir sur l’art qui est mise en valeur sur ce site. Savoir, qui n’est pas seulement celui des institutions mais aussi celui de tout internaute. Parler d’art en donnant aussi la parole, c’est cette différence qui donne son importance au site, et nous donne envie d’y voir participer de nombreuses autres institutions. En attendant voici la vidéo de présentation du site diffusée sur le site en avril 2009 et qui fait parti des vidéos les plus vues sur le site.
Tags :Artbabble, artiste, bavardage, best of the web, chaines, collection Frick, commentaires, communautaire, contenu, découverte, diffusion, discussion, explorer, informations, liens, musée d'art d'indianapolis, parole, savoir, twitter, vidéo
Publié dans Analyses | Aucun commentaire »