Ning chronique d’une mort annoncée ? Quand Internet reprend ses droits

Le 4 mars 2010, une nouvelle ébranlait le monde des réseaux sociaux, l’annonce par son directeur de l’arrêt de la gratuité du réseau Ning. Alors que de nombreux groupes de musée s’étaient fondés sur Ning et permettaient aux professionnels d’échanger leurs expériences, que certain musée avait créé leur propre réseau, la chute de ce réseau apparait comme un cas d’école dont il nous appartient de tirer les leçons.

Le réseau Ning a vu le jour en 2005, son propos était de permettre à quiconque de créer son propre réseau social à l’image d’un Facebook personnel, alliant le blog et la notion de membre. La croissance de ce réseau fut exponentielle comme le démontrait les articles du site Mashable spécialisé dans les réseaux sociaux, en Mars 2009 un million de réseaux sociaux s’étaient créés sur cette plateforme. Cette même année son trafic augmentait de près de 300% par an et comptait 5.6 millions d’utilisateurs seulement aux État-Unis, encore en 2010 le nombre d’utilisateurs de Ning ne cessait d’augmenter, 20 millions par mois. Malgré tout le site opère à présent des coupes sombres dans son personnel et demande à tous ses utilisateurs une contribution monétaire. Sur le site Mashable, celui là même qui vantait les vertus de Ning pour trouver un emploi ou donner de nouvelles perspectives à sa carrière, les erreurs de Ning sont pointées et des alternatives sont proposées.

Comme Mashable le dit très justement, les chiffres sur le papier étaient très beau et nous avons vu ce réseau au travers de lunettes roses. Or selon le nouveau directeur de Ning le service gratuit ne pouvait fonctionner et pour faire de Ning un grand succès il devait se porter exclusivement sur le service payant et travailler à son amélioration. L’annonce du directeur fut aussi relayée sur le Blog de Ning et donna lieu à plus de 600 commentaires tous déplorant cette décision. Parmi ces commentaires la plupart concerne des réseaux à caractère éducatif ou non commercial, tous pointant le fait que leur réseau n’était pas créé pour faire de l’argent bien au contraire. Certain de ces commentaires sont je l’avoue bien émouvant et de nombreux créateurs de réseau se voient dans l’obligation de fermer un réseau ou ils avaient porté tout leurs efforts, pour tous cette décision est bien cruelle. Au delà de la logique économique qui transparait dans le changement de ce réseau nous assistons peut être à la chronique d’une mort annoncée, car qui sait combien de réseaux vont fermer, même parmi ceux qui payaient déjà les services premium puisque ceux-ci se voient aussi doublés.

Cependant ce cas d’école doit surtout nous servir de leçon. Un de ces commentaires nous le prouve bien et nous ramène aux principes même d’Internet qui parfois peut nous échapper, « l’incertitude est l’émotion la plus préjudiciable sur Internet ». Or dès sa création, après l’éclatement de la bulle Internet, et toujours maintenant l’Internet reste un environnement en perpétuel changement qui évolue sans cesse. D’autres commentaires le rappel en disant adieu à Ning et en se portant vers d’autres sites proposant les mêmes services. Car Internet c’est aussi ça, un service disparait d’autres se créent et apprennent de ses erreurs. Myspace puis Facebook se sont construits après la chute de Friendster. Quand la réflexion nous est faite que les réseaux sociaux vont peut être péricliter et que de fait les institutions ne peuvent se permettre de s’y investir, c’est le principe même de l’Internet qui est dénié.

Entrer dans les réseaux sociaux, c’est aussi comprendre les données intrinsèques du Web : changement perpétuel, évolution, partage, diffusion, mais c’est avant tout rencontrer son public et dialoguer avec lui. Le site internet proprement dit reste le point d’encrage du musée sur la toile. Continuité virtuelle du musée, il se distingue par la richesse de son contenu qui se doit ensuite d’être partagé et diffusé hors du site sur les réseaux de toutes sortes. Les réseaux sociaux vont évoluer inévitablement c’est le propre d’Internet, mais leur fonction reste la même quel-qu’ils soient, ce sont des liens entre le public et le musée.

Premiers pas sur Twitter

Je ne pouvais conclure le chapitre ouvert sur Twitter, sans évoquer un cas pratique venant de ma propre expérience au musée. Or depuis quelques temps se préparait l’entrée officielle du Musée national de la Marine sur Twitter. Sous le nom de @museemarine, la page du musée est donc née cette semaine. C’est pour moi l’occasion de partager avec vous les questionnements, les impressions qui accompagnent l’entrée sur un nouveau réseau pour un musée.

Comme de nombreux musées en France, l’opération la nuit twitte lancée par Buzzeum à travers la nuit européenne des musées et les musées partenaires, le museum de toulouse, les abattoirs, le musées des beaux art de Lyon, le chateau de Versaille, a été l’élément déclencheur de notre entrée sur Twitter. Ce rassemblement des musées autour de Twitter est vu, pour la plupart comme un test vis à vis du musée et du public. Ce réseau n’étant pas aussi connu qu’à l’étranger, la question de l’entrée sur Twitter se pose encore en France. L’adoption d’un nouveau réseau pour un musée est quoiqu’il en soit problématique, elle soulève de nombreuses interrogations quant’ au public visé, à la présence souhaitée, au discours à adopter et au temps alloué ; les nouveaux réseaux sont en effet très souvent qualifiés de chronophage. Sur son blog museum marketing, Jim Richardson dénombre dix questions à se poser avant d’entrée sur un réseau, l’une des plus importantes au delà du public et du discours, est à mon sens le but fixé. En incitant les musées à tester Twitter, « la nuit Twitte » donne un nouveau sens à l’entrée sur Twitter pour les musées Français : le but étant ici de rejoindre un mouvement national, inédit, et de faire des musées les prescripteurs d’un nouveau réseau en faisant ainsi évoluer leur image.

Après s’être posé les questions de l’entrée sur le réseau, il importe à présent de voir comment se construit la présence du musée. Bien que l’image sur Twitter ne soit pas un des éléments les plus notable, le choix de l’arrière plan et du logo est d’une grande importance pour un musée. Ceux-ci constituent l’identité du musée sur le réseau et doit permettre au public de reconnaitre le musée. Ainsi même si la photo de profil n’apparait qu’en vignette, elle identifie de manière claire les musées au sein des personnes que l’on suit, en représentant une vue du musée ou en reprenant le logo même du musée comme c’est le cas pour le Musée national de la Marine.

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L’image du musée étant crée, il importe ensuite de savoir quel contenu doit-on y diffuser ? la présence dans un réseau social supposant une réelle participation. Twitter donne en fait vie au réseau plus encore que Facebook, il pourrait se résumer par un seul mot : le lien.

  • Lien avec le musées et ses diverses activités, conférences, concerts.
  • Lien avec le site internet, en informant sur les mises à jours, les nouveautés du site.
  • Lien entre les diverses présences du musée en dehors de son site Internet, en relayant les nouveaux contenus postés sur Flickr, ou You tube.
  • Lien vers un supplément d’information pour les expositions et les collections permanentes, avec des articles de presse, des blogs, des sites Internet.

Au regard de ces quelques jours de présence sur Twitter, un aspect majeur de ce réseau apparait et révèle toute son importance pour les musées. Twitter permet au musée de s’inscrire dans une communauté d’intérêt non seulement avec un public en lien avec les nouvelles technologies mais aussi avec les autres musées. Quand lors de la conférence Museums and the web est affirmé le fait qu’être présent dans les réseaux ne signifie pas avoir une communauté, la participation réelle sur Twitter devient synonyme de communauté.

Je conclurais ces quelques réflexions sur l’entrée sur Twitter en faisant appel à votre propre expérience de ce réseau. Quels ont été vos questionnements lors de votre entrée sur ce nouveau réseau ? quels conseils donneriez vous à une institution pour ses premiers pas sur Twitter ?

Twitter et les musées plus qu’une présence une vraie relation

Après vous avoir fait part de mon expérience de conférence sur Twitter, la question de la relation des musées avec ce réseau se posait tout naturellement. Aujourd’hui, je souhaite donc revenir avec vous sur l’exploration du monde des musées sur Twitter, déjà entamée lors de mes précédents articles sur les créateurs. Comment les musées s’exposent sur ce réseau d’information ? Quel est l’accueil réservé au musée par ce réseau.

Le réseau Twitter, s’est révélé au public au cours de cette année en damant le pion aux médias traditionnels sur certains sujets auxquels les médias n’avaient pu avoir accès pour des raisons pratiques ou politiques. Ce fut le cas, lors du tremblement de terre en Haïti, les seules liaisons restantes étant celles avec Internet et donc avec Twitter, ce fut aussi le cas avec l’Iran les premières photos étant parvenu grâce à Twitter. L’un des exemples qui a été repris dans toute la presse sur le phénomène Twitter, fut aussi donné par un évènement spectaculaire mais n’ayant occasionné aucune blessure : l’atterrissage sur la rivière Hudson. La photo fut en effet prise d’un téléphone portable aussitot twittée et reprise par la presse du monde entier. Le réseau Twitter permet en effet d’envoyé une information de manière instantanée dans les quatre coins de la planète, celle ci pouvant être écrite ou photographiée. Le principe étant d’écrire un texte qui ne fasse pas plus de 140 caractères, d’où la mention de micro blog.  De prime abord, Twitter serait donc un réseau plus en lien avec les médias qu’avec les musées ou la culture, cependant comme vous allez le voir l’implantation des musées y est réelle et il se forme à présent une vrai relation entre les musées et Twitter.

Les musées dans un premier temps ont tardé à s’aventurer sur Twitter, si le réseau existe depuis 2006 son véritable essor pour le public et les musées date de 2009, année qui a d’ailleurs été intitulée l’année Twitter. En 2007, le musée de Brooklyn fait une première expérience sur le réseau en l’associant à un évènement en direct du musée, l’essai se révèle plus difficile que prévu comme le révèle le musée sur son blog et lors de la conférence Museums and the Web 2008. De nombreuses difficultés sont pointées alors par le musée, parmi elles la nécessité de produire un contenu qui ait du sens et un intérêt réel pour le public. Lors de l’évènement le musée fait part du programme de l’évènement, ce qu’il considère comme n’étant pas un contenu incitant le public à s’inscrire sur Twitter. Le musée conclu que pour se développer sur Twitter il doit s’impliquer d’avantage dans le contenu donné sur le réseau, en attendant, le réseau lui permet de faire un lien direct sur les mises à jour de son blog.

La première expérience du Brooklyn est révélatrice des questions qui se posent pour un musée lors de l’entrée dans un nouveau réseau tel que Twitter. Ce réseau étant à la fois un réseau social qui compte des personnes qui vont suivre les publications et un réseau d’information proche du monde des médias, la présence du musée semble problématique. Cependant comme nous avons pu le voir déjà dans l’article sur les créateurs, les musées ont investi ce réseau, et celui ci se révèle être un médium de choix pour les musées.

Concernant le contenu publié sur le réseau, il prend différentes formes : des informations concernant les expositions, les activités du musée, aux jeux mettant à contribution le membres du réseau. Le musée d’art moderne de San Francisco @sfmoma, pose des questions sur les collections via Twitter. Il utilise d’ailleurs la fonction sujet de Twitter qui permet de rassembler un certain nombre de twittes pour un moment donné en ajoutant le symbole #. Le 17 avril il pose la question « si vous étiez sur une île déserte et pouviez avoir seulement une oeuvre d’art laquelle prendriez vous ? » et crée le sujet #1WorkOfArt. Twitter permet aux musées de partager l’information de manière moins formelle, et plus encore que Facebook de personnaliser le musée. Dans la partie biographie qui se présente à droite du flux, il est devenu courant pour les musées de présenter la personne qui est derrière le compte. Pour le Sf Moma,c’est Ian Padgham qui invite le public à lui poser des questions mais aussi à le prévenir si il commet des erreurs.2474002d1e1c8b27469eb939167c493f

Parmi les musées français, le Museum de toulouse utilise l’arrière plan de twitter pour présenter toute l’équipe qui oeuvre sur Twitter.

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Si la présence des musées sur Twitter devient la norme, on observe aussi un mouvement inverse de Twitter vers les musées. Lors de son expérience sur Twitter, shelley bernstein remercie l’équipe de Twitter sur son blog qui a su l’épauler elle ajoute d’ailleurs « C’est vraiment fantastique de pouvoir parler à un fondateur ou un développeur de manière directe ». Au cours de cette année on a pu voir se multiplier des initiatives pour mettre en valeur les musées sur Twitter. Le premier février était inauguré le jour du musée sur Twitter  » Follow a museum day « , lancé par un des plus important bloggeur de musée Jim Richardson. Le sujet créé lors de l’opération #followamuseum est toujours alimenté et permet de découvrir chaque jour de nouveau musée sur Twitter. Dans cette mouvance on peut suivre aussi le sujet #museummonday qui permet de découvrir chaque lundi de nouveaux musées.

La relation des musées avec Twitter va culminer en France le 15 mai lors de la nuit des musées. Si les exemples donnés précédemment ne mettait pas en jeu directement Twitter, un véritable partenariat s’est créé à l’initiative de la coordination de la nuit européenne des musées, dont la représentante a un blog et une société de conseil déjà reconnus pour leurs actions en faveur des musées et des médias sociaux, je veux parler bien sûr de Buzzeum. Ainsi pour de nombreux musées français cette opération est l’occasion d’entrer sur Twitter.

Quelques mots sur cette opération pour finir cet article. La nuit Twitte est le fruit de la collaboration de quatre musées bien implantés dans les réseaux sociaux, le Museum de Toulouse, les Abattoirs, le Musée des Beaux arts de Lyon, le Château de Versailles, et de la coordination de la nuit européenne. Le but étant avant la nuit des musées de partager son programme et ses bons plans, pendant la nuit des musées de faire vivre sa nuit en direct sur Twitter. Pour plus d’informations et surtout pour suivre cette nuit je vous invite à aller sur le très bon blog de la nuit des musées, à suivre le sujet créé pour l’occasion #NDMTW et la page Nuit des musées sur Twitter.

Par cette opération, le musée devient prescripteur et se propose de faire découvrir au public le réseau Twitter.  C’est donc une véritable relation qui se créé entre Twitter et les musées, qui permet ainsi au musée de faire un pas de plus dans la constitution et l’établissement d’un lien avec sa communauté.

La conférence Museums and the Web comme si vous y étiez #mw2010

La semaine dernière je vous ai présenté la Conférence Museums and the Web et son importance pour les musées. Le samedi 17 avril se tenait le dernier jour de la conférence et les sessions dédiées aux médias sociaux. Si je compte analyser en détail les articles fait lors de cette conférence, j’ai voulu aujourd’hui vous faire partager mon expérience en tant qu’auditrice, si on peut employer ce terme, de la conférence via Twitter et le sujet #mw2010.

Comme vous le savez, Twitter est devenu depuis quelques temps un des médiums privilégié pour quiconque assiste à une conférence.  Parfois même, les sujets lancés dans les twittes se révèlent plus intéressants que la conférence elle -même. C’était la première fois que j’assistais en direct à des twittes venant de l’autre bout du monde, et je dois vous avouer que l’expérience vous plonge réellement au coeur de la conférence. L’immersion est totale et ce qui en ressort n’est autre que la quintessence des interventions.

Pendant l’heure et demi consacrée aux médias sociaux intitulée  » Médias sociaux : reconstruire l’éléphant » les twittes se sont donc succédés sans relâche tout comme les interventions, la session ayant d’ailleurs été rebaptisée « Social media circus ». Que retenir donc de cette session avant de se plonger dans les écrits ?

La prévalence des musées de science et d’histoire parmi les intervenants, qui est en fait une donnée assez récurrente lors des conférences Museums and the web et des avancées en matière de nouvelle technologie. Un des premiers musée a avoir créé son site Internet n’était autre que le musée de science de Londres. En France un des musées les plus innovant en matières de nouvelles technologies et de médias sociaux est un musées de science : le museum de toulouse.

De nombreuses phrases sont aussi à retenir et à méditer. Parmi elles, une des phrases les plus twittée lors de la conférence et qui résume bien la place des médias sociaux au sein du musée, « nous conspirons pour perpétrer le progrès ». Dans les multiples reprises les participants appuient ce constat en ajoutant « une grande partie du travail actuel est fait en dépit de l’organisation ».  D’ autres phrases à retenir portent sur la communauté et la question de la relation avec le public. Concernant les Commons sur Flickr c’est avant tout la relation qui est mise en avant « Les Commons sur Flick’r ne portent pas sur les images vues et les statistiques mais sur la question de développer des relations et des communautés ». Il est d’ailleurs rappelé qu’avoir « beaucoup de visiteurs ne signifie par nécessairement avoir une communauté ».

Des notions sont à approfondir, comme celles développées par la cellule nouveau média du musée national d’art américain, s’appuyant sur la sociologie :  » the whole person relationships », qui a pour but de dépasser les barrières entre expert et novice et de mettre en valeur une relation fondée sur la personne pour changer la relation du musée avec le public.

Des exemples cités sont à analyser et à revoir, vous pouvez d’ors et déjà les voir sur mon compte Delicious. Parmi eux Le site Nature plus du Musée de science de Londres est mis en avant pour la personnalisation du contenu et de la visite.

Des expérience sont à retenir, comme celle de Bletchley Park, un musée d’histoire qui combat pour sa sauvegarde sur Twitter, dont un de ses plus fervent soutien est apporté par la directrice du département d’informatique à l’université de Westminter, le Dr Sue Black. Ce sont d’ailleurs les personnes qui suivent le musée sur Twitter qui ont permis au Dr Sue Black de venir plaider la cause du musée lors de la conférence.

Je terminerais par ce dernier mot avant d’approfondir lors de prochains articles les notions et exemples donnés lors de la conférence :  « il n’y a pas de magie dans les médias sociaux ».

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Bonne pratique, exemples à suivre, fenêtre sur l’avenir : MUSEUMS AND THE WEB une conférence majeure

Le mois d’avril pour les musées est synonyme de conférence, cette année comme l’année dernière à la conférence historique Museums and the web s’ajoute la conférence museum next fruit de deux bloggeurs influents Jim Richardson de Museum marketing et Nina Simon de Museum 2.0. Cette conférence se tiendra le 30 avril prochain et fera l’objet comme vous vous en doutez de mon premier article du mois de mai. Cette semaine, je souhaite me pencher avec vous sur la conférence Museums and the web qui à lieu du 13 avril au 17 avril et voir ainsi les tendances et les interventions qui seront à suivre au cours de cette semaine.

Quelques mots sur cette conférence que j’ai qualifiée d’historique. Son ancêtre voit le jour en 1991 avant qu’Internet ne se révèle au grand public. Intitulée dans un premier temps Ichim, elle est créée par le chercheur David Bearman qui étudie la création de normes standards pour échanger les données numériques entre les musées. Elle concerne alors l »hypermédia et l’interactivité comme le révèle son intitulé : « Conférence international sur l’hypermédia et l’interactivité dans le musée ». Au cours de la décennie 90 elle se tiendra alternativement en Amérique et en Europe. Prenant un caractère plus patrimonial l’intitulé de la conférence change en 1999, elle devient alors « Conférence internationale sur le patrimoine culturel informatique ». Ce développement nouveau, accompagne la naissance de la conférence Museums and the web. Elle est crée par David Bearman en collaboration avec Jennifer Trant, elle aussi spécialisée dans le traitement des données électroniques dans le domaine de l’art. Notre conférence est donc née s’attachant au multimédia et à l’essor d’internet. Je dois vous avouer que sans elle le blog n’existerait pas, source principale de mes recherches, elle m’a fait découvrir le potentiel d’Internet pour les musées et fait deviner l’importance qu’allait prendre les médias sociaux dès les années 2008.

Après ce bref historique, examinons de plus près cette conférence et ce que nous réserve ce nouvel opus. Dès sa création la conférence Museums and the Web se présente comme un des éléments les plus important de l’association créée par David Bearman pour rassembler les musées autour de la question du multimédia, Archive and museum informatic. C’est sur le site de l’association que sont publiés les articles et les liens vers les sites créés pour chaque conférence. Au fil des années l’association devient une véritable communauté puis une plateforme d’échange faisant la part belle aux médias sociaux.

Cette année sur le site de la conférence, un onglet communauté en ligne répertorie les multiples présences sur les médias sociaux. Ainsi sur Twitter on peut suivre @museweb, mais il aussi été crée une liste de tous les participants à la conférence et des sujets spéciaux #museweb et #mw2010 pour nous faire vivre en direct la conférence. D’autres réseaux sont bien sur mis à contribution, Delicious avec le tag museweb, flickr, linkedin avec un groupe dédié à la conférence, Facebook avec le groupe museums and the web ou encore slideshare ou nous pourrons avoir accès aux présentations des membres.

Que nous réserve donc ce cru 2010 ? Nous avons bien sûr des sujets traditionnels, autour de trois thèmes principaux, les collections, la communauté, la collaboration. Cependant la collection est à présent liée aux questions du tag, et l’on parle à présent de « web collection ». La communauté et la collaboration sont à la fois abordés de manière conventionnelle avec le public in situ et entre musée, mais c’est aussi comme vous pouvez vous en douter des thèmes faisant intervenir les médias sociaux. Cette années comme c’est le cas depuis quelques temps, les médias sociaux sont au coeur des interventions, ils ouvrent la deuxième journée des conférences le samedi 17 avril et feront l’objet de toute mon attention.
D’ors est déjà à la lecture des intitulés se dessine un pas supplémentaire dans la pensée sur les médias. Il n’est plus question de s’interroger sur leur bienfait comme c’était le cas l’année dernière, mais bien de voir leur impact sur la profession elle même. La conférence s’achèvera d’ailleurs sur les stratégies de reconstruction du musée et la place centrale que prend le web dans ces réflexions.

La semaine prochaine sera donc consacrée à la conférence Museums and the Web et aux médias sociaux, d’ici là je vous invite à lire les nombreux articles de la conférence  qui sont déjà en ligne sur le site et à suivre les débats sur Twitter.

Voici un avant gout avec les mots clefs de la conférence de l’année dernière.