Pistes de lecture pour l’avenir des musées

Pour ce premier article de fond, je souhaitais vous faire partager une des lectures qui m’a tenue en haleine tout l’été. Certain d’entre vous l’auront deviné, puisque je n’ai pu résister à en partager quelques phrases sur Twitter et Tumblr, ce livre n’est autre que «  The participatory museum » de Nina Simon. Je ne vous ferais pas, même si la tentation est grande, une synthèse de tout l’ouvrage, mais en détacherais les points essentiels et vous inciterais vivement à le lire dans son intégralité ;  les exemples et les études de cas que vous y trouverez formant autant de piste pour les musées et institutions culturelles futures.

Je ne vais pas non plus vous présenter en détail son auteur, que j’ai souvent eu l’occasion de citer dans ce blog et que vous connaissez déjà très bien. Ayant travaillé pour de nombreux musées, Nina Simon et aussi et surtout l’auteur du blog, Museum2.0 une source inépuisable pour les musées. Entrons donc sans plus tarder dans le vif du sujet : le musée participatif.

L’essor du Web 2.0 fait entrer la question de la participation, du dialogue, dans le quotidien. Les réseaux sont omniprésents et incitent à de nouveaux comportements. La présence des musées dans ces mêmes réseaux les ajoutent à l’équation, comment faire face à un public en attente de dialogue dans les murs même du musée ?

Tout le propos et le but du musée participatif est là : faire évoluer le musée de l’échange sur la toile à l’échange in-situ.  Le musée sur la toile n’est qu’une première étape, la participation elle-même comprend plusieurs stades qui sont selon Nina Simon, évolutif et

« dépendent de la valeur et du comportement que l’institution souhaite promouvoir ».

Elle répertorie ainsi cinq étapes, qui vont de l’accès au contenu, à l’affirmation de l’institution comme lieu social. Ainsi le visiteur consomme le contenu, interagit ensuite avec lui, voit ces actions être agrégées dans un réseau, ces mêmes actions le font par la suite interagir avec d’autre visiteur et avec le personnel du musée, pour qu’enfin l’institution devienne un lieu d’échange et de rencontre enrichissante.

La relation au contenu est donc à la base de toute participation, elle entre d’ailleurs dans la définition même d’une institution participative :

« où les visiteurs peuvent créer, partager, échanger ensemble autour du contenu. »

Un des points essentiel du livre réside dans les clefs données pour analyser la participation et ainsi mieux la comprendre et la rendre effective. Les principes majeurs portent sur l’institution et le regard qu’elle porte à son public.

Elle doit avant tout, le respecter et lui faire confiance. Si un musée décide de s’adresser à son public en lui posant des questions, il doit vouloir entendre sa réponse et ne pas préjuger de ses compétences. Si le public est incité à contribuer il doit voir de manière prompte le fruit de ses efforts. Le respect de la participation passe par le dialogue constant de l’institution avec les membres.

Un autre point majeur réside dans les buts de la participation, celle-ci doit servir l’institution et entrer dans sa mission. Ce qui est demandé au participant n’est pas vain, il peut s’agir d’apporter de nouvelles voix à l’institution, de créer de nouvelles formes d’exposition… Ce qui est réalisé par la participation ne peut être fait par l’institution elle-même et demande cet apport extérieur.

Cette ouverture de l’institution ne se fait cependant pas de manière chaotique et démesurée, ce que nous apprend aussi la lecture de Nina Simon c’est l’importance de l’encadrement. Le musée se doit de faciliter l’échange en guidant l’expérience. Plus les instructions seront claires, mieux elles seront suivies et afficheront tout l’intérêt que porte le musée à cette participation.

C’est donc bien un nouveau musée qui se dessine dans le musée participatif. L’évolution que laisse entrevoir la participation dans les réseaux sociaux, n’en est en faite que les prémisses. Bien au-delà du dialogue, ce sont les personnes que nous invite à prendre en considération Nina Simon : personne du visiteur, producteur, acteur, qui collabore avec le musée, personnes qui sont derrière l’entité musée, qui travaillent au plus près des visiteurs, ou à la tête de celui-ci. L’évolution du musée se traduit par le changement des rapports entre ces deux entités, de la contribution à la co-création, progrès qui passe avant tout par le respect et la confiance.

Comme vous pouvez vous en douter, ces quelques points ne sont que des pistes de lecture et je ne saurais que trop vous dire de vous plonger vous aussi dans cette lecture et dans les discussions qui l’accompagnent. Je reviendrais dans mon prochain article sur un de mes sujets de prédilection : les réseaux sociaux sur Internet et les questions qu’ils posent à nouveau.

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4 réponses sur “Pistes de lecture pour l’avenir des musées”

  1. Bonjour, je voudrais juste signaler mon mémoire sur le « Museum 2.0: la construction de la participation sociale » disponible en ligne sur le site de l’Observatoire Critique… Le blog de Nina Simon est vraiment une excellente source d’inspiration pour les musées!

  2. Bonjour,
    merci pour votre conseil, mais ce blog est avant tout un blog de recherche qui donne une grande place à l’écrit. Je limite à dessein les images à l’illustration des technologies et préfère de ce point de vue utiliser quand c’est possible la vidéo pour donner corps aux technologies et usages mise en lumière dans le blog.

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