28 février 2010
Avant d’aller vers des analyses plus poussées de nouveaux réseaux ou de conférences comme celles menées par le Smithsonian, je souhaite commencer aujourd’hui une nouvelle rubrique plus proche de l’étude de cas. Comme vous vous en doutez sûrement pour une passionnée de musées et de réseaux sociaux le rêve serait de travailler pour un musée dans un département multimédia, or c’est chose faite depuis maintenant un mois. A présent membre de la cellule multimédia du Musée National de la Marine, c’est pour moi l’occasion de partager certaines expériences ; sans être bien sur un blog sur les coulisses du musée.
Comment ne pas commencer cet échange par un réseau social qui me tient à coeur et qu’ en réalité, depuis la naissance de ce blog, je n’avais pas réellement approfondi : le réseau Facebook.
Son succès et sa popularité au sein des institutions culturelles n’est plus à démontrer, cependant certaines questions se posent encore quand on souhaite en faire un usage optimal pour son institution. Parmi celles ci : Faut-il créer un profil ou une page? Comment peut-on rendre sa page plus personnelle et attractive?
Dans le processus de création la question de la page ou du profil est une des plus problématiques. Dans l’absolu la page est à préconiser pour les institutions, elle n’est pas limitée en nombre de fan, ne demande pas une modération préalable pour accepter un fan ou contrôler ce qui apparaît sur son mur. Il est en effet possible de paramétrer la page pour qu’elle n’affiche que les contributions de l’administrateur de la page. Il faut cependant bien définir le but de son entrée dans le réseau Facebook, si le musée souhaite une plus grand interaction avec son public, ou offrir un regard plus proche des coulisses du musée, la création d’un profil apparait alors tout à fait indiquée. Car un profil peut poster des messages sur des groupes et entrer en contact direct avec un membre.
En réalité la question de la page ou du profil, se révèle être un faux problème, les deux s’avérant nécessaires et complémentaires. Au delà du souhait d’interagir avec le public et en attendant des modifications de la part de Facebook le profil reste indispensable pour donner vie à sa page. La création d’une page sans profil est possible, cependant elle est considérée comme n’ayant pas d’administrateur et il est donc impossible d’ajouter sur cette page des applications supplémentaires. Or pour rendre attractive une page et l’enrichir en contenu l’ajout d’applications s’impose. La page doit donc être reliée à un profil, et vice versa.
Avant de terminer cet article voici une application qui présente un intérêt réel pour les institutions : l’application FBML. Comme d’autres applications, elle permet l’ajout de code HTML dans un onglet qui est alors totalement personnalisable. Ce qui la distingue des autres c’est la possibilité qu’elle donne aussi de changer le titre de l’onglet. Cette application est donc tout indiquée pour mettre en valeur des événements ou des expositions. C’est cette application que nous avons choisi pour mettre en avant notre événement, « Tous les bateaux du monde c’est », un concours de prose dont les cinq gagnants seront invités au vernissage de l’exposition parmi les VIP, comme vous pouvez le voir ci dessous.

Pour une analyse plus approfondie de Facebook pour les musées je vous conseille la série d’article de Jim Richardson sur son blog Museum Marketing, Facebook for a museum.
Tags : application, contenu, étude de cas, évènement, expérience, facebook, fan, HTML, institutions culturelles, interaction, musée, musée national de la marine, page, personnalisable, profil, réseaux
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7 février 2010
La première conférence organisée par le CLIC clôturait le Salon du Sime Sitem, dont j’ai pu vous faire part de mes coups de coeurs dans le post précédent. Comme vous aller le constater certains des thèmes abordés lors de cette réunion des musées illustrent les outils présentés lors du salon. Sans être un compte rendu de la conférence, je souhaite dans les posts suivants vous faire part des études de cas qui ont jalonné les interventions et qui appellent des analyses plus étendues.
En lien avec le phénomène de cette nouvelle année, la première intervention de la journée fut consacrée à la 3D et au logiciel créé par la société Faber Novel, 3D via Virtools. Plateforme de 3D en temps réel, expérience immersive, les exemples de réalisation vont du patrimoine bâti aux intérieurs de châteaux, parmi eux : Le grand Versaille numérique , son Orangerie, Kéops révélé visible à la Géode qui illustre une hypothèse de construction de la pyramide par une rampe d’accès, La découverte en 3D du pavillon de France à l’exposition universelle de Shangai qui sera lancé sur Internet en mai 2010 et sa visite virtuelle du musée d’Orsay en réalité augmentée.
Au delà de la visite en 3D furent abordées dans la suite de la matinée, les applications de la 3D pour les spécialistes avec les interventions d’ Yves Armel Martin du centre Erasme et celle de Livio de Luca du CNRS Map Gamsau. Ces études de cas abordent une utilisation scientifique de la 3D pour documenter et fournir des ressources, comme par exemple les restitutions d’hypothèses dans le cloître de l’abbaye de Saint Guilhem le désert ou l’analyse des transformations du bâti à Carcassone.
Dans l’esprit de partage des connaissances dans le domaines de la 3D, le laboratoire du CNRS MAP Gamsau, met à la disposition des chercheurs le site internet NUBES, visant à être une base de données des représentations en 3D. C’est une véritable plateforme web pour l’analyse, la documentation et le partage de la représentation numérique. Le but poursuivie est de permettre aux chercheurs de construire leur propre représentation et ainsi de mettre en place un vocabulaire de forme pour la conservation de ces nouvelles données.
La suite des interventions de la matinée portaient sur le son et la question notamment des audioguides. Au sein de la Cité de l’immigration le son est un objet muséologique à part entière, des points sonores permettant d’écouter témoignages d’immigrés et discours. Pour le futur centre des musiques noires de Salvador de Bahia le son est un élément majeur, le parcours devant se faire sur Smartphone et permettant en fin de visite de recevoir la playlist de son itinéraire.
La fin de la matinée donna l’occasion d’explorer l’avenir de l’audioguide par l’étude réalisée par Loic Talon fondateur de pocket proof en collaboration avec le réseau Learning Times. Selon lui, l’intérêt de l’audioguide réside pour les musées dans l’accompagnement du visiteur lors des trois temps de la visite, avant, pendant et après la visite, mais aussi dans la prise en main du contenu. Le terme audioguide est d’ailleurs remplacé dans les pays Anglo Saxons par celui de » mobile interprétation » qui offre une vision plus libre de l’outil qui se modernise et donne non pas des itinéraires balisés mais des pistes aux visiteurs. L’auteur souligne par ailleurs que l’avenir de ces outils n’est pas forcément dans l’utilisation de Smartphone par le visiteur, le musée préférant fournir l’outil afin d’en contrôler la qualité, mais dans la mise à disposition du contenu sur le Web, faisant de cet outil celui du visiteur.
Si les interventions de la matinée portaient sur l’image, l’après midi donna l’occasion d’aborder les nouvelles pratiques des musées sur Internet et leurs implications dans les médias sociaux. Ce sujet étant comme vous le savez notre thème de prédilection il sera abordé dans notre prochain post. En attendant je vous invite à vous rendre sur la chaîne du Muséolab, laboratoire d’expérimentation muséographique, du centre Erasme sur Daily motion dont voici une des vidéos de présentation.
Tags : 3D, analyse, audioguide, chercheurs, conférences, contenu, documenter, musée, partage, plateforme, ressources, restitutions d'hypothèses, scientifiques, visite, visiteur
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Le bavardage sur l’art a bientôt un an : Artbabble un site à suivre
7 mars 2010Après l’étude de cas Facebook, je continue aujourd’hui une de mes catégories favorite sur ce blog, l’analyse de site. Comme vous avez pu le constater avec le réseau Ustream, la vidéo devient un élément incontournable du monde des musées. Chaque musée propose des programmes sur les réseaux bien connus comme Youtube et Daily motion, cependant depuis bientôt un an un musée a fait le pari de créer son propre site de vidéo sur l’art et d’inciter d’autres musées à le rejoindre. Ce site c’est ArtBabble créé par le Musée d’art d’Indianapolis.
Le propos de ce site est inscrit dans son nom, « ArtBabble », bavardage sur l’art. Une discussion à plusieurs voix et différents médiums, d’une part les vidéos créées par les institutions partenaires et d’autre part les commentaires, les twittes, venant des internautes et des institutions. Ce n’est donc pas un site de partage de vidéo où l’usager peut aussi fournir un contenu vidéo, mais bien un site pour parler d’art à partir des vidéos. La partie communautaire du site est donc à la fois, dans le rassemblement grandissant d’institutions partenaires, 21 musées et 1 bibliothèque, et dans la possibilité donnée à l’internaute de faire entendre sa voix sur l’art de manière anonyme ou en tant que membre identifié d’ArtBabble par le biais des commentaires et de twitter. La présence sur Twitter est d’ailleurs visible dés la page d’accueil, les twittes sur Artbabble accompagnant les présentations des dernières vidéos et des dernières nouvelles sur le site.
L’autre part importante du site est dans l’incitation à la découverte de l’art et dans la diffusion du savoir. Dés la page d’accueil sont mis en valeur différentes formes de vidéos. Dans un grand format, sont présentées les vidéos du mois, sous la forme de vignettes ont peut voir les vidéos les plus vues, ainsi que les nouvelles vidéos mises en ligne. Ce mois ci, ce sont celles de la collection Frick, nouveau partenaire du site. L’exploration se fait ensuite par différents onglets proposant de nombreuses entrées sur le site : par séries, par chaînes, par artistes et enfin par partenaires. La découverte par chaîne est reprise dans tous les onglets sous la forme de nuage de tag. Les chaînes sont rangées par ordre alphabétique et affichent chacune le nombre de vidéo les composants. L’art contemporain est d’ailleurs celui qui est le plus présent sur le site, avec 250 vidéos dont de nombreuses vidéos d’artistes reprises dans l’onglet artiste. Au delà des vidéos d’artistes, le site propose de nombreux sujet allant des vidéos sur les expositions, aux interview de conservateurs à la retransmission de conférences.
L’importance de la diffusion du savoir va d’ailleurs bien plus loin que le partage de vidéo et prend la forme de commentaires fait par l’institution elle même. Chaque vidéo peut être enrichie par l’institution de liens, de texte, et même de médias. Ces informations en plus se présentent dans la partie droite sous la forme de lien intitulé « more info » et suivent la ligne de temps de la vidéo. Si l’internaute le souhaite, il peut accéder directement au moment auquel le lien fait référence en cliquant sur « jump ». Il peut aussi faire apparaître tout le contenu du lien en cliquant sur « more », la vidéo est alors suspendue pour donner place à ce contenu.
Tout est fait sur le site pour donner envie à l’internaute d’explorer et de s’approprier le contenu diffusé par les institutions. La recherche est facilitée par de multiples canaux, elle est enrichie par son caractère transversal : une recherche sur les chaines guidant vers une volonté de connaître l’artiste ou de voir d’autres vidéos d’une même institution. L’appropriation se fait par la participation de l’internaute sous la forme de commentaires, et la possibilité donnée aussi de diffuser le contenu sur son site ou son blog en embeddant la vidéo.
Ce qui fait la richesse du site c’est la participation croissante des institutions, 22 institutions avec l’entrée ce mois ci de la collection Frick donnant une voix supplémentaire à l’art européen, représenté seulement par deux autres institutions, le musée van gogh et le musée allemand Boijmans Van Beuningen. Un an après sa création, il fait parti des sites nominés pour les best of the web de la conférence museums and the Web 2010, récompensant les meilleurs site de musée sur Internet.
Plus qu’une plateforme de vidéo sur l’art c’est la diffusion même du savoir sur l’art qui est mise en valeur sur ce site. Savoir, qui n’est pas seulement celui des institutions mais aussi celui de tout internaute. Parler d’art en donnant aussi la parole, c’est cette différence qui donne son importance au site, et nous donne envie d’y voir participer de nombreuses autres institutions. En attendant voici la vidéo de présentation du site diffusée sur le site en avril 2009 et qui fait parti des vidéos les plus vues sur le site.
Tags : Artbabble, artiste, bavardage, best of the web, chaines, collection Frick, commentaires, communautaire, contenu, découverte, diffusion, discussion, explorer, informations, liens, musée d'art d'indianapolis, parole, savoir, twitter, vidéo
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