Après l’analyse en détail d’ArtBabble la semaine dernière et une autre analyse qui se profile déjà, et oui je ne vous cache pas que ce site regorge encore de sujets intéressant, j’ai souhaité aujourd’hui vous faire part d’un site qui m’a intrigué et dont vous aurez peut être la clef.
Comme toute historienne de l’art, dès qu’un nouveau site de chronologie se présente à moi je dois l’explorer plus en détail. Cette fois-ci c’est un twitte d’Yves Armel Martin du centre Erasme qui a éveillé ma curiosité, comme le plus souvent avec ce fil d’information. J’ai donc cliqué sur le lien, « qui, quoi, où, quand ». Le site est donc intitulé Timeline Index, très sobre presque même low tech. Il ne comporte que peu d’images et la page d’accueil s’ouvre sur une colonne de vignettes illustrant chacune un terme, qui, quoi, quand, où, lequel. A ces questions correspondent des réponses sous forme de liens vers des personnes, des événements, des thèmes, des objets. Un peu plus bas dans cette page sont proposés des widgets de chronologies à ajouter sur son site, comme les chronologies des scientifiques ou des présidents des États-Unis. Il est possible aussi d’explorer cette chronologie par un moteur de recherche. Cependant cette première page ne nous dit pas réellement ce qui se cache derrière ce site.
L’exploration est donc nécessaire. Si on clique sur le mot « Art » dans « Quoi », une autre chronologie s’offre à nous aussi variée que curieuse, une chronologie provenant de la série X files coexiste avec les mythes classiques ou une histoire virtuelle de la Sicile. Au-delà des chronologie nous sont proposés d’autres thèmes dans la partie « Art », comme l’architecture ou la littérature. Chaque thème déploie une arborescence nouvelle. Dans la partie Renaissance, la chronologie qui se présente à nous est celle des artistes ou des peintures emblématiques de l’époque. Un clic sur Raphael mène vers un texte de présentation puis vers des sites permettant d’en savoir plus sur le sujet : la Web Gallery of art un site qu’on ne présente plus en Histoire de l’art et un site un peu plus marchand qui présente les oeuvres sans aucun textes d’accompagnement et propose d’acheter une photo du tableau.
Sur d’autres peintres le lien mène vers Wikipédia ou seulement sur ce site marchand. Un clic sur les mythes classiques mène de son coté à une erreur 404. C’est un des points négatifs de ce site qui date en fait de 2004 et dont certaine partie semble ne plus être à jour. Cependant cet aspect peut se comprendre par la richesse des thèmes proposés qui balaie en fait tout le web, et semble nous proposer un archivage du Web. D’ailleurs il donne la possibilité d’ajouter un lien si on le souhaite. Il semble aussi qu’il était possible en 2004 de devenir membre du site et d’ajouter la chronologie de son choix. Je n’ai d’ailleurs pas résisté pour Raphaël et Caravage à ajouter les liens vers deux sites italiens présentant toute la collection des deux peintres.
L’exploration du site nous mène donc vers de nombreuses contradictions : un site riche mais incomplet, de nombreux liens n’ayant pas été mis a jour, un site participatif qui permet d’ajouter des liens mais qui ne permet plus d’en devenir membre, un projet qui date de 2004 mais dont la fonction widget a été créée en 2009. Vous pouvez d’ailleurs voir ici un widget de chronologie d’artiste.
Face à ces contradictions de nombreuses questions se posent.
Qui était derrière ce projet ? Existe t-il toujours ? Etait-il en lien avec le Web sémantique ?
J’ en appelle à vos lumières si vous connaissiez le projet n’hésitez pas à commenter.
Après l’étude de cas Facebook, je continue aujourd’hui une de mes catégories favorite sur ce blog, l’analyse de site. Comme vous avez pu le constater avec le réseau Ustream, la vidéo devient un élément incontournable du monde des musées. Chaque musée propose des programmes sur les réseaux bien connus comme Youtube et Daily motion, cependant depuis bientôt un an un musée a fait le pari de créer son propre site de vidéo sur l’art et d’inciter d’autres musées à le rejoindre. Ce site c’est ArtBabble créé par le Musée d’art d’Indianapolis.
Le propos de ce site est inscrit dans son nom, « ArtBabble », bavardage sur l’art. Une discussion à plusieurs voix et différents médiums, d’une part les vidéos créées par les institutions partenaires et d’autre part les commentaires, les twittes, venant des internautes et des institutions. Ce n’est donc pas un site de partage de vidéo où l’usager peut aussi fournir un contenu vidéo, mais bien un site pour parler d’art à partir des vidéos. La partie communautaire du site est donc à la fois, dans le rassemblement grandissant d’institutions partenaires, 21 musées et 1 bibliothèque, et dans la possibilité donnée à l’internaute de faire entendre sa voix sur l’art de manière anonyme ou en tant que membre identifié d’ArtBabble par le biais des commentaires et de twitter. La présence sur Twitter est d’ailleurs visible dés la page d’accueil, les twittes sur Artbabble accompagnant les présentations des dernières vidéos et des dernières nouvelles sur le site.
L’autre part importante du site est dans l’incitation à la découverte de l’art et dans la diffusion du savoir. Dés la page d’accueil sont mis en valeur différentes formes de vidéos. Dans un grand format, sont présentées les vidéos du mois, sous la forme de vignettes ont peut voir les vidéos les plus vues, ainsi que les nouvelles vidéos mises en ligne. Ce mois ci, ce sont celles de la collection Frick, nouveau partenaire du site. L’exploration se fait ensuite par différents onglets proposant de nombreuses entrées sur le site : par séries, par chaînes, par artistes et enfin par partenaires. La découverte par chaîne est reprise dans tous les onglets sous la forme de nuage de tag. Les chaînes sont rangées par ordre alphabétique et affichent chacune le nombre de vidéo les composants. L’art contemporain est d’ailleurs celui qui est le plus présent sur le site, avec 250 vidéos dont de nombreuses vidéos d’artistes reprises dans l’onglet artiste. Au delà des vidéos d’artistes, le site propose de nombreux sujet allant des vidéos sur les expositions, aux interview de conservateurs à la retransmission de conférences.
L’importance de la diffusion du savoir va d’ailleurs bien plus loin que le partage de vidéo et prend la forme de commentaires fait par l’institution elle même. Chaque vidéo peut être enrichie par l’institution de liens, de texte, et même de médias. Ces informations en plus se présentent dans la partie droite sous la forme de lien intitulé « more info » et suivent la ligne de temps de la vidéo. Si l’internaute le souhaite, il peut accéder directement au moment auquel le lien fait référence en cliquant sur « jump ». Il peut aussi faire apparaître tout le contenu du lien en cliquant sur « more », la vidéo est alors suspendue pour donner place à ce contenu.
Tout est fait sur le site pour donner envie à l’internaute d’explorer et de s’approprier le contenu diffusé par les institutions. La recherche est facilitée par de multiples canaux, elle est enrichie par son caractère transversal : une recherche sur les chaines guidant vers une volonté de connaître l’artiste ou de voir d’autres vidéos d’une même institution. L’appropriation se fait par la participation de l’internaute sous la forme de commentaires, et la possibilité donnée aussi de diffuser le contenu sur son site ou son blog en embeddant la vidéo.
Ce qui fait la richesse du site c’est la participation croissante des institutions, 22 institutions avec l’entrée ce mois ci de la collection Frick donnant une voix supplémentaire à l’art européen, représenté seulement par deux autres institutions, le musée van gogh et le musée allemand Boijmans Van Beuningen. Un an après sa création, il fait parti des sites nominés pour les best of the web de la conférence museums and the Web 2010, récompensant les meilleurs site de musée sur Internet.
Plus qu’une plateforme de vidéo sur l’art c’est la diffusion même du savoir sur l’art qui est mise en valeur sur ce site. Savoir, qui n’est pas seulement celui des institutions mais aussi celui de tout internaute. Parler d’art en donnant aussi la parole, c’est cette différence qui donne son importance au site, et nous donne envie d’y voir participer de nombreuses autres institutions. En attendant voici la vidéo de présentation du site diffusée sur le site en avril 2009 et qui fait parti des vidéos les plus vues sur le site.
Avant d’aller vers des analyses plus poussées de nouveaux réseaux ou de conférences comme celles menées par le Smithsonian, je souhaite commencer aujourd’hui une nouvelle rubrique plus proche de l’étude de cas. Comme vous vous en doutez sûrement pour une passionnée de musées et de réseaux sociaux le rêve serait de travailler pour un musée dans un département multimédia, or c’est chose faite depuis maintenant un mois. A présent membre de la cellule multimédia du Musée National de la Marine, c’est pour moi l’occasion de partager certaines expériences ; sans être bien sur un blog sur les coulisses du musée.
Comment ne pas commencer cet échange par un réseau social qui me tient à coeur et qu’ en réalité, depuis la naissance de ce blog, je n’avais pas réellement approfondi : le réseau Facebook.
Son succès et sa popularité au sein des institutions culturelles n’est plus à démontrer, cependant certaines questions se posent encore quand on souhaite en faire un usage optimal pour son institution. Parmi celles ci : Faut-il créer un profil ou une page? Comment peut-on rendre sa page plus personnelle et attractive?
Dans le processus de création la question de la page ou du profil est une des plus problématiques. Dans l’absolu la page est à préconiser pour les institutions, elle n’est pas limitée en nombre de fan, ne demande pas une modération préalable pour accepter un fan ou contrôler ce qui apparaît sur son mur. Il est en effet possible de paramétrer la page pour qu’elle n’affiche que les contributions de l’administrateur de la page. Il faut cependant bien définir le but de son entrée dans le réseau Facebook, si le musée souhaite une plus grand interaction avec son public, ou offrir un regard plus proche des coulisses du musée, la création d’un profil apparait alors tout à fait indiquée. Car un profil peut poster des messages sur des groupes et entrer en contact direct avec un membre.
En réalité la question de la page ou du profil, se révèle être un faux problème, les deux s’avérant nécessaires et complémentaires. Au delà du souhait d’interagir avec le public et en attendant des modifications de la part de Facebook le profil reste indispensable pour donner vie à sa page. La création d’une page sans profil est possible, cependant elle est considérée comme n’ayant pas d’administrateur et il est donc impossible d’ajouter sur cette page des applications supplémentaires. Or pour rendre attractive une page et l’enrichir en contenu l’ajout d’applications s’impose.La page doit donc être reliée à un profil, et vice versa.
Avant de terminer cet article voici une application qui présente un intérêt réel pour les institutions : l’application FBML. Comme d’autres applications, elle permet l’ajout de code HTML dans un onglet qui est alors totalement personnalisable. Ce qui la distingue des autres c’est la possibilité qu’elle donne aussi de changer le titre de l’onglet. Cette application est donc tout indiquée pour mettre en valeur des événements ou des expositions. C’est cette application que nous avons choisi pour mettre en avant notre événement, « Tous les bateaux du monde c’est », un concours de prose dont les cinq gagnants seront invités au vernissage de l’exposition parmi les VIP, comme vous pouvez le voir ci dessous.
Pour une analyse plus approfondie de Facebook pour les musées je vous conseille la série d’article de Jim Richardson sur son blog Museum Marketing, Facebook for a museum.
Un des premiers point que je souhaitais approfondir après la conférence du Clic, concernait la vidéo et les services de streaming permettant de diffuser des évènements en direct. L’utilisation de la vidéo et des réseaux comme Youtube et de Daily motion par les musées est déjà bien acquise, les musées y créent leurs chaines et l’alimentent de toutes sortes de contenus, allant des coulisses de l’exposition aux interview d’artistes à des expositions virtuelles du musée. Parmi les réseaux de streaming j’ai souhaité analyser celui utilisé par le Smithsonian, Ustream.
Créé en 2006, Ustream se présente comme une plateforme de chaines de télévision à caractère communautaire, au delà de la présence de chaines bien connues comme CBS, toutes personnes en devenant membre du réseau peut enregistrer sa propre émission. Sur la page d’accueil le site propose de télécharger un outil de création pour atteindre une qualité d’enregistrement professionnel. Tout comme Youtube sur la page d’accueil sont mises en valeur les vidéos les plus vues et de nombreux artistes y figurent. Créer son show apparaît alors très facile, il suffit de brancher sa caméra de taper le nom de notre émission puis de cliquer sur enregistrer et de donner au programme l’accès à la vidéo pour se retrouver en live sur Ustream.
L’intérêt de ce service réside dans les évolutions qu’il a su prendre en compte au long de son existence, intégrant chaque année des services nouveaux au plus près des réseaux sociaux. En 2009 au chat en direct est ajouté le social stream, un chat lié à Facebook, Twitter et Myspace. Alliant la chaine de télé au réseau social, le site propose une répartition par genre parmi ceux-ci est à noter une partie évènements donnant accès à des conférences en direct. Chaque émission a ensuite un page comme sur Youtube et donne la possibilité de partager la vidéo sur son blog ou son site. Comme vous pouvez le constater dans cette vidéo du Smitshonian, vue plus de 6500 fois.
Après ce panorama des fonctionnalités de ce service vous vous demandez surement quels sont ses intérêts pour les musées. Le Smithsonian utilise ce réseau depuis 2008. Il justifie son entrée dans ce réseau par sa mission d’accroître la connaissance et la diffusion du savoir, ce qu’il fait en donnant accès à ses conférences. Cependant à part le Smithsonian, la recherche par mot clef d’autres musées se révèle très peu fructueuse.
En réalité quand on compare ce service à Youtube, certains points s’avèrent quelque peu problématique pour les musées parmi eux :
l’absence de la recherche par chaine qui noie le musée dans un flot continue d’informations de toutes sortes,
Après avoir suivi l’inauguration du président Obama sur la page facebook de CNN et après avoir vécu une « experience social sans précédent » ; la page permettant de suivre la vidéo tout en échangeant avec des personnes du monde entier via les statuts et les commentaires, celle-ci fait un parallèle avec le monde des musées. Selon elle tout évènement ne peut avoir un aussi grand succès et quand les musées tentent de mettre en place une plateforme de commentaire sur un direct, son impact et son contenu est souvent déterminé par le peu de participant.
Prenant exemple sur CNN celle-ci donne plusieurs pistes pour les musées :
donner à l’évènement un caractère d’urgence, si il n’est pas diffusé en direct en faire un évènement en soit en alliant la diffusion à du chat en direct pour permettre au spectateur d’interagir,
prévenir son public et leur donner un espace pour réagir,
permettre aux personnes d’interagir avant tout avec leurs amis et les personnes qu’ils connaissent,
utiliser la plateforme la plus simple ne nécessitant pas d’enregistrement préalable ou de création de compte,
et enfin un conseil qui vaut en fait pour toutes forme de communication intégrer le plus de plateforme possible.
Bien que peu de musées soient visibles sur cette plateforme l’utilisation du direct par les musées peut être un moyen de donner accès aux évènements autres que l’exposition comme les conférences, les concerts et happening. Par sa facilité d’utilisation, l’importance de ses membres due à la présence de chaines de télévision, ses liens avec les réseaux, Ustream est peut être une plateforme à redécouvrir. Qu’en pensez vous?
Après une matinée consacrée au son et à l’image, l’après midi de la réunion des musées organisée par le CLIC s’est orientée vers les nouvelles pratiques et la question des médias sociaux. Comme dans mon article précédent, je ne ferais pas ici le compte rendu de la réunion mais ferais ressortir les points dont l’importance demande une étude plus approfondie.
Parmi ceux-ci l’intervention d’Aurélie Henry et son regard porté sur son année au Smithsonian, justement intitulée un musée sans musée. Les quelques chiffres donnés sur ce musée résument son importance et ses enjeux, 19 musées, 9 centres de recherche et 35 sites Internet en comptant ses nombreuses présences sur les médias sociaux. Très actif sur Twitter, à l’origine de nombreux sujets, le Smithsonian explore aussi de nouveaux réseaux comme le réseau U stream. Alliant la vidéo au commentaire en direct via Facebook et Twitter, Ustream s’apparente à une chaine de télévision où sont diffusés des programmes en direct.
Au delà de ce réseau qui appelle comme vous en vous en doutez surement une analyse approfondie, un autre sujet abordé lors de cette intervention sera lui aussi abordé plus longuement dans un prochain post : la conférence 2.0 organisée par le Smithsonian. Orchestré en 5 ateliers thématiques la conférence du Smithsonian a donné lieu à un rapport édité en 2009. Au delà de cette conférence, c’est la mission même du musée abordée lors de la réunion qui dessine le musée de demain : accroitre et diffuser le savoir. A présent l’important n’est pas la collection mais les histoires que racontent les objets qui sont dans cette collection.
L’étude de cas du Smithsonian fut suivie par un panorama des bonnes pratiques dans les médias sociaux, par Diane Drubay auteur d’un des tout premier blog sur la communication des musées: Buzzeum, à présent consultante et dont les conseils ne sont pas étrangers à la naissance de ce blog. Son travail au musée Henner illustre d’ailleurs son implication dans les médias sociaux et leur intérêt pour les musées. Dans ce panorama un point essentiel est à retenir, l’importance du dialogue. L’entrée dans les médias sociaux doit se faire en lien avec le réel et mener vers une véritable production du public. Selon Samuel Bausson webmaster du Museum de Toulouse un des musées les plus actifs dans les médias sociaux, » il faut passer de la conservation à la conversation« . La création par le public peut d’ailleurs prendre différentes formes comme le souligne les exemples donnés par Diane : le témoignage vidéo comme c’est le cas pour le Mattress Factory Art museum et son programme MfI Confess, ou la photo avec l’un des concours Flick’r « Colour Chart » organisé par la Tate pour créer le poster de la nouvelle exposition.
Je terminerais cette immersion dans les rencontres nationales des musées, par l’exemple donné par l’association des musées de Bretagne Les Champs Libres et son exposition Boat People. Conçu comme un mini site viral, Boat People ne concerne pas simplement l’exposition mais tend à l’enrichir par une veille régulière sur le sujet, des liens vers la presse, des podcasts, des vidéos. Le rapport à la communauté se fait notamment par l’intermédiaire de la rubrique actualité qui mène vers un mur contributif alimenté par le biais du sujet #boatpeople sur Twitter. L’interêt de cet exemple est aussi dans sa création en interne sur un système de publication open source Spip et dans la réalisation d’un Widget permettant d’exporter l’exposition sur les blogs et sites Internet que vous pouvez voir ci- dessous.
Dans les posts à venir seront analysées les nouveaux réseaux et études de cas évoqués lors de cette réunion. En attendant pour un véritable compte rendu de cette réunion rendez vous surBuzzeum.
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Le bavardage sur l’art a bientôt un an : Artbabble un site à suivre
7 mars 2010Après l’étude de cas Facebook, je continue aujourd’hui une de mes catégories favorite sur ce blog, l’analyse de site. Comme vous avez pu le constater avec le réseau Ustream, la vidéo devient un élément incontournable du monde des musées. Chaque musée propose des programmes sur les réseaux bien connus comme Youtube et Daily motion, cependant depuis bientôt un an un musée a fait le pari de créer son propre site de vidéo sur l’art et d’inciter d’autres musées à le rejoindre. Ce site c’est ArtBabble créé par le Musée d’art d’Indianapolis.
Le propos de ce site est inscrit dans son nom, « ArtBabble », bavardage sur l’art. Une discussion à plusieurs voix et différents médiums, d’une part les vidéos créées par les institutions partenaires et d’autre part les commentaires, les twittes, venant des internautes et des institutions. Ce n’est donc pas un site de partage de vidéo où l’usager peut aussi fournir un contenu vidéo, mais bien un site pour parler d’art à partir des vidéos. La partie communautaire du site est donc à la fois, dans le rassemblement grandissant d’institutions partenaires, 21 musées et 1 bibliothèque, et dans la possibilité donnée à l’internaute de faire entendre sa voix sur l’art de manière anonyme ou en tant que membre identifié d’ArtBabble par le biais des commentaires et de twitter. La présence sur Twitter est d’ailleurs visible dés la page d’accueil, les twittes sur Artbabble accompagnant les présentations des dernières vidéos et des dernières nouvelles sur le site.
L’autre part importante du site est dans l’incitation à la découverte de l’art et dans la diffusion du savoir. Dés la page d’accueil sont mis en valeur différentes formes de vidéos. Dans un grand format, sont présentées les vidéos du mois, sous la forme de vignettes ont peut voir les vidéos les plus vues, ainsi que les nouvelles vidéos mises en ligne. Ce mois ci, ce sont celles de la collection Frick, nouveau partenaire du site. L’exploration se fait ensuite par différents onglets proposant de nombreuses entrées sur le site : par séries, par chaînes, par artistes et enfin par partenaires. La découverte par chaîne est reprise dans tous les onglets sous la forme de nuage de tag. Les chaînes sont rangées par ordre alphabétique et affichent chacune le nombre de vidéo les composants. L’art contemporain est d’ailleurs celui qui est le plus présent sur le site, avec 250 vidéos dont de nombreuses vidéos d’artistes reprises dans l’onglet artiste. Au delà des vidéos d’artistes, le site propose de nombreux sujet allant des vidéos sur les expositions, aux interview de conservateurs à la retransmission de conférences.
L’importance de la diffusion du savoir va d’ailleurs bien plus loin que le partage de vidéo et prend la forme de commentaires fait par l’institution elle même. Chaque vidéo peut être enrichie par l’institution de liens, de texte, et même de médias. Ces informations en plus se présentent dans la partie droite sous la forme de lien intitulé « more info » et suivent la ligne de temps de la vidéo. Si l’internaute le souhaite, il peut accéder directement au moment auquel le lien fait référence en cliquant sur « jump ». Il peut aussi faire apparaître tout le contenu du lien en cliquant sur « more », la vidéo est alors suspendue pour donner place à ce contenu.
Tout est fait sur le site pour donner envie à l’internaute d’explorer et de s’approprier le contenu diffusé par les institutions. La recherche est facilitée par de multiples canaux, elle est enrichie par son caractère transversal : une recherche sur les chaines guidant vers une volonté de connaître l’artiste ou de voir d’autres vidéos d’une même institution. L’appropriation se fait par la participation de l’internaute sous la forme de commentaires, et la possibilité donnée aussi de diffuser le contenu sur son site ou son blog en embeddant la vidéo.
Ce qui fait la richesse du site c’est la participation croissante des institutions, 22 institutions avec l’entrée ce mois ci de la collection Frick donnant une voix supplémentaire à l’art européen, représenté seulement par deux autres institutions, le musée van gogh et le musée allemand Boijmans Van Beuningen. Un an après sa création, il fait parti des sites nominés pour les best of the web de la conférence museums and the Web 2010, récompensant les meilleurs site de musée sur Internet.
Plus qu’une plateforme de vidéo sur l’art c’est la diffusion même du savoir sur l’art qui est mise en valeur sur ce site. Savoir, qui n’est pas seulement celui des institutions mais aussi celui de tout internaute. Parler d’art en donnant aussi la parole, c’est cette différence qui donne son importance au site, et nous donne envie d’y voir participer de nombreuses autres institutions. En attendant voici la vidéo de présentation du site diffusée sur le site en avril 2009 et qui fait parti des vidéos les plus vues sur le site.
Tags : Artbabble, artiste, bavardage, best of the web, chaines, collection Frick, commentaires, communautaire, contenu, découverte, diffusion, discussion, explorer, informations, liens, musée d'art d'indianapolis, parole, savoir, twitter, vidéo
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