Réseaux sociaux entre éloge et critique, vers une nouvelle approche ?

Alors que la légende Facebook se construit peu à peu, que les médias bruissent de nouveaux griefs à l’encontre des réseaux sociaux, la question de Facebook et plus généralement des médias sociaux incite à de nouvelles analyses déjà à l’œuvre dans les nombreux blog que nous suivons. Samuel Bausson du museum de toulouse, s’interroge sur la place des musées sur Facebook dans son blog Mixeum.  Diane Drubay sur Buzzeum, reprend au travers d’une conférence la question de l‘identité sur Facebook, et donne dans un autre article un exemple à suivre  d’utilisation de Facebook par le Guggenheim pour une chasse au trésor. Alors faut-il diaboliser les réseaux ou les encenser ? Et si ces interrogations révélaient en fait une nouvelle phase de la présence des musées dans les réseaux sociaux. Nous nous attacherons dans un premier temps à analyser Facebook mais aussi Twitter et les contraintes qu’ils imposent aux institutions.

Examinons le cas de Facebook. Il y a quelques temps je vous avais fait part de la création des pages communautaires partie immergé de l’iceberg dont la partie visible était l’évolution des informations sur les profils. Chaque information confirmée donnant lieu à un lien sur la page communautaire correspondante, si vous étiez fan d’un film quelconque et que vous l’aviez mis sur votre profil vous pouviez être sûr de retrouver votre visage parmi les fans de ce film sur sa page communautaire.

Ces changements faits en quelque sorte à notre insu n’étaient pas prêt de s’arrêter bien au contraire. Ainsi la création d’évènements subissait aussi une refonte, les listes d’amis et autre fonction propre à Facebook. Les pages elles-mêmes  furent elles aussi victimes pendant un temps de modification dont les préjudices obligèrent Facebook à faire machine arrière. En effet il était possible à tous les créateurs de page quel que soit son nombre de fan, de choisir la page qui apparaitrait lors de la recherche google, donnant ainsi la possiblité d’avoir sur Facebook une véritable page d’accueil.

page_accueil_facebook

Certaine entreprise proposant d’ailleurs de créer cette présence. Or pendant quelque temps cette option fut limitée aux pages ayant un certain nombre de fan et étant ainsi considérées comme officielles. Empêchant ainsi les pages nouvellement créées de profiter de cette mise en valeur certaine sur le réseau. Face au critique l’option fut ré-ouverte à toutes pages. Depuis peu une autre mesure a vue le jour, bien qu’elle ait été cette fois-ci annoncée par le site son préjudice reste certain. Elle touche cette fois ci aussi bien les pages que les profils et les informations qui pouvaient être visible sous forme de boite sur le côté gauche.

facebook_page

Toute application n’ayant pas été créée par Facebook a été supprimée et reléguée vers un obscur onglet « Favorit » si le membre à penser à faire le transfert. Cette évolution touche d’ailleurs plus directement un des musées pionnier des réseaux, le Brooklyn museum. Il avait accompagné son entrée dans le réseau par la création d’une application permettant à tout membre d’afficher les œuvres de ses musées préférés sur son profil, Artshare. Or cette affichage prenait tout son sens sur ce fameux côté gauche du profil. Les nombreuses modifications faites parfois sans prévenir les membres semblent marquer les limites d’une présence sur les réseaux. En effet bien que Facebook soit une plateforme public, il ne reste pas moins une entreprise privé faisant subir à ces membres ses règles du jeu.

Quelques mots à présent sur Twitter, si le réseau semble bénéficier d’une meilleure aura que Facebook de récentes expériences ont mises à jour ses failles. Je veux bien sûr parler de l’opération Ask the curator que vous avez surement comme moi suivi ou à laquelle vous avez participé. Or je dois vous avouer que le piratage du compte rendait presque impossible le suivi de l’opération. Cette attaque relatée dans le blog Museum Marketing de Jim Richardson à l’origine de l’opération, le porte d’ailleurs à dire qu’il ne réutiliserait pas Twitter s’il venait à réitérer l’opération.

Ces failles qui affleurent dans les réseaux permettent en réalité aux institutions de se repositionner et surtout de prendre du recul face à leur présence dans les réseaux. Ce que nous rappelle les questionnements qui sont apparus sur la présence du musée dans les réseaux. C’est avant tout le caractère fondamental de ces réseaux inhérent à Internet, des réseaux en perpétuelle évolution, qu’il importe de connaître et même de surveiller. La présence des institutions doit y être réfléchie et vigilante.

Le tableau que nous dressons des réseaux jusqu’à présent dans cet article et quelque peu pessimiste.  Il importe à présent de le nuancer, et de rappeler l’importance de ces mêmes réseaux sociaux que nous mettons en cause. En réalité ce ne sont pas les réseaux eux même qu’il faut examiner puisque ceux-ci révéleront inévitablement des failles plus ou moins importantes. Mais bien les fondements inhérents à ces réseaux, les concepts qu’ils ont mis au jour : la participation, le dialogue, la contribution.

Si comme le rappel Samuel Bausson, les musées sont eux même des réseaux sociaux, la notion de participation du public, de contribution est un des fondements des médias sociaux. Dans son musée participatif, Nina simon pointe que la présence des institutions sur les réseaux n’est qu’un premier pas vers la participation dans le musée réel. Comme nous avons pu le dire en préambule, le musée entre dans une nouvelle phase dans sa relation au réseau, une phase plus consciente. Le réseau peut à présent s’effacer pour laisser place au concept qu’il a mis au jour. Par les réseaux le public est devenu un public en attente de participation, d’échanges qui doivent quitter le champs du virtuel pour rejoindre le réel.

Il n’en faut pas pour autant quitter les réseaux ou les diaboliser mais plutôt les comprendre, en connaitre les règles du jeu et rester vigilant. Car ce sont aussi les institutions qui ont contribué à changer la destination de ces réseaux, la recherche de contenu primant sur la constitution du réseau, comme le rappelait il y a un an une étude Nielsen reprise dans ce blog.  Et ces mêmes institutions continuent à faire évoluer le web,  comme nous le verrons dans notre prochain article.

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