Articles avec le tag ‘contenu’

Musées et nouvelles technologies, nouveaux usages, nouvelles médiations

Dimanche 6 mars 2011

Alors que le blog entame sa deuxième année, le temps pour lui est venu de changer de fréquence, non plus mensuel mais au grès des sujets pour des articles de fond. Pour les nouveautés et la veille je vous invite à me suivre sur twitter @meribs et tumblr, si ce n’est déjà fait. Pour ouvrir le bal des premiers articles de cette année 2011, place à une nouvelle rubrique : les nouvelles technologies.

Comme le laissait pressentir le musée participatif de Nina Simon dont vous avez pu lire ici un résumé, la partie se joue à présent dans le musée. Face aux avancées majeures que nous constatons chaque jour ; montée en puissance de la 3D sur nos écrans, multiplication des interfaces tactiles, interactives. De l’utilisation du corps pour interagir. Comment peut se positionner le musée ? Quelles sont les technologies qu’il va adopter ? autant de questions qui seront abordées dans cette nouvelle rubrique avec des liens sur les blogs les plus intéressant dans ce domaine.

Technologie et musée, s’il est un lieu qui nous permettait un premier regard sur ces deux thèmes, c’est bien le salon du Sime Sitem qui se tenait comme chaque année fin janvier au carroussel du Louvre. Salon des professionnels de la muséographie, il était plus que jamais cette année placé sous le signe des nouvelles technologies, chaque stand ayant d’ailleurs un code QR permettant d’en savoir plus sur les prestations de chaque professionnel.

Quelles sont donc en 2011 les technologies qui s’appliquent au musée au regard du salon ? Vous avez bien sur déjà la réponse peut être même tout près de vous ; les technologies mobiles et tactile, la 3D, la réalité augmenté…

  • La 3D, elle se présentait sous différentes formes dont certaines assez innovantes, des écrans stéréoscopiques à la présentation sur borne. L’intérêt de la 3D se réalisait pleinement dans la manipulation d’objet. Que ce soit à l’aide de bornes avec projection de l’objet sous forme d’hologramme, ou plus certainement avec l’utilisation d’une réplique de l’objet truffée de capteur permettant de voir l’artefact sur l’écran tout en manipulant la réplique.
iborneholo

  • La réalité augmentée, s’exposait non pas à l’aide d’outil mobile comme nous avions pu voir l’année dernière, mais demandait cette fois l’usage d’une caméra, d’un écran est d’un carton imprimé. La caméra scannant l’image présente sur le carton et la traduisant sur écran par une représentation 3D.
  • La cathédrale en couleur

    C’est d’ailleurs une expérience que vous pouvez réaliser chez vous sur le site de la ville d’Amiens et de sa cathédrale, exactement comme vous auriez pu le faire au salon du Sime Sitem.

    La ville de bordeaux devrait elle aussi mener un projet de réalité augmentée d’envergure, dans toute la ville, permettant de voir sur une tablette mobile des gargouilles prendre vie ou des bâtiments à différentes époques. Les technologies tactiles et interactives prenaient la forme au salon de tables multitouch et de tablettes mobiles.

    Autres technologies présentent au salon et sur lesquels nous reviendront dans cette rubrique les tags et symboles s’associant aux cartels pour donner aux visiteurs des informations supplémentaires.

    Si la plupart des nouveaux usages étaient présent au salon et nous permettent de dresser une première ébauche des nouvelles technologies qui sont et pourront être utilisées dans les musées, les avancées technologiques que nous voyons dans le commerce, dans les loisirs, ne peuvent totalement s’appliquer au musée, leurs vitesses d’apparition et d’obsolescence ne pouvant s’aligner avec le temps du musée.

    Ce qui importe pour les musées n’est pas tant, la technologie mais l’usage qu’il va en faire et la médiation qui viendra l’enrichir. La plupart des exposants étaient d’ailleurs conscient de ce fait et prônait l’importance du contenu avant la technologie.

    Nous nous attacherons donc dans cette nouvelle rubrique à non seulement faire des focus sur ces technologies, mais surtout voir l’usage que les musées en font, car contenu et médiation doivent être les maitres mots du musée quand il doit aborder les nouvelles technologies. C’est d’ailleurs ce qui ressortait d’une discussion que j’ai entamé sur le réseau professionnel Linked’n pour recueillir des exemples d’utilisations innovantes de ces technologies. De très nombreux liens m’ont d’ailleurs été donnés dans cette discussions, que je vous invite à suivre. Parmi eux un lien portant sur un réseau de professionnel de la muséographie partageant leurs expériences : exhibitfiles. Ce réseaux et d’ailleurs l’œuvre d’une société qui est souvent intervenu dans les conférences Museums and the Web, qui distribue un programme open source pour les tables tactiles qui seront très certainement le sujet d’un des prochains articles de cette rubrique, et vous verrez d’ailleurs qu’en France aussi  a été créé un programme open source pour les tables tactiles, permettant une nouvelle interaction avec les objets du musée. Mais ceci est un autre article …

    Pour finir cette première approche des nouvelles technologies au musée, je vous invite à suivre la semaine prochaine le festival South by south west, si les musées n’y sont pas présents les nouvelles technologies le seront et je gage que nous assisterons à la naissance d’autres usages et d’autres technologies. Car il semble bien que chaque jour apparaisse des technologies nouvelles, des usages nouveaux, comme il fut un temps pour les réseaux sociaux, quand les bloggeurs commençaient leurs articles en disant encore un nouveau réseau ! Alors encore une nouvelle table tablette tactile ? Une nouvelle application de réalité augmentée ? En tous les cas de nouveaux articles en perspectives pour cette nouvelle rubrique et de nouveaux modes de médiation que nous ne manquerons pas de décrypter.

    Innovations, bonnes pratiques ces pionniers qui nous guident

    Dimanche 6 juin 2010

    Au cours de ces derniers mois riches en conférences, que nous avons pu suivre sur Twitter mais aussi sur des sites dédiés comme le réseau Archimuse pour la conférence Museums and the Web, des noms de musées sont revenus régulièrement. Depuis l’avènement du Web 2.0, certains musées ayant choisi d’expérimenter les nouveaux réseaux sont devenus incontournables, tel le musée de Brooklyn, le Musée d’art modern de New York : MOMA, celui de San Francisco :  SF MOMA, et enfin à Londres la Tate. Cette semaine, j’ai souhaité analyser plus en détail leurs sites et les nouveautés qu’ils y ont apportés.

    Lors de ces conférences, une phrase a été abondamment reprise et commentée, celle du directeur de la Tate Online lors de la conférence Museum next :  « Le contenu en ligne doit être facile à trouver, partageable et social, réutilisable, syndicable ». Ce principe fait parti de la stratégie de la Tate, elle même publiée sur le site. Elle nécessite d’ailleurs une analyse approfondie qui sera faite dans de prochains articles. Cependant la notion de contenu partageable, social et syndicable transparait déjà sur le site de la Tate et apparait comme un des points incontournable pour les nouveaux sites de musées. Pour la Tate, elle prend la forme de l’application bien connue des bloggeurs et des utilisateurs de Wordpress, « add this ». Elle est présente dés la page d’accueil et sur certaines expositions comme l’exposition Picasso à la Tate Liverpool.

    sharethis

    Elle permet de partager la page, sur les réseaux sociaux tels que Facebook et Mypsace, sur le réseau Twitter, sur les réseaux de partage de liens comme Delicious et par mail. Sur les sites des musées d’art moderne de New York et de San Francisco la fonction de partage est visible sur toutes les pages et permet ainsi de partager les œuvres même de la collection.

    collection

    Cette notion de partage et son application même, renvoie aux médias sociaux proprement dit. Leur présence de plus en plus marquée sur ces sites pionniers constitue une des tendances majeures pour les nouveaux sites de musée.

    La participation sur les médias sociaux s’affirme dès la page d’accueil et tend à faire partie intégrante du site. Sur le site de la Tate les liens vers les pages Facebook et Twitter sont sur la page d’accueil de la Tate Online ainsi que sur celle des quatre autres musées. Les musées d’art moderne de New York et de San Francisco ont quant à eux franchi une étape supplémentaire en consacrant une rubrique à leur présence dans les réseaux, intitulée « communauté en ligne » pour New york et « connecté avec le Sf Moma » pour le musée de San Francisco. Chacun de ces musées a choisi une présence et une intégration particulière. Le musée de New York choisi d’insérer son fil Twitter ainsi que son groupe sur Flickr et sa chaine sur Youtube. Le musée de San Francisco choisi lui aussi ses derniers twittes et ajoute son mur sur Facebook.

    sfmomaconnect

    Une des intégrations les plus remarquables vient d’un autre musée pionnier, le musée de Brooklyn avec notamment le réseau en plein essor Foursquare. Sur sa page « community » que je vous avez présenté dans l’article consacré au musée de Brooklyn, des espaces sont spécialement consacrés à Twitter et à Foursquare. Sur la rubrique Foursquare on peut voir notamment les anciens maires mais aussi toutes les personnes qui se sont identifiées dans le musée. Je vous renverrais d’ailleurs sur ce point, à l’excellent article fait sur ce sujet sur le blog d’Antoine Dupin : « Brooklyn museum, l’intégration parfaite de Foursquare« , car les musées sont en passe de devenir des exemples en matière de communication et d’assimilation des médias sociaux.

    Si cet article est consacré en majorité aux pionniers anglo-saxon, je ne pouvais terminer cet partie consacrée à l’intégration sans évoquer le Museum de Toulouse ; un des musées français les plus innovants qui vient d’ailleurs d’annoncer sa participation à l’évènement Twitter du mois de septembre :  » Ask the curator » , après le succès du  » follow a museum day« , en Septembre sur Twitter les internautes pourront pendant une journée poser directement des questions aux conservateurs de musée participant à l’opération. Le lien du Museum de Toulouse avec Twitter se traduit sur le site par une partie dédiée à ce réseau dans la rubrique échanger. C’est par ailleurs, un des exemples les plus abouti d’intégration mais aussi d’interaction. On y voit non seulement le fil Twitter du musée, mais aussi celui des membres de Twitter à l’aide des twittes mentionnant le musée @museumtoulouse ou du hashtags lui étant consacré #musemt.

    www.museum.toulouse.fr

    Les innovations présentes sur les sites des pionniers, sont comme vous en vous douter bien plus nombreuses et chacune d’elles nécessiterait une analyse plus approfondie. Cependant, les notions de contenu partageable et celle d’intégration des médias sociaux semblent être la pierre de lance de ces sites et l’élément majeur des sites à venir. Alors que Facebook commence à être décrié, que l’essence même d’Internet est dans l’évolution, le site doit lui même reprendre les principes même du web 2.0. Et les notions de partage, d’échange prennent le statut de fondement pour les sites à venir.

    Ning chronique d’une mort annoncée ? Quand Internet reprend ses droits

    Dimanche 9 mai 2010

    Le 4 mars 2010, une nouvelle ébranlait le monde des réseaux sociaux, l’annonce par son directeur de l’arrêt de la gratuité du réseau Ning. Alors que de nombreux groupes de musée s’étaient fondés sur Ning et permettaient aux professionnels d’échanger leurs expériences, que certain musée avait créé leur propre réseau, la chute de ce réseau apparait comme un cas d’école dont il nous appartient de tirer les leçons.

    Le réseau Ning a vu le jour en 2005, son propos était de permettre à quiconque de créer son propre réseau social à l’image d’un Facebook personnel, alliant le blog et la notion de membre. La croissance de ce réseau fut exponentielle comme le démontrait les articles du site Mashable spécialisé dans les réseaux sociaux, en Mars 2009 un million de réseaux sociaux s’étaient créés sur cette plateforme. Cette même année son trafic augmentait de près de 300% par an et comptait 5.6 millions d’utilisateurs seulement aux État-Unis, encore en 2010 le nombre d’utilisateurs de Ning ne cessait d’augmenter, 20 millions par mois. Malgré tout le site opère à présent des coupes sombres dans son personnel et demande à tous ses utilisateurs une contribution monétaire. Sur le site Mashable, celui là même qui vantait les vertus de Ning pour trouver un emploi ou donner de nouvelles perspectives à sa carrière, les erreurs de Ning sont pointées et des alternatives sont proposées.

    Comme Mashable le dit très justement, les chiffres sur le papier étaient très beau et nous avons vu ce réseau au travers de lunettes roses. Or selon le nouveau directeur de Ning le service gratuit ne pouvait fonctionner et pour faire de Ning un grand succès il devait se porter exclusivement sur le service payant et travailler à son amélioration. L’annonce du directeur fut aussi relayée sur le Blog de Ning et donna lieu à plus de 600 commentaires tous déplorant cette décision. Parmi ces commentaires la plupart concerne des réseaux à caractère éducatif ou non commercial, tous pointant le fait que leur réseau n’était pas créé pour faire de l’argent bien au contraire. Certain de ces commentaires sont je l’avoue bien émouvant et de nombreux créateurs de réseau se voient dans l’obligation de fermer un réseau ou ils avaient porté tout leurs efforts, pour tous cette décision est bien cruelle. Au delà de la logique économique qui transparait dans le changement de ce réseau nous assistons peut être à la chronique d’une mort annoncée, car qui sait combien de réseaux vont fermer, même parmi ceux qui payaient déjà les services premium puisque ceux-ci se voient aussi doublés.

    Cependant ce cas d’école doit surtout nous servir de leçon. Un de ces commentaires nous le prouve bien et nous ramène aux principes même d’Internet qui parfois peut nous échapper, « l’incertitude est l’émotion la plus préjudiciable sur Internet ». Or dès sa création, après l’éclatement de la bulle Internet, et toujours maintenant l’Internet reste un environnement en perpétuel changement qui évolue sans cesse. D’autres commentaires le rappel en disant adieu à Ning et en se portant vers d’autres sites proposant les mêmes services. Car Internet c’est aussi ça, un service disparait d’autres se créent et apprennent de ses erreurs. Myspace puis Facebook se sont construits après la chute de Friendster. Quand la réflexion nous est faite que les réseaux sociaux vont peut être péricliter et que de fait les institutions ne peuvent se permettre de s’y investir, c’est le principe même de l’Internet qui est dénié.

    Entrer dans les réseaux sociaux, c’est aussi comprendre les données intrinsèques du Web : changement perpétuel, évolution, partage, diffusion, mais c’est avant tout rencontrer son public et dialoguer avec lui. Le site internet proprement dit reste le point d’encrage du musée sur la toile. Continuité virtuelle du musée, il se distingue par la richesse de son contenu qui se doit ensuite d’être partagé et diffusé hors du site sur les réseaux de toutes sortes. Les réseaux sociaux vont évoluer inévitablement c’est le propre d’Internet, mais leur fonction reste la même quel-qu’ils soient, ce sont des liens entre le public et le musée.

    Premiers pas sur Twitter

    Dimanche 2 mai 2010

    Je ne pouvais conclure le chapitre ouvert sur Twitter, sans évoquer un cas pratique venant de ma propre expérience au musée. Or depuis quelques temps se préparait l’entrée officielle du Musée national de la Marine sur Twitter. Sous le nom de @museemarine, la page du musée est donc née cette semaine. C’est pour moi l’occasion de partager avec vous les questionnements, les impressions qui accompagnent l’entrée sur un nouveau réseau pour un musée.

    Comme de nombreux musées en France, l’opération la nuit twitte lancée par Buzzeum à travers la nuit européenne des musées et les musées partenaires, le museum de toulouse, les abattoirs, le musées des beaux art de Lyon, le chateau de Versaille, a été l’élément déclencheur de notre entrée sur Twitter. Ce rassemblement des musées autour de Twitter est vu, pour la plupart comme un test vis à vis du musée et du public. Ce réseau n’étant pas aussi connu qu’à l’étranger, la question de l’entrée sur Twitter se pose encore en France. L’adoption d’un nouveau réseau pour un musée est quoiqu’il en soit problématique, elle soulève de nombreuses interrogations quant’ au public visé, à la présence souhaitée, au discours à adopter et au temps alloué ; les nouveaux réseaux sont en effet très souvent qualifiés de chronophage. Sur son blog museum marketing, Jim Richardson dénombre dix questions à se poser avant d’entrée sur un réseau, l’une des plus importantes au delà du public et du discours, est à mon sens le but fixé. En incitant les musées à tester Twitter, « la nuit Twitte » donne un nouveau sens à l’entrée sur Twitter pour les musées Français : le but étant ici de rejoindre un mouvement national, inédit, et de faire des musées les prescripteurs d’un nouveau réseau en faisant ainsi évoluer leur image.

    Après s’être posé les questions de l’entrée sur le réseau, il importe à présent de voir comment se construit la présence du musée. Bien que l’image sur Twitter ne soit pas un des éléments les plus notable, le choix de l’arrière plan et du logo est d’une grande importance pour un musée. Ceux-ci constituent l’identité du musée sur le réseau et doit permettre au public de reconnaitre le musée. Ainsi même si la photo de profil n’apparait qu’en vignette, elle identifie de manière claire les musées au sein des personnes que l’on suit, en représentant une vue du musée ou en reprenant le logo même du musée comme c’est le cas pour le Musée national de la Marine.

    twitt

    L’image du musée étant crée, il importe ensuite de savoir quel contenu doit-on y diffuser ? la présence dans un réseau social supposant une réelle participation. Twitter donne en fait vie au réseau plus encore que Facebook, il pourrait se résumer par un seul mot : le lien.

    • Lien avec le musées et ses diverses activités, conférences, concerts.
    • Lien avec le site internet, en informant sur les mises à jours, les nouveautés du site.
    • Lien entre les diverses présences du musée en dehors de son site Internet, en relayant les nouveaux contenus postés sur Flickr, ou You tube.
    • Lien vers un supplément d’information pour les expositions et les collections permanentes, avec des articles de presse, des blogs, des sites Internet.

    Au regard de ces quelques jours de présence sur Twitter, un aspect majeur de ce réseau apparait et révèle toute son importance pour les musées. Twitter permet au musée de s’inscrire dans une communauté d’intérêt non seulement avec un public en lien avec les nouvelles technologies mais aussi avec les autres musées. Quand lors de la conférence Museums and the web est affirmé le fait qu’être présent dans les réseaux ne signifie pas avoir une communauté, la participation réelle sur Twitter devient synonyme de communauté.

    Je conclurais ces quelques réflexions sur l’entrée sur Twitter en faisant appel à votre propre expérience de ce réseau. Quels ont été vos questionnements lors de votre entrée sur ce nouveau réseau ? quels conseils donneriez vous à une institution pour ses premiers pas sur Twitter ?

    Twitter et les musées plus qu’une présence une vraie relation

    Dimanche 25 avril 2010

    Après vous avoir fait part de mon expérience de conférence sur Twitter, la question de la relation des musées avec ce réseau se posait tout naturellement. Aujourd’hui, je souhaite donc revenir avec vous sur l’exploration du monde des musées sur Twitter, déjà entamée lors de mes précédents articles sur les créateurs. Comment les musées s’exposent sur ce réseau d’information ? Quel est l’accueil réservé au musée par ce réseau.

    Le réseau Twitter, s’est révélé au public au cours de cette année en damant le pion aux médias traditionnels sur certains sujets auxquels les médias n’avaient pu avoir accès pour des raisons pratiques ou politiques. Ce fut le cas, lors du tremblement de terre en Haïti, les seules liaisons restantes étant celles avec Internet et donc avec Twitter, ce fut aussi le cas avec l’Iran les premières photos étant parvenu grâce à Twitter. L’un des exemples qui a été repris dans toute la presse sur le phénomène Twitter, fut aussi donné par un évènement spectaculaire mais n’ayant occasionné aucune blessure : l’atterrissage sur la rivière Hudson. La photo fut en effet prise d’un téléphone portable aussitot twittée et reprise par la presse du monde entier. Le réseau Twitter permet en effet d’envoyé une information de manière instantanée dans les quatre coins de la planète, celle ci pouvant être écrite ou photographiée. Le principe étant d’écrire un texte qui ne fasse pas plus de 140 caractères, d’où la mention de micro blog.  De prime abord, Twitter serait donc un réseau plus en lien avec les médias qu’avec les musées ou la culture, cependant comme vous allez le voir l’implantation des musées y est réelle et il se forme à présent une vrai relation entre les musées et Twitter.

    Les musées dans un premier temps ont tardé à s’aventurer sur Twitter, si le réseau existe depuis 2006 son véritable essor pour le public et les musées date de 2009, année qui a d’ailleurs été intitulée l’année Twitter. En 2007, le musée de Brooklyn fait une première expérience sur le réseau en l’associant à un évènement en direct du musée, l’essai se révèle plus difficile que prévu comme le révèle le musée sur son blog et lors de la conférence Museums and the Web 2008. De nombreuses difficultés sont pointées alors par le musée, parmi elles la nécessité de produire un contenu qui ait du sens et un intérêt réel pour le public. Lors de l’évènement le musée fait part du programme de l’évènement, ce qu’il considère comme n’étant pas un contenu incitant le public à s’inscrire sur Twitter. Le musée conclu que pour se développer sur Twitter il doit s’impliquer d’avantage dans le contenu donné sur le réseau, en attendant, le réseau lui permet de faire un lien direct sur les mises à jour de son blog.

    La première expérience du Brooklyn est révélatrice des questions qui se posent pour un musée lors de l’entrée dans un nouveau réseau tel que Twitter. Ce réseau étant à la fois un réseau social qui compte des personnes qui vont suivre les publications et un réseau d’information proche du monde des médias, la présence du musée semble problématique. Cependant comme nous avons pu le voir déjà dans l’article sur les créateurs, les musées ont investi ce réseau, et celui ci se révèle être un médium de choix pour les musées.

    Concernant le contenu publié sur le réseau, il prend différentes formes : des informations concernant les expositions, les activités du musée, aux jeux mettant à contribution le membres du réseau. Le musée d’art moderne de San Francisco @sfmoma, pose des questions sur les collections via Twitter. Il utilise d’ailleurs la fonction sujet de Twitter qui permet de rassembler un certain nombre de twittes pour un moment donné en ajoutant le symbole #. Le 17 avril il pose la question « si vous étiez sur une île déserte et pouviez avoir seulement une oeuvre d’art laquelle prendriez vous ? » et crée le sujet #1WorkOfArt. Twitter permet aux musées de partager l’information de manière moins formelle, et plus encore que Facebook de personnaliser le musée. Dans la partie biographie qui se présente à droite du flux, il est devenu courant pour les musées de présenter la personne qui est derrière le compte. Pour le Sf Moma,c’est Ian Padgham qui invite le public à lui poser des questions mais aussi à le prévenir si il commet des erreurs.2474002d1e1c8b27469eb939167c493f

    Parmi les musées français, le Museum de toulouse utilise l’arrière plan de twitter pour présenter toute l’équipe qui oeuvre sur Twitter.

    2789e9533b53b0029018316d72e13201

    Si la présence des musées sur Twitter devient la norme, on observe aussi un mouvement inverse de Twitter vers les musées. Lors de son expérience sur Twitter, shelley bernstein remercie l’équipe de Twitter sur son blog qui a su l’épauler elle ajoute d’ailleurs « C’est vraiment fantastique de pouvoir parler à un fondateur ou un développeur de manière directe ». Au cours de cette année on a pu voir se multiplier des initiatives pour mettre en valeur les musées sur Twitter. Le premier février était inauguré le jour du musée sur Twitter  » Follow a museum day « , lancé par un des plus important bloggeur de musée Jim Richardson. Le sujet créé lors de l’opération #followamuseum est toujours alimenté et permet de découvrir chaque jour de nouveau musée sur Twitter. Dans cette mouvance on peut suivre aussi le sujet #museummonday qui permet de découvrir chaque lundi de nouveaux musées.

    La relation des musées avec Twitter va culminer en France le 15 mai lors de la nuit des musées. Si les exemples donnés précédemment ne mettait pas en jeu directement Twitter, un véritable partenariat s’est créé à l’initiative de la coordination de la nuit européenne des musées, dont la représentante a un blog et une société de conseil déjà reconnus pour leurs actions en faveur des musées et des médias sociaux, je veux parler bien sûr de Buzzeum. Ainsi pour de nombreux musées français cette opération est l’occasion d’entrer sur Twitter.

    Quelques mots sur cette opération pour finir cet article. La nuit Twitte est le fruit de la collaboration de quatre musées bien implantés dans les réseaux sociaux, le Museum de Toulouse, les Abattoirs, le Musée des Beaux arts de Lyon, le Château de Versailles, et de la coordination de la nuit européenne. Le but étant avant la nuit des musées de partager son programme et ses bons plans, pendant la nuit des musées de faire vivre sa nuit en direct sur Twitter. Pour plus d’informations et surtout pour suivre cette nuit je vous invite à aller sur le très bon blog de la nuit des musées, à suivre le sujet créé pour l’occasion #NDMTW et la page Nuit des musées sur Twitter.

    Par cette opération, le musée devient prescripteur et se propose de faire découvrir au public le réseau Twitter.  C’est donc une véritable relation qui se créé entre Twitter et les musées, qui permet ainsi au musée de faire un pas de plus dans la constitution et l’établissement d’un lien avec sa communauté.