Diversité, Transversalité : une plongée dans les bases de données de la culture en France

Comme annoncé dans le post précédent, j’ai souhaité aborder ici la question des bases de données culturelles. Celles-ci étant aussi diversifiées que nombreuses, mon choix s’est porté sur les bases de données du ministère de la culture qu’il m’a été donné d’aborder lors de la Novela. Analyser dans un premier temps les bases de données françaises m’a semblé essentiel, leurs collections regroupant tout les domaines de l’art et de la culture, tout les formats et toutes les époques. Cependant, je peux vous dire d’ors et déjà qu’un post sera fait sur les bases de données étrangères, la comparaison faisant partie de l’essence même de la recherche en histoire de l’art. Car, les bases de données, les sites Internet, la présence dans les réseaux tous ces médiums qui contribuent à diffuser l’art écrivent aussi son histoire.

Par l’intermédiaire du programme de numérisation du ministère de la culture lancé en 1996, ont vu le jour 34 bases de données ; allant de l’archéologie, aux archives nationales en passant pas les trésors des collections des musées. Depuis 2005 la mise en réseau de ces collections et leur publication sur Internet sont devenus un des axes majeurs du plan de numérisation. Cette volonté de diffusion se matérialise sur le site Culture.fr avec la partie Collections qui regroupe et interroge ces différentes bases.

Le point essentiel de ce site réside dans la transversalité des collections et la diversité des institutions, qui fait se côtoyer pour un même thème les représentations de peintures, de sculptures, les ouvrages numérisés et les restitutions architecturales en 3D, donc les musées, les bibliothèques, les archives…

collection

En amoureuse de la peinture italienne mon œil s’est tout de suite porté sur la rubrique peintures italiennes. En octobre le focus était fait sur la peinture en Lombardie, en Toscane et à Rome au 16e siècle, faisant la part belle à Raphael, Corrège… Les premières images, des tableaux, renvoyaient à la base Atlas du musée du Louvre et au site de l’agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux, suivaient des écrits provenant de la base de donnée des ouvrages numérisés de la Bibliothèque Nationale de France, Gallica, avec un catalogue des dessins de maîtres provenant de 1777, enfin la base Joconde regroupant toutes les collections numérisées des musées de  France apparaissait avec les oeuvres de Corrège présentes au musée de Chambéry.

Au thème de la transversalité, Collection ajoute celui de l’exploration par la présence de thématiques et d’une rubrique à découvrir. En octobre, le site proposait dans les thèmes de découvrir les salons artistiques et après une description des salons, menait vers l’accrochage des salons de 1800 et les photos commandées par l’Etat de 1864 à 1901.

Ces deux thèmes sont en fait communs aux principales bases interrogées par Collection et je ne peux finir ce post sans vous présenter certaines d’entre-elles qui réalisent une véritable mise en valeur de leurs données :

La base Joconde et ses thématiques qui incitent à la découverte de ses collections.

jocondethème

La base des grands sites archéologiques qui met en valeur son fond par des expositions virtuelles multimédia alliant le son, l’image, la vidéo, la 3D, comme celles de Lascaux ou de Lattes. Je vous invite aussi à aller voir l’exposition sur Saint Denis, la reconstitution des étapes de sa construction en 3D, la rubrique Histoire d’objets avec ses représentations en 3D d’objets archéologiques qui permet la manipulation de l’objet pour en appréhender toutes ses caractéristiques.

histoired'objet

Enfin la base de donnée d’outre mer qui  met en valeur son fond en présentant une thématique différente tous les mois et réalise des expositions virtuelles multimédia, alliant le son, l’image et la vidéo. Ces expositions par ailleurs  contribuent au site des célébrations nationales qui a été depuis 2005 intégrés à Culture.fr dans la rubrique histoire et archives

archiveoutremer

Ceci n’est bien sûr qu’un aperçu de ces bases et je ne saurais que trop vous conseiller de vous aventurer sur ces sites pour en connaître toute leur richesse.

Ce que je souhaitais plus particulièrement partager avec vous ici c’est cette transversalité qui est l’essence même d’Internet et des réseaux. La numérisation et la diffusion des données impliquent l’accès à des sources et médiums différents, car s’approprier une œuvre c’est aussi connaître son contexte historique, littéraire, avoir accès aux documents publiés sur l’artiste, aux archives de l’époque. La collaboration des différentes institutions est donc essentielle à la diffusion de la culture. Et ce sont ces notions qui sont invoquées par les médias sociaux : partage, collaboration, diversité.