Les médias sociaux face aux médias traditionnels la blogosphère nouveau terrain de pensée

Dans l’article précédent vous avez pu voir les origines du terme médias sociaux et ses premières apparitions, dans les années 2004. Dés sa naissance son rapport au média traditionnel fait l’objet de discussions, il apparait alors un véritable discours dont les principaux acteurs ne sont autre que les blogueurs eux même. Formant l’intelligence collective selon James Surowiecki, ils deviennent les nouveaux penseurs des médias.

Brian Solis auteur du blog PR2.0, co-fondateur du Social media club, figure parmi les acteurs principaux de la pensée sur les médias sociaux et leurs rapports aux médias traditionnels. La définition qu’il en donne sur le site Webpronews auquel il contribue régulièrement, est celle que l’on peut voir sur Wikipedia, d’ailleurs il en est en partie l’auteur. Avant d’entrer dans les discussions qu’ont entrainé ce terme en 2007, il importe de connaître cette définition. Selon Brian Solis, le terme médias sociaux décrit :  les outils en ligne que les personnes utilisent pour partager du contenu, des profils, des opinions, des points de vue, des expériences, des perspectives et le média lui-même, ainsi ils facilitent la conversation et l’interaction en ligne entre des groupes de personnes. Ces outils incluent, les blogs, les commentaires, les podcasts, les micro-blogs, les lifestreams, les marque pages, les réseaux , les communautés, les wikis, et les vlogs; blogs prenant la forme de vidéo.

Ces outils sont à l’origine d’un profond changement dans la diffusion de l’information. Les discussions portant sur le terme font d’ailleurs apparaître une différence entre les outils et le concept, selon qu’il est écrit en majuscule ou en minuscule, en français cette séparation pourrait se traduire par les médias sociaux en tant qu’outil, et le média social en tant que concept. Selon Brian Solis « le concept de média social marque un tournant dans la manière dont les personnes découvrent, lisent et partagent les nouvelles, les informations et les contenus. C’est la fusion de la sociologie avec la technologie qui transforme le monologue en dialogue, le one to many, en many to many« . Alors que Brian Solis milite pour l’appellation des médias sociaux en nouveaux médias un autre penseur, Robert Scoble, dans son blog Scobelizer insiste sur l’importance de l’impact des médias sociaux sur Internet, selon lui  ce sont des  « médias Internet qui ont la possibilité d’interagir sur l’Internet lui-même« . Dans cette discussion l’apport de Stow Boyd et de son blog stowboyd.com est fondamental. Dans un article se voulant une réponse à Robert scoble il donne les  caractéristiques qui distinguent les médias sociaux des médias traditionnels.

  1. ils ne sont pas des médiums enregistrés, ils ne diffusent pas un seul message à une audience
  2. ils sont sur le modèle many to many,  ils  sont conversationnels et impliquent une discussion
  3. ils sont ouverts, toutes personnes peut publier
  4. ils sont perturbateurs, ils n’obéissent pas à un modèle hiérarchisé et contrôlé

Selon Stow Boyd, le terme défini aussi bien la « socialisation de l’information que les outils qui facilitent la conversation« . Tout comme les autres penseurs des médias, il opère une distinction dans le terme mais cette fois c’est par rapport aux outils eux même. Les blogs et les wikis sont selon lui seuls digne d’intérêt et concentrent tous ses espoirs de changement  » C’est le blog qui est devenu une formidable plateforme pour les médias sociaux ».

Sa réponse à Robert Scoble lui donne l’occasion de donner une autre définition des médias sociaux : « c’est la manière dont nous nous organisons pour communiquer, pour apprendre et pour comprendre le monde et notre place dans le monde ». Cette définition qui emporte la question des médias sociaux au delà de ses rapports à la presse fera l’objet du prochain article qui mettra un point final à mon exploration du terme.

Cette discussion sur les médias ne pouvait se terminer sans faire appel à un des principaux artisans de ce discours, Clay Shirky, auteur du livre Here come’s everybody : the power of organising without organisation . La vidéo de sa contribution à la conférence TED 2009, que vous pouvez voir ici approfondie le phénomène et montre en quoi les médias sociaux sont en train de faire l’histoire.

Selon l’auteur, les médias sociaux sont à l’origine d’une quatrième révolution dans le monde des médias, après l’imprimerie, le téléphone, la photo, la radio télévision, vient l’Internet et les outils formés par les médias sociaux. Internet est le premier média à permettre à la fois la conversation et la constitution de groupes. Les médias sociaux changent le paysage des médias traditionnels qui vont eux aussi se retrouver sur Internet mais ne plus être seulement des sources d’informations, puisque la conversation entre aussi en jeu. Ils deviennent alors des lieux de coordination car les groupes qui lisent, voient l’information vont pouvoir en parler et devenir aussi producteurs. Car l’autre changement fondamental est dans la production, Internet donne l’information mais aussi les outils pour la produire : les médias sociaux. Chaque consommateur devient acteur.

Avec les médias sociaux et le concept qui l’accompagne le paysage des médias change comme dit Clay Shirky, le média devient « social, omniprésent, global, gratuit ».

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