Vidéos en direct, Ustream un réseau pour les musées?

Un des premiers point que je souhaitais approfondir après la conférence du Clic, concernait la vidéo et les services de streaming permettant de diffuser des évènements en direct. L’utilisation de la vidéo et des réseaux comme Youtube et de Daily motion par les musées est déjà bien acquise, les musées y créent leurs chaines et l’alimentent de toutes sortes de contenus, allant des coulisses de l’exposition aux interview d’artistes à des expositions virtuelles du musée. Parmi les réseaux de streaming j’ai souhaité analyser celui utilisé par le Smithsonian, Ustream.

Créé en 2006, Ustream se présente comme une plateforme de chaines de télévision à caractère communautaire, au delà de la présence de chaines bien connues comme CBS, toutes personnes en devenant membre du réseau peut enregistrer sa propre émission. Sur la page d’accueil  le site propose de télécharger un outil de création pour atteindre une qualité d’enregistrement professionnel. Tout comme Youtube sur la page d’accueil sont mises en valeur les vidéos les plus vues et de nombreux artistes y figurent. Créer son show apparaît alors très facile, il suffit de brancher sa caméra de taper le nom de notre émission puis de cliquer sur enregistrer et de donner au programme l’accès à la vidéo pour se retrouver en live sur Ustream.

L’intérêt de ce service réside dans les évolutions qu’il a su prendre en compte au long de son existence, intégrant chaque année des services nouveaux au plus près des réseaux sociaux. En 2009 au chat en direct est ajouté le social stream, un chat lié à Facebook, Twitter et Myspace. Alliant la chaine de télé au réseau social, le site propose une répartition par genre parmi ceux-ci est à noter une partie évènements donnant accès à des conférences en direct. Chaque émission a ensuite un page comme sur Youtube et donne la possibilité de partager la vidéo sur son blog ou son site. Comme vous pouvez le constater dans cette vidéo du Smitshonian, vue plus de 6500 fois.

Après ce panorama des fonctionnalités de ce service vous vous demandez surement quels sont ses intérêts pour les musées. Le Smithsonian utilise ce réseau depuis 2008. Il justifie son entrée dans ce réseau par sa mission d’accroître la connaissance et la diffusion du savoir, ce qu’il fait en donnant accès à ses conférences. Cependant à part le Smithsonian, la recherche par mot clef d’autres musées se révèle très peu fructueuse.

En réalité quand on compare ce service à Youtube, certains points s’avèrent quelque peu problématique pour les musées parmi eux :

  • l’absence de la recherche par chaine qui noie le musée dans un flot continue d’informations de toutes sortes,

Après avoir suivi l’inauguration du président Obama sur la page facebook de CNN et après avoir vécu une « experience social sans précédent » ; la page permettant de suivre la vidéo tout en échangeant avec des personnes du monde entier via les statuts et les commentaires, celle-ci fait un parallèle avec le monde des musées. Selon elle tout évènement ne peut avoir un aussi grand succès et quand les musées tentent de mettre en place une plateforme de commentaire sur un direct, son impact et son contenu est souvent déterminé par le peu de participant.

Prenant exemple sur CNN celle-ci donne plusieurs pistes pour les musées :

  • donner à l’évènement un caractère d’urgence, si il n’est pas diffusé en direct en faire un évènement en soit en alliant la diffusion à du chat en direct pour permettre au spectateur d’interagir,
  • prévenir son public et leur donner un espace pour réagir,
  • permettre aux personnes d’interagir avant tout avec leurs amis et les personnes qu’ils connaissent,
  • utiliser la plateforme la plus simple ne nécessitant pas d’enregistrement préalable ou de création de compte,
  • et enfin un conseil qui vaut en fait pour toutes forme de communication intégrer le plus de plateforme possible.

Bien que peu de musées soient visibles sur cette plateforme l’utilisation du direct par les musées peut être un moyen de donner accès aux évènements autres que l’exposition comme les conférences, les concerts et happening. Par sa facilité d’utilisation, l’importance de ses membres due à la présence de chaines de télévision, ses liens avec les réseaux, Ustream est peut être une plateforme à redécouvrir. Qu’en pensez vous?

Au delà des réseaux, l’Histoire par l’image.
Quand l’histoire rencontre l’histoire de l’art

Avec les bases de données, j’inaugurais une thématique se voulant éloignée des médias sociaux proprement dit mais en lien avec leurs principes directeurs. Comme vous avez pu le constater, de nombreux sites éloignés ou non du Web 2.0 gagnent  à être étudiés et analysés. C’est le cas des sites culturels privilégiant la richesse du contenu à l’ouverture sur les réseaux. Je vous propose donc une nouvelle série, après la catégorie Focus, voici la catégorie « Au delà des réseaux ». Chaque mois, seront mis en valeur ces sites évoluant autour des musées et de la culture, faisant le lien entre les arts : ceux qui donnent accès aux ressources et les mettent en valeurs, ceux qui vont au delà de l’appropriation de l’oeuvre en initiant les visiteurs à l’histoire de l’art. Nous nous attacherons bien sûr à voir en quoi ces sites partagent les principes du Web 2,0 et ce que pourrait leur apporter les médias sociaux.

Pour ce deuxième volet, j’ai souhaité poursuivre sur le thème de la coopération des institutions culturelles en vous présentant le site, l’Histoire par l’image. Fruit de la collaboration entre la Direction des musées de France, la Réunion des Musées Nationaux, la Direction des Archives de France et le monde éducatif, ce site fait un lien direct entre l’histoire et l’histoire de l’art. Ainsi les musées donnent accès à leur fond et à leur savoir, de nombreux conservateurs faisant partie des auteurs du site parmi les professeurs d’université, de collège et les doctorants.

Né en 2001, réactualisé en 2008, c’est avant tout un site à vocation éducative. C’est ce qu’il prône dans sa page d’accueil, se disant dédié aux professeurs et aux élèves du secondaire, la période étudié de 1789 à 1939 étant directement en lien avec le programme du secondaire. Cependant, par la richesse et la variété des thèmes abordés il s’adresse à tous les visiteurs et incite autant à la recherche de contenu qu’à l’exploration.

Son but, faire découvrir l’histoire autrement, par l’intermédiaire des œuvres d’art et des documents iconographiques. Les œuvres ici ne sont pas une illustration du fait historique mais en sont l’essence même.

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L’incitation à la découverte se fait dés la page d’accueil qui s’ouvre sur les nouveaux thèmes du mois : en Novembre ce sont Degas et ses danseuses et la suite d’une thématique sur la France et le vin. Sur la partie gauche apparait l’animation du mois relayée en bas de page par un accès à toutes les animations. On trouve ensuite différents dossiers, tel qu’un hors série franco-allemand : contribution du site à l’actualité, réalisé avec le concours des universités allemandes dans le cadre de l’année européenne du dialogue interculturel. Le dossier du mois est pour sa part consacré à l’esclavage.

La suite de la page présente sous forme d’image les différents modes de recherche : recherche thématique, chronologique, par index sous forme de mot clés et la recherche avancée. En toute fin de page, la rubrique « ce jour là » illustre le jour de la consultation par une image et une thématique incitant, ici aussi, à la découverte du site.

En réalité bien que le site soit avant tout un site d’histoire, les thématiques abordées se révèlent plus vastes que ce que le titre du site pouvait faire penser et vise donc un public plus large. Les questions d’économies, de sociétés, de loisirs, de vies artistiques y sont abordées au même titre que les régimes ou les institutions. Le choix des médiums est lui aussi assez vaste et comprend autant d’œuvre d’art, que d’objet,de photo ou de gravure.

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Chaque étude suit un plan unique, elle se compose de l’analyse du contexte historique, de l’image et de l’interprétation de celle-ci. C’est en réalité, une analyse d’historien de l’art qui est renforcée par la présence d’étude comparative regroupant deux voire quatre œuvres. L’importance de cette analyse, se matérialise dans les animations qui proposent l’analyse plastique et iconographique de l’œuvre, par l’étude de la composition du tableau, des différents personnages au moyen de jeu d’ombre et de lumière, de zoom et de ligne géométrique.

Site d’histoire, ce n’est pas moins en effet un site d’histoire de l’art et l’analyse de l’historien de l’art s’accompagne d’une volonté marquée de mettre en valeur les images. Chaque œuvre peut être explorée en plein écran par l’outil de zoom, par ailleurs pour chaque thème le site propose l’accès à une galerie d’image réalisée avec le logiciel Cooliris.

cooliris

L’analyse du site fait surgir un autre de ses aspects majeurs, sa volonté d’aller vers le visiteur. La présence d’un forum lui donne la parole, tandis qu’un espace personnel lui permet de créer des albums et ainsi de sauvegarder son travail de recherche.

Face à la richesse des analyses, qu’en est-il des rapports de ce site avec le Web 2.0 et ses principes de collaboration, de partage, de participation.

La collaboration est au cœur même du site, cependant elle se limite aux contributions déjà présentent sur le site. Dans « le sacre de Napoléon une œuvre clè », l’œuvre qui a inspiré le tableau Le couronnement de Marie de Médicis de Rubens est cité mais aucun lien n’est fait vers l’œuvre aux musées du Louvre présente dans la base de données des oeuvres, seul apparait un lien vers la page d’accueil du site web.

Le partage, est avant tout un partage d’information qui est renforcé ici par des outil du web 2.0. Un flux RSS sur les nouvelles publications permet aux visiteurs d’être informés des mises à jour sans aller sur le site. La création d’un widget, application dédiée au site, donne la possibilité d’ ajouter sur sa page personnel Igoogle ou Netvibes un lien direct sur le site.

widget

La Participation, quant à elle est présente dans le forum et le livre d’or mais elle n’apparaît pas au cœur même du site. Le forum, dans les premiers temps de sa création, est bien un lieu de discussion entre les internautes et les contributeurs du site, cependant il change peu à peu de destination et en 2009 les derniers messages s’apparentent à de réelles contributions de la part des internautes.

Si les principes du Web 2.0 sont comme nous pouvons le voir appliqués sur le site, il manque la présence dans les médias sociaux. Or, tout incite à entrer dans les réseaux, la nouvelle forme de participation des visiteurs, le principe de collaboration entre les institutions, la présence d’outils du web 2.0.

Ainsi, la contribution des institutions serait mise en valeurs par des liens ciblés sur les différentes pages de leurs sites et plus seulement sur leurs pages d’accueils. Les informations seraient diffusées plus largement. Et plus important encore, elle permettrait de répondre aux attentes des visiteurs et à leur volonté affichée de participer au contenu même du site.

La présence dans les médias sociaux donnerait ainsi une nouvelle dimension au site sans apporter de modifications, du visiteur chercheur de contenu au visiteur acteur du contenu, de la collaboration des institutions à la matérialisation d’un réseau culturel.