Facebook usage et cas pratique : Page ou profil un faux problème

Avant d’aller vers des analyses plus poussées de nouveaux réseaux ou de conférences comme celles menées par le Smithsonian, je souhaite commencer aujourd’hui une nouvelle rubrique plus proche de l’étude de cas. Comme vous vous en doutez sûrement pour une passionnée de musées et de réseaux sociaux le rêve serait de travailler pour un musée dans un département multimédia, or c’est chose faite depuis maintenant un mois. A présent membre de la cellule multimédia du Musée National de la Marine, c’est pour moi l’occasion de partager certaines expériences ; sans être bien sur un blog sur les coulisses du musée.

Comment ne pas commencer cet échange par un réseau social qui me tient à coeur et qu’ en réalité, depuis la naissance de ce blog, je n’avais pas réellement approfondi : le réseau Facebook.

Son succès et sa popularité au sein des institutions culturelles n’est plus à démontrer, cependant certaines questions se posent encore quand on souhaite en faire un usage optimal pour son institution. Parmi celles ci : Faut-il créer un profil ou une page? Comment peut-on rendre sa page plus personnelle et attractive?

Dans le processus de création la question de la page ou du profil est une des plus problématiques. Dans l’absolu la page est à préconiser pour les institutions, elle n’est pas limitée en nombre de fan, ne demande pas une modération préalable pour accepter un fan ou contrôler ce qui apparaît sur son mur. Il est en effet possible de paramétrer la page pour qu’elle n’affiche que les contributions de l’administrateur de la page. Il faut cependant bien définir le but de son entrée dans le réseau Facebook, si le musée souhaite une plus grand interaction avec son public, ou offrir un regard plus proche des coulisses du musée, la création d’un profil apparait alors tout à fait indiquée. Car un profil peut poster des messages sur des groupes et entrer en contact direct avec un membre.

En réalité la question de la page ou du profil, se révèle être un faux problème, les deux s’avérant nécessaires et complémentaires. Au delà du souhait d’interagir avec le public et en attendant des modifications de la part de Facebook le profil reste indispensable pour donner vie à sa page. La création d’une page sans profil est possible, cependant elle est considérée comme n’ayant pas d’administrateur et il est donc impossible d’ajouter sur cette page des applications supplémentaires. Or pour rendre attractive une page et l’enrichir en contenu l’ajout d’applications s’impose. La page doit donc être reliée à un profil, et vice versa.

Avant de terminer cet article voici une application qui présente un intérêt réel pour les institutions : l’application FBML. Comme d’autres applications, elle permet l’ajout de code HTML dans un onglet qui  est alors totalement personnalisable. Ce qui la distingue des autres c’est la possibilité qu’elle donne aussi de changer le titre de l’onglet. Cette application est donc tout indiquée pour mettre en valeur des événements ou des expositions. C’est cette application que nous avons choisi pour mettre en avant notre événement, « Tous les bateaux du monde c’est », un concours de prose dont les cinq gagnants seront invités au vernissage de l’exposition parmi les VIP, comme vous pouvez le voir ci dessous.

Utilisation de l'applicationFBML

Pour une analyse plus approfondie de Facebook pour les musées je vous conseille la série d’article de Jim Richardson sur son blog Museum Marketing, Facebook for a museum.

Vidéos en direct, Ustream un réseau pour les musées?

Un des premiers point que je souhaitais approfondir après la conférence du Clic, concernait la vidéo et les services de streaming permettant de diffuser des évènements en direct. L’utilisation de la vidéo et des réseaux comme Youtube et de Daily motion par les musées est déjà bien acquise, les musées y créent leurs chaines et l’alimentent de toutes sortes de contenus, allant des coulisses de l’exposition aux interview d’artistes à des expositions virtuelles du musée. Parmi les réseaux de streaming j’ai souhaité analyser celui utilisé par le Smithsonian, Ustream.

Créé en 2006, Ustream se présente comme une plateforme de chaines de télévision à caractère communautaire, au delà de la présence de chaines bien connues comme CBS, toutes personnes en devenant membre du réseau peut enregistrer sa propre émission. Sur la page d’accueil  le site propose de télécharger un outil de création pour atteindre une qualité d’enregistrement professionnel. Tout comme Youtube sur la page d’accueil sont mises en valeur les vidéos les plus vues et de nombreux artistes y figurent. Créer son show apparaît alors très facile, il suffit de brancher sa caméra de taper le nom de notre émission puis de cliquer sur enregistrer et de donner au programme l’accès à la vidéo pour se retrouver en live sur Ustream.

L’intérêt de ce service réside dans les évolutions qu’il a su prendre en compte au long de son existence, intégrant chaque année des services nouveaux au plus près des réseaux sociaux. En 2009 au chat en direct est ajouté le social stream, un chat lié à Facebook, Twitter et Myspace. Alliant la chaine de télé au réseau social, le site propose une répartition par genre parmi ceux-ci est à noter une partie évènements donnant accès à des conférences en direct. Chaque émission a ensuite un page comme sur Youtube et donne la possibilité de partager la vidéo sur son blog ou son site. Comme vous pouvez le constater dans cette vidéo du Smitshonian, vue plus de 6500 fois.

Après ce panorama des fonctionnalités de ce service vous vous demandez surement quels sont ses intérêts pour les musées. Le Smithsonian utilise ce réseau depuis 2008. Il justifie son entrée dans ce réseau par sa mission d’accroître la connaissance et la diffusion du savoir, ce qu’il fait en donnant accès à ses conférences. Cependant à part le Smithsonian, la recherche par mot clef d’autres musées se révèle très peu fructueuse.

En réalité quand on compare ce service à Youtube, certains points s’avèrent quelque peu problématique pour les musées parmi eux :

  • l’absence de la recherche par chaine qui noie le musée dans un flot continue d’informations de toutes sortes,

Après avoir suivi l’inauguration du président Obama sur la page facebook de CNN et après avoir vécu une « experience social sans précédent » ; la page permettant de suivre la vidéo tout en échangeant avec des personnes du monde entier via les statuts et les commentaires, celle-ci fait un parallèle avec le monde des musées. Selon elle tout évènement ne peut avoir un aussi grand succès et quand les musées tentent de mettre en place une plateforme de commentaire sur un direct, son impact et son contenu est souvent déterminé par le peu de participant.

Prenant exemple sur CNN celle-ci donne plusieurs pistes pour les musées :

  • donner à l’évènement un caractère d’urgence, si il n’est pas diffusé en direct en faire un évènement en soit en alliant la diffusion à du chat en direct pour permettre au spectateur d’interagir,
  • prévenir son public et leur donner un espace pour réagir,
  • permettre aux personnes d’interagir avant tout avec leurs amis et les personnes qu’ils connaissent,
  • utiliser la plateforme la plus simple ne nécessitant pas d’enregistrement préalable ou de création de compte,
  • et enfin un conseil qui vaut en fait pour toutes forme de communication intégrer le plus de plateforme possible.

Bien que peu de musées soient visibles sur cette plateforme l’utilisation du direct par les musées peut être un moyen de donner accès aux évènements autres que l’exposition comme les conférences, les concerts et happening. Par sa facilité d’utilisation, l’importance de ses membres due à la présence de chaines de télévision, ses liens avec les réseaux, Ustream est peut être une plateforme à redécouvrir. Qu’en pensez vous?

Suite des rencontres Culture et Innovation(s)

Après une matinée consacrée au son et à l’image, l’après midi de la réunion des musées organisée par le CLIC s’est orientée vers les nouvelles pratiques et la question des médias sociaux. Comme dans mon article précédent, je ne ferais pas ici le compte rendu de la réunion mais ferais ressortir les points dont l’importance demande une étude plus approfondie.

Parmi ceux-ci l’intervention d’Aurélie Henry et son regard porté sur son année au Smithsonian, justement intitulée un musée sans musée. Les quelques chiffres donnés sur ce musée résument son importance et ses enjeux, 19 musées, 9 centres de recherche et 35 sites Internet en comptant ses nombreuses présences sur les médias sociaux. Très actif sur Twitter, à l’origine de nombreux sujets, le Smithsonian explore aussi de nouveaux réseaux comme le réseau U stream. Alliant la vidéo au commentaire en direct via Facebook et Twitter, Ustream s’apparente à une chaine de télévision où sont diffusés des programmes en direct.

Au delà de ce réseau qui appelle comme vous en vous en doutez surement une analyse approfondie, un autre sujet abordé lors de cette intervention sera lui aussi abordé plus longuement dans un prochain post : la conférence 2.0 organisée par le Smithsonian. Orchestré en 5 ateliers thématiques la conférence du Smithsonian a donné lieu à un rapport édité en 2009. Au delà de cette conférence, c’est la mission même du musée abordée lors de la réunion qui dessine le musée de demain : accroitre et diffuser le savoir. A présent l’important n’est pas la collection mais les histoires que racontent les objets qui sont dans cette collection.

L’étude de cas du Smithsonian fut suivie par un panorama des bonnes pratiques dans les médias sociaux, par Diane Drubay auteur d’un des tout premier blog sur la communication des musées: Buzzeum, à présent consultante et dont les conseils ne sont pas étrangers à la naissance de ce blog. Son travail au musée Henner illustre d’ailleurs son implication dans les médias sociaux et leur intérêt pour les musées. Dans ce panorama un point essentiel est à retenir, l’importance du dialogue. L’entrée dans les médias sociaux doit se faire en lien avec le réel et mener vers une véritable production du public. Selon Samuel Bausson webmaster du Museum de Toulouse un des musées les plus actifs dans les médias sociaux,  » il faut passer de la conservation à la conversation« . La création par le public peut d’ailleurs prendre différentes formes comme le souligne les exemples donnés par Diane : le témoignage vidéo comme c’est le cas pour le Mattress Factory Art museum et son programme MfI Confess, ou la photo avec l’un des concours Flick’r « Colour Chart » organisé par la Tate pour créer le poster de la nouvelle exposition.

Je terminerais cette immersion dans les rencontres nationales des musées, par l’exemple donné par l’association des musées de Bretagne Les Champs Libres et son exposition Boat People. Conçu comme un mini site viral, Boat People ne concerne pas simplement l’exposition mais tend à l’enrichir par une veille régulière sur le sujet, des liens vers la presse, des podcasts, des vidéos. Le rapport à la communauté se fait notamment par l’intermédiaire de la rubrique actualité qui mène vers un mur contributif alimenté par le biais du sujet #boatpeople sur Twitter. L’interêt de cet exemple est aussi dans sa création en interne sur un système de publication open source Spip et dans la réalisation d’un Widget permettant d’exporter l’exposition sur les blogs et sites Internet que vous pouvez voir ci- dessous.

Dans les posts à venir seront analysées les nouveaux réseaux et études de cas évoqués lors de cette réunion. En attendant pour un véritable compte rendu de cette réunion rendez vous sur Buzzeum.

Regard sur les premières Rencontres Nationales Culture et Innovation(s)

La première conférence organisée par le CLIC clôturait le Salon du Sime Sitem, dont j’ai pu vous faire part de mes coups de coeurs dans le post précédent. Comme vous aller le constater certains des thèmes abordés lors de cette réunion des musées illustrent les outils présentés lors du salon. Sans être un compte rendu de la conférence, je souhaite dans les posts suivants vous faire part des études de cas qui ont jalonné les interventions et qui appellent des analyses plus étendues.

En lien avec le phénomène de cette nouvelle année, la première intervention de la journée fut consacrée à la 3D et au logiciel créé par la société Faber Novel, 3D via Virtools. Plateforme de 3D en temps réel, expérience immersive, les exemples de réalisation vont du patrimoine bâti aux intérieurs de châteaux, parmi eux : Le grand Versaille numérique , son Orangerie, Kéops révélé visible à la Géode qui illustre une hypothèse de construction de la pyramide par une rampe d’accès, La découverte en 3D du pavillon de France à l’exposition universelle de Shangai qui sera lancé sur Internet en mai 2010 et sa visite virtuelle du musée d’Orsay en réalité augmentée.

Au delà de la visite en 3D furent abordées dans la suite de la matinée, les applications de la 3D pour les spécialistes avec les interventions d’ Yves Armel Martin du centre Erasme et celle de Livio de Luca du CNRS Map Gamsau. Ces études de cas abordent une utilisation scientifique de la  3D pour documenter et fournir des ressources, comme par exemple les restitutions d’hypothèses dans le cloître de l’abbaye de Saint Guilhem le désert ou l’analyse des transformations du bâti à Carcassone.

Dans l’esprit de partage des connaissances dans le domaines de la 3D, le laboratoire du CNRS MAP Gamsau, met à la disposition des chercheurs le site internet NUBES, visant à être une base de données des représentations en 3D. C’est une véritable plateforme web pour l’analyse, la documentation et le partage de la représentation numérique. Le but poursuivie est de permettre aux chercheurs de construire leur propre représentation et ainsi de mettre en place un vocabulaire de forme pour la conservation de ces nouvelles données.

La suite des interventions de la matinée portaient sur le son et la question notamment des audioguides. Au sein de la Cité de l’immigration le son est un objet muséologique à part entière, des points sonores permettant d’écouter témoignages d’immigrés et discours. Pour le futur centre des musiques noires de Salvador de Bahia le son est un élément majeur, le parcours devant se faire sur Smartphone et permettant en fin de visite de recevoir la playlist de son itinéraire.

La fin de la matinée donna l’occasion d’explorer l’avenir de l’audioguide par l’étude réalisée par Loic Talon fondateur de pocket proof en collaboration avec le réseau Learning Times. Selon lui, l’intérêt de l’audioguide réside pour les musées dans l’accompagnement du visiteur lors des trois temps de la visite, avant, pendant et après la visite, mais aussi dans la prise en main du contenu. Le terme audioguide est d’ailleurs remplacé dans les pays Anglo Saxons par celui de  » mobile interprétation » qui offre une vision plus libre de l’outil qui se modernise et donne non pas des itinéraires balisés mais des pistes aux visiteurs. L’auteur souligne par ailleurs que l’avenir de ces outils n’est pas forcément dans l’utilisation de Smartphone par le visiteur, le musée préférant fournir l’outil afin d’en contrôler la qualité, mais dans la mise à disposition du contenu sur le Web, faisant de cet outil celui du visiteur.

Si les interventions de la matinée portaient sur l’image, l’après midi donna l’occasion d’aborder les nouvelles pratiques des musées sur Internet et leurs implications dans les médias sociaux. Ce sujet étant comme vous le savez notre thème de prédilection il sera abordé dans notre prochain post. En attendant je vous invite à vous rendre sur la chaîne du Muséolab, laboratoire d’expérimentation muséographique, du centre Erasme sur Daily motion dont voici une des vidéos de présentation.

Au coeur du SIME SITEM : 3d, tablettes tactiles, réalité augmentée, les futurs équipements des lieux de la culture

Cette semaine fut riche en salon et en conférence tous portant sur le musée et son avenir. Du mardi 26 au jeudi 27 se tenait au Carrousel du Louvre le Sime Sitem, salon de la valorisation et de l’équipement des lieux de la culture. Ce vendredi 29 janvier le CLIC, CLub Innovation et Culture, réunissait les plus grands musées de France autour de l’avenir même du musée, lors de rencontres nationales. Un seul article ne pourrait suffire à vous rendre compte de toutes ces innovations et réflexions, cette semaine j’ai choisi de vous faire part des tendances et coup de coeur du Sime sitem.

Depuis quelques années les nouvelles technologies se font plus présentes dans le salon, face aux questions traditionnelles de muséographie, de vitrine et de sécurité des oeuvres. Cette Année le Sime sItem offrait un parfait écho au CES, avec trois tendances majeures en lien avec les attentes que nous avions pu voir dans le monde de la consommation : la montée en puissance d’Internet, les tablettes tactiles, la 3D.

L’importance d’internet pour les musées et les institutions culturelles se traduisait lors du salon dans la mise à disposition du contenu. Gestion de collections, création de site Internet, numérisation étaient au coeur des problématiques, la nouveauté étant personnifiée par l’apparition du flash code. En lien direct avec les nouveaux modes d’appropriation : utilisation du mobile, accès immédiat à l’information, le flash code apparait sous la forme d’un code barre placé près des oeuvres, relié à internet il est alors lu par le portable et donne accès aux visiteurs à toutes formes d’informations supplémentaires : sites du musée ou même présences du musées dans les médias sociaux.
Cette technologie était une des solutions produite par la société Pré Carré qui s’inscrivait par ailleurs dans la tendance marqué du salon par sa collaboration avec Microsoft et son utilisation de la tablette tactile Surface.

D’autres tablettes tactiles étaient présentées lors du salon, toutes permettant une utilisation différenciée : celle d’idealys entertainement présent pour la seconde fois au Salon offrait un usage unique avec une fonction dessin pouvant toucher un jeune public, celle d’Immersion misant sur un rendu tactile proche de l’Iphone permettant un usage collaboratif de la tablette pour une expérience conviviale du musée, celle de Mucho-media ajoutant à l’expérience conviviale l’apprentissage; la tablette étant utilisée dans le Parc Eana pour découvrir les richesses de la terre au moyen d’une carte du monde . Une des autres production de la société Immersion, un cube permettant d’appréhender les objets en 3D qui n’était pas présenté au salon mais que j’espère voir un jour dans les musées, nous amène à la troisième tendance du salon.

La 3d, faisait en effet l’objet de diverses applications toujours plus immersives. De la borne interactive permettant une visualisation des objets en 3D sans utilisation de lunettes avec la société AB prod , à la réalité augmentée proposée par Art graphique et Patrimoine en collaboration avec Axyz image.

Quelques mots pour finir cet article sur la réalité augmentée qui je l’avoue était l’application que j’attendais le plus. Au salon, elle se présentait sous la forme de rendu 3D nécessitant un outil portable et des symboles placés sur un mur nu, l’ordinateur traduisant sur l’écran les symboles en image 3D. Le résultat offrait une expérience immersive permettant de donner à un lieu dépourvu d’objets son aspect d’antan. Vous avez d’ailleurs peut être eu la chance de voir cette installation au château de Vincennes dont voici un aperçu en video.

Si vous aussi vous avez eu l’occasion d’aller au Sitem, n’hésitez pas à ajouter vos commentaires! je me suis permise en effet de vous donner aujourd’hui seulement mes coups de coeur!